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« Tu ne me défies plus ! » : l’astuce recommandée par une psychologue pour réagir face à un enfant qui transgresse les règles

« Tu ne me défies plus ! » Vous voilà, une fois de plus, face à la fameuse scène : règles posées, enfant qui les contourne allègrement, et, avouons-le, votre patience s’effiloche dangereusement… Comment ne pas sombrer dans la passivité ou endosser le rôle de parent strict façon sergent-major ? La solution existe, entre écoute et fermeté, et une psychologue nous dévoile l’astuce à adopter pour transformer ces situations de “défi” en occasions d’apprentissage.

L’éternel dilemme : céder, sanctionner, ou… écouter ?

Faire face à un enfant qui brave ouvertement les limites, c’est un peu comme jouer dans la cour des grands… sauf qu’il n’y a ni sifflet, ni arbitre. La tentation est grande de baisser les bras — « Fais comme tu veux, après tout… » — ou, à l’inverse, de sortir le carton rouge : « Dernier avertissement, sinon plus de dessert ce soir ! » Si ces tactiques font partie du jeu parental depuis la nuit des temps, Becky Kennedy, psychologue spécialiste de la parentalité, met en garde contre leurs effets sur le long terme.

L’écoute et la connexion d’abord, mais pas sans limites

Selon Becky Kennedy, tout commence par une conviction : pour aider vraiment son enfant à changer, il faut prioriser la connexion plutôt que la sanction. Comme elle le rappelle : « Une bonne parentalité est une parentalité solide. Nous montrons aux parents comment incarner efficacement leur autorité tout en restant connectés à leur enfant. » L’autorité n’est donc pas incompatible avec l’attention portée aux émotions de l’enfant, bien au contraire !

La psychologue souligne l’importance de valider les sentiments tout en fixant des limites claires. « Lorsque nous sommes capables de valider nos sentiments et de fixer des limites, nous restons en contact avec nos enfants et développons les compétences dont ils ont besoin pour réellement changer de comportement », explique-t-elle.

Trois réponses parentales passées au crible

Pour illustrer, Becky Kennedy prend l’exemple du ballon jeté dans la maison après interdiction expresse :

  • La menace : « C’est la dernière fois que je te préviens. La prochaine fois, tu n’auras pas de dessert ce soir ! » Solution très courante… mais pas la panacée, selon l’experte : cette punition brise la connexion et génère de la peur, sans aucun impact positif sur l’apprentissage de nouvelles compétences.
  • La permissivité enthousiaste : « C’est trop bien de lancer le ballon, faisons ça plutôt dehors, pas dedans ! » Ici, la connexion se maintient, certes, mais piger que ce n’est pas le lieu approprié risque de passer à la trappe, car aucune limite réelle n’est posée. Résultat : peu de chance d’ancrer un nouveau comportement.
  • L’alternative proposée par la psychologue : « Je ne te laisserai plus lancer le ballon. C’est trop difficile pour toi de le voir et de ne pas jouer avec, donc je le prends. Tu es un gentil garçon. Tu pourras t’amuser avec le ballon plus tard et dehors. » Ici, c’est le Graal parental : la connexion et l’affection sont sauf, tout en posant une borne nette. Résultat, un changement de comportement peut s’amorcer !

Pourquoi cette méthode fait toute la différence ?

En choisissant cette troisième option, le parent incarne avec douceur mais fermeté son rôle de guide. L’enfant se sent entendu — il n’est pas « mauvais », il a juste du mal à résister à la tentation — et comprend que la règle posée n’est pas négociable. Becky Kennedy résume parfaitement : « la connexion est maintenue et les limites sont fixées. Cela mène à un changement de comportement. »

En bref, il ne s’agit pas de devenir le meilleur ami de son enfant ou, à l’inverse, son pire cauchemar. Le secret, c’est de maintenir le lien sans lâcher le cap. Prochaine fois que le ballon refait surface dans le salon, gardez en tête cette approche solide et généreuse : ni trop mou, ni trop dur, mais pleinement présent et à l’écoute. Et qui sait, vous risquez même d’être défié… un peu moins souvent !