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Ni divorce ni enfants : la donation au dernier vivant peut tout changer pour votre conjoint

Et si protéger votre moitié ne tenait qu’à une formalité notariée ? Ni divorce ni enfants : la donation au dernier vivant peut tout changer pour votre conjoint. Finis les sueurs froides à l’idée que l’être aimé soit délaissé au profit des héritiers avides ou d’un cousin éloigné un peu trop gourmand : place à la sérénité, grâce à un dispositif aussi discret que redoutablement efficace.

La donation au dernier vivant : le coup de pouce aux conjoints

Lorsqu’on évoque la succession, on pense souvent à la répartition classique des biens, selon la loi. Mais saviez-vous que vous pouvez assurer à votre conjoint une place de choix dans le partage de votre patrimoine ? La donation au dernier vivant, aussi appelée « donation entre époux », ouvre justement cette possibilité. Elle permet d’augmenter la part d’héritage qui revient à l’époux ou à l’épouse du défunt. Un bel acte de prévoyance, qui ne mange pas de pain et rassure ceux qui craignent de voir leur moitié lésée à la succession.

Petit point technique : à la différence d’une donation simple, ici la transmission des biens n’opère qu’au moment du décès. Cette donation peut être réalisée au cours du mariage, mais aussi avant la cérémonie, par le biais d’un contrat. Attention toutefois : « elle sera sans effet si le mariage n’a pas lieu », précise tout de même l’administration française. Désolé pour les fiancés trop optimistes…

Des possibilités étendues selon votre situation familiale

Qui dit succession, dit souvent casse-tête, notamment si vous avez des enfants. Voici ce qui se passerait sans rien faire : votre époux·se hériterait naturellement, s’il y a des enfants communs, de la totalité de vos biens en usufruit… ou d’un quart de vos biens en pleine propriété. Pratique, mais limitant.

La donation au dernier vivant ouvre trois portes au-delà du cadre légal :

  • Donner à votre conjoint un quart de votre succession en pleine propriété et les trois quarts restants en usufruit ;
  • Lui confier la totalité de votre succession en usufruit ;
  • Ou réserver à votre conjoint la quotité disponible de votre succession en pleine propriété (la part qu’on peut attribuer librement, qui se réduit selon le nombre d’enfants).

Cerise sur le gâteau : vous pouvez fixer votre choix dans l’acte de donation ou, pour les indécis chroniques, laisser à votre conjoint le soin de trancher le moment venu. Prévoyance et flexibilité : que demander de plus ?

Côté foyer sans enfants, la règle ordinaire prévoit que votre époux·se reçoit la moitié de la succession si vos deux parents sont vivants, ou les trois quarts s’il ne reste qu’un parent. Grâce à la donation au dernier vivant, vous pouvez booster ce chiffre : le service public confirme que la totalité de la succession peut revenir à votre moitié. De quoi voir la vie (et l’après-vie) avec optimisme !

Un passage obligé chez le notaire

Passer par la case « donation au dernier vivant » n’est pas compliqué, mais nécessite tout de même de pousser la porte d’un notaire. Il faudra s’acquitter de la somme de 135,84 € TTC pour la formalité. Le notaire, bon professionnel qu’il est, vous proposera même – si vous le souhaitez – de faire inscrire cette donation au Fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV). Cette option, également facturée, permet surtout de s’assurer que votre belle intention ne passe pas aux oubliettes au moment du grand saut. Personne n’aime les mauvaises surprises, surtout au moment des successions…

Annulation, divorce : la souplesse du dispositif

La donation au dernier vivant n’est pas un tatouage indélébile. Selon l’administration, vous pouvez l’annuler à tout moment, sauf si elle a été rédigée dans le cadre d’un contrat de mariage. Et pour le faire, pas besoin d’avertir votre cher·e et tendre – la discrétion est de mise. Dernière précision notable : en cas de divorce, la donation est automatiquement annulée. « Jusqu’à ce que la mort (ou le juge) vous sépare », c’est donc bien vrai ici !

Conclusion : offrir des garanties à son conjoint n’a rien d’un labyrinthe juridique. La donation au dernier vivant, procédure simple et adaptable, mérite d’être envisagée si vous tenez à ce que votre conjoint ne se retrouve pas au second plan. Pensez-y, et offrez-lui un geste d’amour… notarié, certes, mais ô combien rassurant.