Ah, la frustration ! Si vous avez déjà eu la sensation que la volonté de votre enfant pouvait renverser des montagnes – ou, disons-le franchement, vous mettre à genoux après trois crises en dix minutes – cet article est pour vous. Car s’il y a bien une mission délicate pour les parents, c’est celle-ci : apprendre à nos enfants à composer avec la déception. Becky Kennedy, psychologue pour enfants, le rappelle avec un franc-parler motivant : notre travail n’est pas de rendre nos enfants heureux à tout prix, mais bien de les préparer à affronter la vie. Et la vie, spoiler alert, n’est pas toujours un tapis de pétales de roses.
Pourquoi la frustration vous donne (et lui donne) du fil à retordre ?
La frustration, voilà un sentiment drôlement difficile à supporter, surtout pour les enfants ! Les tout-petits, eux, évoluent dans un monde où tout est source de désirs : un jouet, un biscuit, une caresse, le dernier morceau de chocolat qui, mystère, disparaît toujours trop vite. Résultat ? Dès que leurs envies sont freinées, la frustration déborde… et se mue souvent en crise émotionnelle. Dans ces tempêtes, les parents peuvent se sentir démunis, pris dans le tourbillon des pleurs et des petites colères. Résultat : on cède, on veut pacifier. Mais, attention, comme le dit si justement Becky Kennedy, « trop souvent, nous finissons par emporter la frustration de notre enfant ». Simplement parce qu’il nous est difficile, à nous aussi, de tolérer cette émotion chez eux.
Vouloir effacer la frustration… Une « fausse bonne idée » selon la psy
Il paraît bienveillant de vouloir faire disparaître ce malaise, n’est-ce pas ? Malheureusement, cette stratégie n’aide pas nos enfants à développer leur propre tolérance à la frustration – un point capital selon la psychologue américaine. À long terme, elle affirme que cela peut même poser problème à l’âge adulte, car tolérer la frustration est « l’un des sentiments les plus importants que nous devons apprendre à tolérer ». C’est cette capacité qui nous permet de surmonter les difficultés, d’accéder à la croissance… et au succès (on parle du vrai, celui qui a du goût parce qu’on a dû surmonter quelques bosses sur la route).
Que faire alors ? S’armer de patience et de calme. Eh oui, il va falloir prendre son temps, laisser les choses traîner un peu, oublier le mode « Express ». Becky Kennedy le résume d’une phrase qui fait mouche : « Si nous voulons que nos enfants développent une tolérance à la frustration, nous devons développer une tolérance à leur frustration. » En somme, pour accompagner son enfant sur le long chemin de la patience, il faut être prêt à supporter soi-même les tempêtes émotionnelles. Facile à dire ? Non. Possible à faire ? Oui, avec méthode !
Trois clés concrètes pour accompagner chaque âge
La psychologue propose trois méthodes simples et validées, chacune adaptée à un âge précis :
- Quand votre enfant est petit : Lancez-vous dans un atelier créatif, comme faire des colliers ou des bracelets de perles. L’astuce ? Montrez-lui que même vous, adulte, pouvez être frustré. Dites-le tout haut : « Faire des perles, c’est dur ! C’est tellement frustrant parfois ! » Modéliser la frustration, c’est l’autoriser chez l’enfant sans culpabilité.
- À l’âge des premiers défis quotidiens : Invitez-le à faire ses lacets tout seul. Encouragez-le : « Je sais que ce n’est pas facile mais je pense vraiment que tu peux le faire tout seul ! » Et s’il grogne, accompagnez-le, reconnaissez sa frustration : l’important, c’est qu’il sache le nommer et la vivre… pas de lui ôter à tout prix l’épine du pied.
- Pour les plus grands : Proposez-lui d’écrire une lettre de remerciement à la personne de son choix. Exercice parfait de concentration où il faudra rédiger, soigner l’orthographe, choisir ses mots. Et la plus grande victoire ? Laisser, même si ça prend du temps, l’enfant écrire tout seul… avec ses efforts et, oui, ses mini-frustrations.
Conclusion : Prendre son temps… pour apprendre à attendre
Affronter la frustration n’est pas une affaire de super-héros, mais d’entraînement et de soutien inconditionnel. L’important n’est pas de sauver son enfant de chaque bourrasque. C’est de rester, calme, à ses côtés, et de montrer qu’on peut la traverser ensemble. Avec patience, tendresse et, parfois, un soupir de résignation bien placé ! Si une envie de tout contrôler vous chatouille lors de la prochaine crise, respirez… et accueillez aussi votre propre frustration. La croissance se cache souvent derrière ce petit pas de côté. Bonne traversée !











