Quand l’amour parental dérape : les ravages insidieux de la toxicité éducative
On les imagine protecteurs, bienveillants, prêts à tout pour le bonheur de leur progéniture… Et pourtant, certains parents, parfois sans même s’en rendre compte, peuvent faire couler plus d’encre sur le carnet de leur enfant que les meilleures histoires d’Harry Potter. Dans un article de Psychology Today, le docteur en psychologie Léon Seltzer se penche sur un mal aussi discret que dévastateur : la toxicité parentale, et plus précisément, une pratique hélas courante baptisée « gaslighting ». Si le mot vous semble sortir tout droit d’un roman policier anglo-saxon, attendez de voir ce qui se cache derrière…
Le gaslighting parental : une forme d’abus mental bien réelle
Alors, c’est quoi exactement le gaslighting ? Derrière cet anglicisme un peu obscur, se trouve une réalité douloureuse : l’un des comportements les plus présents chez les parents jugés toxiques. Selon Léon Seltzer, il s’agit d’une forme d’abus mental où l’information est volontairement déformée, omise ou altérée dans l’objectif précis de rendre l’enfant confus, au point même de douter de sa mémoire ou de sa perception du monde. En somme, la victime – l’enfant, dans ce cas – se retrouve à remettre en question sa propre santé mentale. Plutôt violent, surtout quand on attend de ses parents qu’ils soient nos meilleurs alliés !
Là où le bât blesse, c’est que le parent, consciemment ou non, impose sa propre lecture de la réalité, refusant de reconnaître celle vécue par l’enfant si elle diffère de la sienne. Seltzer va plus loin en expliquant que ce refus d’authentifier la réalité de l’enfant est une façon d’exercer une domination sur les pensées et les émotions de celui-ci. L’enfant, avec sa vision imparfaite mais authentique du quotidien, voit alors ses ressentis niés ou ignorés, ce qui peut laisser des traces profondes.
Des conséquences durables sur l’enfant devenu adulte
Ce genre de pratique n’est pas sans effet. Selon Léon Seltzer, les enfants victimes de gaslighting peuvent, en grandissant, adopter certains comportements révélateurs. Parmi lesquels :
- Présenter une tendance à s’excuser même quand ils n’ont rien à se reprocher (vous avez dit culpabilité envahissante ?)
- Ne pas suivre leurs intuitions, comme si elles n’avaient aucune valeur
- Se sentir régulièrement incompris, parfois même isolés, dans leurs relations au quotidien
Autant de stigmates silencieux qui peuvent poursuivre l’enfant bien au-delà des années d’insouciance, et influencer durablement son rapport à lui-même… et au reste du monde.
Les autres attitudes toxiques à surveiller… et à proscrire !
Le gaslighting n’a décidément rien de glamour, mais ce n’est pas tout. Léon Seltzer énumère d’autres attitudes particulièrement problématiques pour le développement de l’enfant. Parmi ces comportements à éviter absolument :
- Répondre à son enfant avec désinvolture, c’est-à -dire en ne prenant pas au sérieux ses questions ou ses préoccupations. Après tout, pour eux, demander pourquoi le ciel est bleu vaut bien une réponse élaborée, pas un « Parce que ! » expédié…
- Traiter son enfant par des noms désobligeants lorsqu’on perd patience. Oui, même si parfois la tentation est grande après la énième crise de « non » à table.
D’après Seltzer, il arrive souvent qu’un enfant interrompe inattentivement un parent, pile au mauvais moment : quand on jongle entre trois casseroles et une réunion Zoom, bien entendu. Dans ces cas-là , il est certes plus commode d’ignorer ou de bâcler la réponse. Mais le psychologue met en garde : répondre de manière brusque ou superficielle, c’est envoyer à l’enfant l’idée qu’il n’est ni entendu, ni respecté, ni digne d’un effort de réflexion. Or, être là , présent, à l’écoute et empreint d’empathie quand un enfant réclame une réponse juste et adaptée, c’est certes plus exigeant, mais c’est aussi fondamental.
Oser l’écoute et la remise en question
Que retenir, au fond, de ce message à la fois simple et essentiel ? Derrière chaque petite phrase expéditive, chaque refus de valider le vécu de l’enfant, l’impact peut être immense et durable. Le docteur Seltzer nous invite, chacun, à questionner nos automatismes éducatifs. Prendre le temps d’écouter le point de vue (parfois farfelu, mais si sincère) de l’enfant, reconnaître ses ressentis, s’efforcer d’y répondre avec respect et sérieux, c’est bâtir en lui une sécurité qui lui servira toute la vie. Pas besoin de diplôme en psychologie : parfois, il suffit juste… de l’écouter vraiment.











