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Ces mots d’école oubliés qui font renaître la nostalgie des anciennes générations

Ah, la douce musique des mots d’antan ! Il suffit parfois d’un « buvard » ou d’un « bon point » pour réveiller tout un pan de notre mémoire collective. À travers ces termes oubliés ou en voie de disparition, se dessine une école certes plus austère, mais un brin plus poétique. Prêt à replonger dans l’univers des salles de classe d’autrefois ? Poussons ensemble la porte du passé scolaire et retrouvons ces mots qui faisaient frissonner d’impatience… ou de peur !

Un lexique qui fleure bon l’enfance : du « pupitre » au « buvard »

Le langage n’est jamais figé. Il emprunte, il change, il se renouvelle selon les époques, témoignant en cela de la vitalité des sociétés. Hier encore, nos aînés écrivaient à la plume, assis à leur pupitre. Bons élèves ou indisciplinés, tous partageaient la même expérience des termes qui rythmaient leurs journées d’école. Leurs cahiers — précieusement installés sur la table, la page à moitié recouverte d’un buvard — accueillaient des pleins et des déliés qui n’attendaient que de sécher ! Car oui, le buvard était un incontournable pour éviter une catastrophe d’encre sur le fruit de tant d’efforts. Aujourd’hui, ce simple papier poreux semble presque aussi désuet que la plume d’oie de nos ancêtres, l’usage de l’encre étant devenu plus rare.

Punitions d’un autre temps : du « piquet » à la « retenue »

Mais l’école d’antan ne serait pas ce qu’elle était sans ses punitions mythiques ! Le fameux envoi au piquet, par exemple, n’avait rien d’une partie de plaisir. Ordonnée à un « mauvais sujet », cette sanction exigeait de rester debout, immobile, dans un coin de la classe. Ce supplice, hérité de l’armée où il consistait à placer le pied sur un bâton pointu, était redouté par tous – un vrai pieu dans la réputation ! Depuis 1842, on disait déjà que les élèves filaient « au piquet ». De nos jours, c’est plutôt le mot « coin » qui fait office de menace, mais avouez-le, ça a moins de panache.

La retenue (rebaptisée depuis « colle ») était une autre épée de Damoclès au-dessus de la tête des écoliers. Elle signifiait rester après la classe ou revenir un jour férié pour payer ses fautes. On apprenait d’ailleurs que « la retenue du dimanche ne pouvait être prononcée que par le chef d’établissement », ce qui a probablement généré quelques samedis soir agités dans certaines familles… Un témoignage d’antan vient même raconter une matinée passée à recopier mille fois la même phrase, punition qui n’a pas laissé que des bons souvenirs, mais qui inspire tout de même un merci reconnaissant, 60 ans plus tard, pour tout ce qu’ont pu transmettre les professeurs.

Récompenses, jeux et douceurs : les vrais trophées scolaires

Heureusement, l’école du passé n’était pas constituée que de punitions ! Il y avait aussi les bons points, ces sésames tant convoités. Symbole de la reconnaissance officielle du professeur, chaque bon point était un ticket pour une image, parfois glanée dans une tablette de chocolat — si, si ! Ces précieux coupons, carrés ou rectangulaires, étaient jalousement gardés, souvent dans de petites boîtes. Leur nom rappelait aussi le système de notation, où chaque point comptait.

À la récréation, le temps des osselets battait son plein. Ce jeu, venu de la Grèce antique, consistait à lancer et rattraper ces petits os — parfois de vrais os de gigots, parfois en ivoire, en os ou en plastique. Le but ? Ramasser le plus d’osselets possible, avec une mention spéciale pour l’osselet “père”, la star du jeu, à attraper absolument avant qu’il ne touche le sol. Que de compétitions endiablées dans les cours de récréation !

  • Plume, pupitre et buvard : un trio inséparable pour l’apprentissage de l’écriture
  • Piquet et retenue : des punitions marquantes, parfois redoutées, parfois formatrices
  • Bons points et osselets : pour des pauses pleines d’émotions, entre récompense et adresse

Souvenirs d’école, entre rire et nostalgie

Certains se rappellent avec émotion ces petits rituels oubliés : la chasse au bon point, l’humiliation passagère du piquet, le buvard saturé d’encre que l’on exhibait avec une petite fierté… ou encore la saveur unique d’une orange d’hiver prise dans une caisse en bois dans la cour — et, soi-disant, jamais égalée depuis ! Derrière la rugosité de certaines pratiques, ces mots d’hier rappellent la force des souvenirs partagés et la gratitude envers celles et ceux qui nous ont accompagnés sur le chemin du savoir.

Alors, la prochaine fois que vous croiserez un buvard dans un tiroir ou entendrez parler d’un « bon point », laissez-vous gagner, sans complexe, par un petit frisson de nostalgie. Après tout, c’est aussi à cela que servent les mots : à faire revivre ce que l’on croyait perdu.