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Comment certains styles parentaux favorisent le narcissisme chez l’enfant selon un psychologue

Vouloir le mieux pour ses enfants, c’est un peu comme essayer de réussir un soufflé au fromage : tout le monde veut qu’il monte, mais la recette est délicate et le résultat parfois… surprenant. Élever un enfant épanoui, équilibré, mais pas narcissique ? Selon le psychologue Stan Tatkin, cela demande autant de doigté que de constance, et quelques pièges sont à éviter !

Deux styles parentaux pointés du doigt

Invité du podcast Open Relations, Stan Tatkin rappelle que, même avec les meilleures intentions du monde, certains choix éducatifs peuvent saboter le bel équilibre moral et émotionnel que les parents espèrent transmettre. Grâce à l’analyse relayée par Your Tango, le psychologue met justement en lumière deux types de parentalité qui risquent de favoriser, sans qu’on s’en rende compte, des attitudes narcissiques chez l’enfant. Oui, il existe des chemins bien balisés… vers la mégalomanie miniature et les miroirs sur la cour de récré !

L’absence de cadre : attention, petit roi en devenir !

Pour Stan Tatkin, un cadre strict et non négociable est essentiel dans l’éducation. Quand un enfant « touche » les limites fixées, il teste tout bonnement jusqu’où il peut aller, ce qui est, disons-le, une grande étape du sport parental. Les parents sont alors invités à rappeler calmement mais fermement, que si des règles existent, ce n’est pas pour embêter les enfants, mais bien pour garantir leur sécurité.

  • Si, en revanche, le parent abdique devant les réclamations, cris ou larmes (la fameuse stratégie artistique du « j’adapte mon volume à mon désir »), l’enfant enregistre qu’il peut obtenir tout ce qu’il veut, dès qu’il le veut.
  • C’est ainsi que tout finit par tourner autour de ses envies, de ses caprices… Une vraie petite monarchie !
  • Si vous tentez de poser un refus, l’enfant aura compris comment vous manipuler pour arriver à ses fins.

Le conseil du psychologue ne varie pas : maintenir des limites strictes et s’y tenir. Il préconise aussi de rappeler aux enfants que leurs actes ont des conséquences, et de les responsabiliser en cas de transgression. Point bonus : pas besoin d’avoir un trône à la maison !

La fermeté excessive : quand le cœur manque à l’appel

Mais voilà, le piège se referme plus loin : à l’inverse, une parentalité trop rigide, sans la moindre empathie ou écoute des émotions de l’enfant, ouvre elle aussi la porte à des comportements déviants. Dans cette atmosphère glacée, l’enfant risque de grandir sans véritable capacité d’écoute ou d’empathie à son tour. Or, l’empathie, souligne le psychologue, est essentielle pour s’épanouir bien au-delà de l’enfance, et même, osons le mot, à l’âge adulte.

Le risque ? En niant la sphère émotionnelle de l’enfant, on construit un adulte qui aura du mal à composer avec celle des autres… Avec pour conséquences des failles relationnelles pas toujours faciles à réparer.

L’art (et la manière) de l’équilibre

Finalement, la clé n’est pas d’être le parent parfait, mais de viser l’équilibre. Stan Tatkin encourage à trouver la juste mesure entre règles fermes et écoute attentive des ressentis de chacun, pour éviter les deux écueils précédents.

  • Des parents au bon équilibre d’autorité sont à la fois attentionnés, réactifs, solidaires, et savent poser des limites claires, souligne aussi l’American Psychological Association.
  • Ils contrôlent le comportement de leurs enfants en expliquant les règles, en discutant, en raisonnant, et en écoutant le point de vue de l’enfant, même s’ils ne sont pas toujours d’accord.

Oui, cela demande de l’énergie et un brin de patience (parfois plus !), mais sur le long terme, c’est ce cocktail subtil qui offre à l’enfant la sécurité et l’écoute dont il a besoin… Tout en le gardant loin du piège du narcissisme.

En somme : ni laxisme ni tyrannie, mais de la constance, une oreille attentive et des limites claires. Qui a dit que la parentalité n’était pas du sport de haut niveau ?