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C’est confirmé: la HAS retire ce médicament contre l’arthrose vendu dans toutes les pharmacies françaises depuis 30 ans

C'est confirmé: la HAS retire ce médicament contre l'arthrose vendu dans toutes les pharmacies françaises depuis 30 ans

L’annonce a de quoi inquiéter des milliers de patients souffrant d’arthrose. Depuis des décennies, certains médicaments dits “anti-arthrosiques symptomatiques d’action lente” étaient utilisés pour soulager les douleurs articulaires, notamment au niveau du genou ou de la hanche. Mais la Haute Autorité de santé a tranché : leur intérêt médical est jugé insuffisant.

La nuance est importante. Il ne s’agit pas forcément d’un retrait immédiat de toutes les boîtes des pharmacies, comme pour un médicament dangereux. La décision concerne surtout leur place dans la prise en charge de l’arthrose, avec un message clair : ces traitements ne doivent plus être considérés comme des solutions de référence.

Un médicament très installé dans les habitudes

Pendant longtemps, ces traitements ont été prescrits ou achetés par des patients qui cherchaient une alternative aux anti-inflammatoires. Leur promesse était simple : agir lentement, mais durablement, sur la douleur et la gêne articulaire.

Le problème, selon l’évaluation des autorités de santé, est que les bénéfices observés restent trop limités. Ces médicaments ne réparent pas le cartilage, ne stoppent pas l’évolution de l’arthrose et n’ont pas démontré une efficacité suffisante pour justifier leur place historique dans les traitements.

Pour beaucoup de patients, c’est une remise en question brutale. Certains affirment ressentir un soulagement. Mais à l’échelle des études, l’effet apparaît trop faible ou trop incertain.

Ce que cela change pour les patients

Les personnes qui en prennent ne doivent pas arrêter brutalement un traitement sans avis médical, surtout si celui-ci s’inscrit dans une prise en charge plus large. En revanche, il devient nécessaire de revoir la stratégie avec un médecin ou un pharmacien.

L’arthrose ne se traite pas avec une seule boîte de comprimés. Les recommandations privilégient aujourd’hui une approche plus globale : activité physique adaptée, perte de poids si nécessaire, kinésithérapie, antalgiques ponctuels, infiltrations dans certains cas, et chirurgie lorsque l’articulation est trop abîmée.

La fin d’une illusion thérapeutique

Cette décision rappelle une réalité souvent mal comprise : dans l’arthrose, aucun médicament courant ne reconstruit réellement le cartilage. La douleur peut être soulagée, la mobilité améliorée, mais la maladie demande surtout une gestion au long cours.

Le retrait de confiance autour de ces traitements marque donc un tournant. Après 30 ans de présence dans les habitudes, ils ne disparaissent pas forcément du jour au lendemain, mais leur statut change profondément.

Pour les patients, le message est simple : ne pas se contenter d’un traitement ancien parce qu’il est connu, et demander une prise en charge réellement adaptée à l’évolution de leur arthrose.