Polluants éternels dans l’eau du robinet : voilà une expression qui réveille plus vite que le café du matin ! Un vent d’inquiétude souffle, alors que la question du PFAS s’invite à la une. Où votre verre d’eau du robinet pourrait-il cacher des substances indésirables ? Tour de France des zones concernées.
PFAS : qu’est-ce que c’est que ce sigle pas franchement appétissant ?
Les PFAS, alias « polluants éternels », n’ont rien du super-pouvoir. Derrière cette appellation colorée se cachent des substances chimiques issues exclusivement des activités industrielles humaines. Rien de naturel dans leur origine : leur présence dans l’environnement est un héritage direct de l’homme moderne, toujours prompt à laisser son empreinte. Le jeudi 4 avril dernier, l’Assemblée Nationale a d’ailleurs voté en première lecture une proposition de loi pour limiter – enfin – la fabrication et la vente de produits contenant ces fameux PFAS. Car ces polluants ne se contentent pas de rester sagement dans les usines : ils se retrouvent, notamment, dans l’eau de nos rivières et, logiquement, dans l’eau du robinet. Bref, pas de frontières pour eux.
Auvergne-Rhône-Alpes : la région sur la sellette
Si votre adresse postale vous place au sud de Lyon, un petit conseil : ouvrez l’œil… Et peut-être évitez de jouer au chimiste sous la douche. Selon l’Agence régionale de santé, pas moins de 166 000 habitants de communes situées dans cette zone consomment une eau contaminée aux PFAS. Cerise sur la goutte, trois stations de pompage publiques dans le Rhône ont été dernièrement déclarées « non conformes ». Un coup dur pour la fameuse qualité de l’eau du coin. La Haute-Savoie est aussi touchée : plusieurs communes autour de l’usine Tefal ont vu des lanceurs d’alerte épingler la présence de ces polluants dans les robinets publics. Qui a dit que la montagne, ça vous gagne ?
Occitanie, Île-de-France, Pays de la Loire : la contamination ne s’arrête pas aux Alpes
D’autres régions ne sont pas épargnées. En Occitanie, une étude citoyenne a révélé que dans l’eau potable de Fabrègues (Hérault), 5 PFAS sur 7 analysés ont été retrouvés. Mais on respire un peu : selon une toxicologue, les concentrations relevées restent « bien inférieures à la norme européenne », ce qui ne représenterait pas de risque sanitaire immédiat. Des analyses sont aussi en cours dans le Gard, autour de l’usine Solvay de Salindres. Preuve que la vigilance est de mise tout de même.
Du côté de l’Île-de-France, le tableau n’est pas plus rassurant. Le Val-de-Marne compte plusieurs dizaines de sites – à Fresnes, Choisy-le-Roi ou Joinville-le-Pont – recensés comme contaminés d’après une étude menée par Le Monde et 17 autres médias. Même Paris n’est pas à l’abri : en 2022, le XIIe arrondissement voit son eau potable épinglée à cause des PFAS, et c’était déjà le cas en 2015 dans le mythique Quartier Latin (Ve arrondissement). Les complications semblent donc s’inscrire dans la durée.
Quant à la région Pays de la Loire, la Vendée n’échappe pas à la règle. À Luçon, des analyses ont révélé des concentrations de PFAS dépassant les 100 nanogrammes par litre, un chiffre notable qui, là encore, attire l’attention sur la qualité de l’eau au robinet.
Des mesures en marche, mais la vigilance s’impose
- Proposition de loi en route : L’Assemblée Nationale a commencé à légiférer sur la fabrication et la vente de PFAS.
- Analyses en hausse : De nombreuses collectivités et institutions mènent des études locales, avec parfois des résultats inquiétants.
- Variations régionales : Certaines zones, notamment le sud de Lyon, la Haute-Savoie, l’Hérault, le Val-de-Marne et la ville de Luçon, se démarquent par leur exposition plus élevée à ces polluants.
- Normes et interprétations : Si dans quelques cas – comme à Fabrègues – les seuils restent sous les valeurs européennes, la question de la santé publique continue de susciter débats et investigations.
En résumé : Le fléau des PFAS n’est pas réservé à quelques coins isolés. Plusieurs grandes régions françaises côtoient aujourd’hui ces polluants dans leur eau du robinet. Les démarches législatives évoluent et la recherche suit, mais la vigilance de chacun demeure précieuse : rester informé et surveiller régulièrement la qualité de l’eau du robinet, voilà un réflexe à prendre. Boire ou ne pas boire, telle est (hélas) la question !











