Quand les doudous tremblent et les salariés s’inquiètent : la fermeture annoncée de 44 crèches People&baby d’ici août 2025 secoue autant qu’un NOUVEAU chapitre de comptines. Mais dans cette histoire, le refrain n’est pas des plus joyeux…
Une annonce-choc qui frappe familles et salariés
Le jeudi 24 avril, le groupe People&baby a fait l’effet d’un goûter sans gâteau : dans un communiqué, il annonce la fermeture de plusieurs dizaines de crèches dès le mois d’août 2025. Derrière cette décision, on trouve l’homologation du « plan sauvegarde accélérée » avalisée en mars dernier par le Tribunal des affaires économiques de Paris, épisode crucial (mais pas vraiment festif) dans la vie du groupe.
People&baby, englué dans de récents scandales et soucieux de redorer une image légèrement chiffonnée, tente de tourner la page. Il y a un an tout pile, Philippe Tapié héritait du fauteuil présidentiel. En octobre, après la publication fracassante du livre de Victor Castanet, le groupe affirmait vouloir un « nouveau chapitre » dans son histoire et entamait un grand chantier de transformations. La méthode ? Un « redimensionnement » du réseau de crèches, pour s’adapter aux réalités (et aux finances, soyons clairs) de l’activité.
Mais ce n’est pas tout. Philippe Tapié insiste sur l’aspect « qualité », expliquant que ce projet vise la « pérennité » et le renforcement de la qualité d’accueil, qui reste – selon ses mots – au cœur des priorités. Une justification qui laisse certains un peu perplexes…
44 crèches menacées : quelles conséquences ?
Concrètement, cela signifie que 44 crèches structurellement déficitaires ou en difficultés durables seraient fermées à la fin août 2025. Sur plus de 500 crèches gérées par le groupe en France, cela reste minoritaire. Mais pour les familles et les professionnels, ce sont 44 de trop.
Pour accompagner ce bouleversement, le communiqué promet :
- Un accompagnement « individuel » pour toutes les familles concernées
- Des solutions de relocalisation pour que l’accueil des enfants ne soit pas interrompu à la rentrée de septembre 2025
Et du côté des salariés, dont le nombre serait de l’ordre de plusieurs centaines, la promesse est là aussi d’actualité :
- Des solutions de maintien de l’emploi pour la « quasi-totalité »
- Un accompagnement individualisé
- Des dispositifs d’écoute dans chaque bassin d’emploi
En théorie, chaque acteur se verrait proposer une passerelle pour adoucir la chute. Mais dans les faits, ce discours a du mal à rassurer les principaux concernés…
Les syndicats tirent la sonnette d’alarme
Ni les salariés ni leurs représentants syndicaux ne sautent de joie (même sur une structure en mousse dans la salle de motricité). Stéphane Fustec, pour la CGT-SAP, confie ses doutes quant aux « bonnes intentions » de la direction. Il rappelle que le Conseil social et économique (CSE) a mandaté un avocat-conseil pour « évaluer les conséquences de ces fermetures sur mes effectifs » – une démarche qui ne manque pas de traduire l’ambiance fébrile dans les équipes.
L’inquiétude va plus loin : « La plupart des salariés sont en souffrance », glisse-t-il, dénonçant un climat de « répression syndicale forte » et la mise à mal des prérogatives du CSE. Pour lui, « Les directions changent, mais les méthodes demeurent ! ». Ambiance, ambiance…
Cyrille Godfroy (SNPPE), quant à lui, y voit « la parfaite illustration de la marchandisation du secteur ». À ses yeux, c’est clair : « Un groupe est mal géré et ce sont les professionnels et les familles qui en font les frais ! ». La pilule passe mal.
Quel avenir pour les tout-petits et ceux qui les accueillent ?
Derrière les chiffres et les plans de sauvegarde, ce sont concrètement des enfants, des familles et de nombreux professionnels qui vont devoir s’adapter à marche forcée. Si People&baby veut « tourner la page », la suite du livre reste à écrire. Pour l’instant, l’incertitude répand son lot de stress, et chacun attend de voir si les promesses d’accompagnement seront vraiment tenues.
En attendant, on sait où se situe la priorité des familles et des équipes : la stabilité, la qualité d’accueil… et, au fond, un peu d’apaisement dans une période où l’inquiétude semble vouloir jouer les prolongations.











