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« Je ne savais pas que le cododo tournerait au cauchemar après 5 ans avec mes enfants » : les dessous d’une mère épuisée

Vous croyiez que dormir avec vos enfants serait doux, un vrai cocon familial plein de câlins et de rires ? Charlotte Cripps aussi. Mais après cinq ans de cododo, son rêve d’une nuit paisible a viré à la bataille rangée pour quelques centimètres de matelas… Le quotidien d’une mère épuisée vous attend, et il est loin d’être de tout repos.

Le cododo : une inspiration naturelle… qui se prolonge

  • Le cododo, c’est le fait de dormir avec ses enfants. Simple, non ?
  • Pour les bébés, cela signifie souvent un berceau tout près du lit parental, gage de sécurité maximale.
  • Mais petit à petit, certains parents prolongent l’expérience, trouvant la pratique naturelle, presque animale. Après tout, beaucoup de mammifères dorment blottis contre leurs petits.

Charlotte Cripps s’en souvient bien. Elle a même investi dans un lit « super king size » pour pouvoir dormir avec ses deux filles, Lola et Liberty, alors âgées de trois ans et un an. « Ça a changé la donne, je pouvais dormir avec mes deux enfants sans tomber du lit », raconte-t-elle. À ses yeux, partager le lit familial coulait de source. « J’avais toujours pensé que partager un lit avec mes enfants était une idée tellement naturelle ; c’est ce que font beaucoup d’animaux dans la nature. »

Des nuits câlines… aux cauchemars éveillés

La théorie était belle. Dans sa tête, les enfants partiraient d’eux-mêmes, tôt ou tard, dormir chez des copains ou quitteraient le nid. « Pourquoi ne pas les garder blottis contre moi le plus longtemps possible ? Je n’avais pas de partenaire à considérer. Je suis mère célibataire. »

Mais la réalité s’est invitée plus rude que prévue. Et cinq ans plus tard, avec deux enfants de six et huit ans, Charlotte avoue : « Cododo avec mes enfants serait un véritable cauchemar. » Les avantages des premières années se sont effacés derrière l’épuisement persistant et la sensation d’être piégée dans son propre lit.

  • Manque de sommeil chronique.
  • Réveils violents, au bord du lit, « comme si ma vie en dépendait ».
  • Coups de poing nocturnes… et pas qu’une fois !
  • Batailles bruyantes pour savoir qui dor-mira à côté de maman.
  • Et si elle tente de dormir au milieu, la sensation d’être coincée et même claustrophobe.

La maman reconnaît : « Je manque de sommeil et je suis irritable. » Les filles, elles, semblent ne jamais vouloir s’éloigner, revenant toujours à ses côtés, même poussées vers l’autre extrémité du lit.

Le regard des spécialistes : point de rupture ou évolution naturelle ?

Alors, le cododo prolongé, est-ce forcément négatif ? La question est moins tranchée qu’on le croit.

Selon la Dr Tovah Klein, il n’existe pas d’études démontrant des effets négatifs systématiques du cododo, du moment que l’enfant acquiert son indépendance par d’autres moyens. « Rien ne prouve que le cododo avec des enfants plus âgés soit nocif s’ils gagnent en indépendance par d’autres moyens productifs », note-t-elle.

Par contre, quand le parent commence à ressentir de la lassitude – ou du ressentiment, avouons-le – c’est un signal fort. « Si l’un des parents souhaite modifier le cododo, c’est le moment d’aider l’enfant à dormir dans son propre lit. Sinon, le ressentiment s’accumulera, surtout du côté des parents », précise la spécialiste. Pour les enfants anxieux ou bloqués, il appartient alors au parent de les accompagner vers cette nouvelle autonomie, tout en douceur.

  • Pas de panique, chaque famille avance à son rythme.
  • Il n’existe aucune obligation formelle de quitter le cododo, rappelle la psychologue Dr Martha Deiros Collado.
  • Le cododo reste, pour beaucoup, une façon authentique et aimante de tisser des liens familiaux serrés.

Changer de cap : comment amorcer le virage (sans crise de larmes à 2h du matin)

Face à l’urgence de changer les choses et récupérer des nuits réparatrices, Charlotte Cripps a décidé de mettre en place une nouvelle routine. La solution ? Elle accompagnera désormais ses enfants au moment de l’endormissement dans leur propre chambre, puis s’éclipsera dans la nuit.

La démarche se veut progressive. Comme le souligne la spécialiste : il faut permettre à l’enfant de retrouver la même sensation de sécurité dans sa chambre qu’il ressentait dans celle de son parent. Instaurer de nouvelles normes et routines se révèle donc essentiel pour traverser ce cap sans heurts (ou presque).

Charlotte espère ainsi petit à petit retrouver un peu de liberté nocturne, et surtout, un sommeil réparateur… Sans coups de pied inopinés dans le nez.

En résumé : le cododo peut être une aventure tendre ou un véritable parcours semé d’embûches. Mais, bonne nouvelle, il suffit parfois d’un petit virage bien accompagné pour retrouver, enfin, le plaisir de s’étendre sur son matelas sans craindre d’être délogé en pleine nuit. Courage à tous les parents sommés de céder une place… ou deux… dans leur lit !