À la une

5 attentes parentales qui arrivent bien trop tôt selon une experte : « On leur en demande trop, trop vite »

Être parent, c’est un peu comme naviguer en pleine mer sans boussole : on se demande souvent si on va dans la bonne direction et surtout, si on ne charge pas un peu trop la barque de nos petits moussaillons… Rachel Rogers, experte parentale (et maman aguerrie !), vient justement secouer une idée reçue : et si on en demandait parfois beaucoup trop, beaucoup trop tôt à nos enfants ? Elle partage, sur TikTok, cinq attentes parentales qui débarquent bien avant que nos enfants soient prêts à y répondre. Spoiler : la patience est de mise !

Des attentes démesurées : l’avis d’une experte et maman

Rachel Rogers s’est confiée sur une réalité que beaucoup de parents vivent sans le réaliser : exiger certaines choses de ses enfants avant que leur développement ne le permette vraiment. Son expérience personnelle lui a permis d’identifier cinq attentes qu’elle a, elle-même, posées sur les épaules de ses enfants, trop tôt. Selon elle, ce n’est ni utile, ni juste pour des bouts de choux qui n’ont pas encore toutes les cartes en main.

Pourquoi vouloir qu’ils jouent « comme des grands » dès la crèche ?

Attendre d’un tout-petit qu’il partage jouets, doudous et crêpes au chocolat n’a pas vraiment de sens avant un certain âge. « Cela n’arrivera pas. Les enfants d’un an sont dans la phase de jeu avec des personnes pour les regarder, et les enfants de deux ans sont dans la phase de jeu en parallèle », explique Rachel Rogers. Autrement dit, à un ou deux ans, ils vivent dans leur petite bulle. Collaborer avec d’autres pour construire la plus grande tour du monde ? Pas avant trois ou quatre ans ! C’est à cet âge qu’ils commencent à vouloir partager le bac à sable et devenir de vrais associés… de jeux !

  • 1 an : l’enfant joue, content qu’on le regarde
  • 2 ans : il joue en parallèle, à côté mais chacun sa bulle
  • Vers 3-4 ans : les jeux deviennent plus collectifs et interactifs

Réguler ses émotions, c’est long… très long !

Côté tempêtes émotionnelles, là non plus, nos petits n’ont pas fini de nous surprendre ! La régulation émotionnelle, cet art subtil de ne pas pleurer parce qu’on a perdu son crayon préféré (et oui, même les adultes y travaillent encore…), prend beaucoup de temps à s’installer. Rachel Rogers le rappelle clairement : « Cette compétence n’est pas complètement développée dans le cerveau avant que l’enfant n’atteigne la mi-vingtaine. » Oui, vous avez bien lu. Avant huit ans, les enfants ne peuvent généralement pas se calmer seuls ni comprendre ce qu’ils ressentent. Les crises, c’est presque contractualisé ! Ils ont donc besoin d’un adulte calme pour apprendre à réguler leurs propres émotions, ce qu’on appelle la co-régulation. Sans cela, c’est le développement affectif qui risque de prendre du retard :

  • Avant 8 ans : l’enfant a besoin d’un adulte pour l’aider à trouver le calme
  • Sans co-régulation, il apprend moins bien à gérer seul ses émotions

Raisonnement et empathie : des graines qui poussent… lentement

Et l’intelligence logique dans tout ça ? Quand vous demandez très sérieusement à votre enfant de quatre ans « Pourquoi as-tu fait ça ? », il vous répond invariablement : « Je ne sais pas ». Il dit vrai ! Rachel Rogers précise : « La décision de faire cette chose n’a pas été prise par logique et par raisonnement. Ils ont juste réagi de manière impulsive et émotionnelle. » En clair, la partie du cerveau qui gère le raisonnement n’achève sa croissance que vers 25 ans ! De quoi relativiser sur les bêtises et répondre aux « pourquoi » par un sourire complice plutôt qu’un interrogatoire.

Côté empathie, là aussi, patience ! Avant douze ans, l’enfant ne mesure pas spontanément ce que ressentent les autres. Comprendre l’émotion de son camarade ou deviner ce que l’autre pense : tout cela demande effort et maturation. Cela ne vient pas tout seul, et avant douze ans, l’empathie est un chantier en construction.

  • Le raisonnement mûrit progressivement jusqu’à 25 ans
  • L’empathie commence à émerger sérieusement vers 12 ans

En résumé, nous avons beaucoup à offrir à nos enfants, mais surtout le temps et la patience nécessaire pour les voir grandir, à leur rythme. Cesser d’exiger trop, trop vite, c’est accepter que chaque étape de leur développement est précieuse… et ne reviendra pas. Après tout, pour devenir grand, il faut avant tout avoir le droit de rester petit un moment. Respirez, accompagnez, et profitez de chaque bulle !