On les appelle Laep, pour Lieux d’Accueil Enfants-Parents, et ces espaces sont en train de bouleverser le quotidien des familles. Pourquoi ? Parce qu’ils incarnent l’accueil bienveillant sous toutes ses formes, dans un cadre pensé et reconnu par les experts. Suivez le guide, ici on vous explique pourquoi le Laep, c’est beaucoup plus qu’un simple lieu où jouer…
Le Laep : une boussole pour les familles
Chaque Laep trace sa propre route, en définissant un projet de fonctionnement qui lui est propre. Mais pas question d’improviser : tout doit être en accord avec le référentiel national de la Cnaf, gage d’un accueil solide et balisé. Ce sont les accueillants, véritables piliers du dispositif, qui veillent à la cohérence et à la mise en œuvre de ce projet.
Qui sont ces accueillants ? Venus d’horizons variés – petite enfance, médical, social, ludothèque, psychologie, bénévolat – ils ont tous un point commun : volonté et engagement. Chacun apporte des savoirs et du savoir-être, enrichis par une formation spécifique à l’accueil en Laep. Autre garantie : deux accueillants sont présents à chaque séance. Franchement, on se sent déjà bien accompagné, non ?
Accueil, règle d’or : chaleur humaine et respect
L’accueillant n’arbitre pas, ne juge pas, ne scrute pas. Son art ? Se présenter aux familles sans référence à son métier initial ou à son statut, mais dans une attitude discrète, empathique, chaleureuse et, surtout, sans aucun jugement ou question intrusive. Cela permet :
- De poser une atmosphère de confiance et de sécurité
- D’ouvrir la porte aux échanges
- De rassurer les parents sur leurs compétences
- De reconnaître la singularité de chaque enfant
L’aménagement du lieu n’est pas laissé au hasard. Les accueillants créent des espaces enveloppants, pensés pour petits et grands. Selon Françoise Neyrolles, leur mot d’ordre est clair : « La sécurité psychique, physique et affective de chaque enfant et parent sont garanties par l’équipe d’accueillants. C’est un accueil sans jugement et bienveillant, centré sur la relation enfant/parent, où les règles de vie, la non-violence et le respect de l’altérité sont respectés ».
L’équipe se rend disponible, écoute, valorise la relation unique entre l’adulte et l’enfant, sans oublier de reconnaître la richesse de chaque spécificité culturelle, sociale ou familiale.
Un cadre structurant… et évolutif
Pas de Laep sans projet. Chaque structure rédige son propre projet et ses règles de vie, dans le respect du référentiel Cnaf. Ce projet précise :
- L’âge des enfants accueillis (jusqu’à 3 ou 6 ans selon les cas)
- L’ouverture ou non aux professionnels (par exemple, assistantes maternelles)
- Ses objectifs et les règles garantissant le respect de tous
Ce travail collectif est l’occasion de « faire équipe » et d’affiner la réflexion sur le sens de l’accueil. Pour les familles, le projet conforte les valeurs et rappelle les règles de vie exposées dès le premier jour. Chaque année, un bilan à la fois quantitatif et qualitatif est élaboré à partir du projet du Laep et transmis au gestionnaire et à la CAF. Comme le rappelle Françoise Neyrolles : « Un Laep, c’est toujours le même projet, mais avec des variations selon les territoires, les populations et les équipes d’accueillants. »
Côté formation, là aussi, rigueur : tout accueillant suit une formation dédiée (quel que soit son parcours initial) ; certaines CAF financent même ce parcours. Une supervision ou analyse de pratiques avec un psychologue est obligatoire (au minimum huit heures par an). Personne n’échappe à la remise en question constructive !
Le Laep, dans la grande famille des services aux enfants et parents
Le Laep n’opère pas en solo. Il vient compléter l’offre dédiée aux plus jeunes et à leur famille. Quand un Laep ouvre ses portes, tous les acteurs du secteur sont informés ou sollicités : PMI, RAM, multi-accueils, mairies, associations, centres sociaux, travailleurs sociaux, CAF, conseil départemental…
Généralement, l’espace Laep partage ses murs avec un RAM, une ludothèque ou un centre social, et dans les zones rurales, il n’est pas rare de croiser un Laep itinérant ou intercommunal. Au Val-d’Oise, par exemple, la plupart des Laep ouvrent une à deux fois par semaine pour 2 à 2h30, accueillant en moyenne une vingtaine de personnes par séance.
Parfois, un réseau Laep se crée – géré par la CAF ou une association – pour échanger pratiques, mutualiser outils, organiser formations ou séances d’analyse collective. D’autres bénéficient du soutien des réseaux parentalité comme le REAAP. Bref, tout est pensé pour soutenir et éviter l’isolement des professionnels.
En conclusion : Le Laep, c’est bien plus qu’un lieu où jouer : c’est un espace d’écoute et de valorisation, porté par des professionnels formés, où chaque famille trouve respect, soutien et chaleur humaine. Lorsque la bienveillance n’est pas un slogan, mais un art de vivre partagé, la parentalité prend un nouveau souffle. Avis aux familles en quête d’un vrai cadre bienveillant : le Laep, c’est peut-être l’adresse à explorer !











