Qu’on se le dise, avoir des enfants, c’est parfois devoir garder son sang-froid face à des explosions verbales dignes d’un film dramatique… voire carrément d’un feuilleton catastrophiste. Entre « Je souhaite être mort », « Je déteste ma sœur » ou encore « Je vais te tuer », il y a de quoi sentir le sol vaciller sous ses pieds de parent. Face à ces phrases-chocs, comment ne pas se sentir impuissant, voire franchement déstabilisé ? Un expert en parentalité, Lawrence J. Cohen, lève le voile sur la méthode la plus efficace pour répondre sans sombrer dans l’escalade ni la répression inefficace.
Pourquoi ces mots dépassent-ils autant les bornes ?
Les sorties verbales des enfants, parfois trash il faut bien l’avouer, génèrent souvent beaucoup d’émotion chez les parents : colère, impuissance, angoisse… Et on ne peut pas vous en vouloir ! La réaction la plus courante serait de demander à l’enfant de s’exprimer « plus gentiment », de lui expliquer la bonne manière de parler ou, face à la fatigue, de lui infliger réprimandes et punitions. Pourtant, Lawrence J. Cohen explique que toutes ces méthodes ne sont finalement pas très efficaces – le soufflé retombe rarement, et l’enfant trouve rarement la paix intérieure dans la punition.
Mais alors, pourquoi ces mots crus fusent-ils à la moindre contrariété, surtout chez les plus jeunes ? Cohen, expert du sujet, nous rassure : chez eux, ces phrases hautement caricaturales sont souvent le dernier recours pour évacuer une surcharge émotionnelle. Ils n’ont que ce moyen pour extérioriser ce qui submerge leur petit cœur.
La riposte gagnante selon l’expert : calme, empathie et décodage
Bonne nouvelle, il existe une stratégie pour désamorcer la bombe émotionnelle (sans avoir à enfiler un gilet pare-balles). Selon le spécialiste, face à une phrase choc, la meilleure entrée en matière est de dédramatiser le propos en commençant par : « C’est une façon très exagérée de dire… ».
Concrètement, voici à quoi cela peut ressembler :
- Dire calmement, sans ironie : « C’est une façon très exagérée de dire que tu es à bout ».
- Ou : « C’est une façon très exagérée de dire que tu es fâché contre ta sœur ».
Cette approche permet à l’enfant de sentir qu’on a bien capté que quelque chose ne va pas, sans pour autant valider ni nourrir la violence de l’expression. À ce jeu-là, le parent se pose en traducteur bienveillant plutôt qu’en juge ou en censeur.
Si jamais le sens du message n’est pas totalement limpide, Cohen recommande d’ajuster la réponse ainsi : « Ce sont des mots si forts, je vois bien que tu es très sensible en ce moment. » C’est une manière d’offrir reconnaissance et soutien tout en gardant son calme, pour montrer à l’enfant que ses émotions sont entendues et qu’il peut compter sur ses parents, même (et surtout) dans la tempête.
Et quand le langage franchit une ligne rouge ?
Pourtant, il arrive que le vocabulaire de l’enfant prenne un tournant beaucoup plus alarmant : des propos à caractère suicidaire par exemple. Là, l’expert alerte : ce type de déclaration peut relever d’une vraie détresse et nécessite plus qu’une simple grille de traduction parentale.
Cohen attire l’attention sur l’importance de repérer si la situation dépasse le cadre de « l’expression caricaturale » pour basculer dans le sérieux inquiétant. Il propose alors trois pistes (non détaillées ici) pour détecter les signaux d’un risque réel pour l’enfant. L’objectif : ne jamais minimiser ce qui pourrait être un appel à l’aide, et savoir que certaines paroles doivent mener à une vigilance accrue, voire à solliciter rapidement un professionnel.
L’adolescence : une période à prendre au sérieux
En guise de conclusion, Lawrence J. Cohen insiste tout particulièrement sur la période de l’adolescence. Plus l’enfant grandit, plus ces paroles fortes doivent être prises au sérieux. Il ne faut pas hésiter à proposer un rendez-vous chez un thérapeute si l’on sent qu’il y a une vraie souffrance derrière les mots.
En résumé : face aux débordements verbaux, un zeste de traduction empathique et un grand verre de calme valent bien mieux que la tempête des disputes ! Mais sachons aussi reconnaître quand un mot cache un vrai mal-être, et ayons toujours le réflexe d’accompagner plus loin si besoin. Notre mission de parent-funambule continue… mais c’est tout de même moins risqué que la voltige sans filet !











