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Un expert révèle la meilleure façon de réagir face au mensonge de votre enfant

Votre enfant a nié l’évidence, soutenant mordicus que la tour est tombée toute seule ou que ses devoirs ont mystérieusement disparu ? Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul à soupirer devant tant de créativité… La psychologue Becky Kennedy nous dévoile la façon la plus efficace – et bienveillante ! – de réagir face au mensonge d’un enfant.

Pourquoi les enfants mentent-ils ?

Réagir au mensonge d’un enfant peut devenir un vrai casse-tête. On rêve qu’il avoue tout et promette de ne jamais recommencer, mais la réalité n’est pas toujours aussi douce. Becky Kennedy, experte en parentalité, pointe le sentiment d’exaspération qui saisit parfois les parents : difficile de garder son calme quand un enfant nie l’évidence, alors qu’on connaît la vérité sur le bout des doigts ! Pourtant, exploser de colère s’avère souvent inutile – et même contre-productif.

La psychologue l’affirme : « Ces réactions amènent rarement notre enfant à dire la vérité. Au lieu de cela, nos enfants doublent la mise, trouvent de nouvelles excuses ou crient, ce qui fait mal à toutes les personnes impliquées. » Bref, plus on insiste, plus l’enfant s’enfonce dans le mensonge, jusqu’à nous embarquer, parfois, dans un débat haletant où personne ne gagne.

Mais alors, doit-on tout accepter ? Non, loin de là. Selon Becky Kennedy, la priorité consiste à comprendre pourquoi l’enfant a menti. Elle rappelle un point clé : le but d’un enfant est avant tout de préserver son lien avec ses parents.

Des mensonges moteurs d’attachement ?

Le mensonge, selon l’experte, s’apparente à une stratégie pour protéger ce lien essentiel. Plusieurs raisons peuvent pousser un enfant à ne pas dire la vérité :

  • La peur de décevoir
  • La crainte de voir son parent se fâcher
  • Le sentiment de ne pas être compris ou entendu

« Les enfants sont très attentifs au fait de garder leurs parents tout près d’eux, et craignent ce qui pourrait les éloigner. C’est même la base de l’attachement ! », explique la psychologue. Pour que l’honnêteté puisse s’installer, encore faut-il que l’enfant se sente en sécurité – un équilibre subtil entre connexion et mise à distance, pour éviter que la peur ne prenne le dessus.

Comment réagir dans les situations concrètes ?

C’est ici que Becky Kennedy vient à la rescousse des parents parfois désemparés, avec des exemples que beaucoup reconnaîtront :

  • La tour cassée : Imaginez un enfant qui jure ne pas avoir cassé la tour patiemment montée par son frère. « Ce n’est pas moi, la tour est tombée toute seule… ! » Pour désamorcer la tension, la psychologue propose de déculpabiliser l’enfant et d’ouvrir un espace de compréhension : « Si quelqu’un, pas toi, a cassé la tour, je pense que je pourrais comprendre. Avoir un frère, cela peut être difficile parfois. Et partager, c’est difficile aussi. Si une personne avait cassé ma tour, je serais en colère bien sûr, mais je crois que je commencerais d’abord par lui faire un câlin, puis j’essaierais de comprendre et d’aider comme je peux. Si tu veux un câlin maintenant, je serai ravie de t’en donner un. »
  • Les devoirs oubliés : Autre classique, l’enfant qui assure avoir fait ses devoirs… alors que l’enseignante affirme le contraire. Ici, Becky Kennedy conseille d’adopter une posture empathique : « J’ai eu un mail de ta professeure me disant que la plupart de tes devoirs n’étaient pas faits. Écoute, tu n’es pas dans le pétrin. Ce qui est le plus important pour moi, ce ne sont pas tes devoirs mais notre relation. J’imagine que quelque chose à propos de tes devoirs a été difficile à surmonter et que m’en parler t’a semblé difficile aussi. J’espère que nous pourrons en parler. Je promets que je ne ferai pas de commentaire. Juste écouter et comprendre. »

Dans ces deux cas, la psychologue défend l’idée d’un temps de parole sans jugement. L’enfant peut ainsi faire confiance, se sentir compris, et recevoir l’amour de son parent – des ingrédients indispensables pour oser la vérité, à l’avenir.

Reconstruire la confiance, patiemment

Que retenir de tous ces conseils ? Loin de prôner la permissivité, Becky Kennedy invite surtout les parents à cultiver l’écoute et l’empathie, même en période de tempête… ou de petits mensonges créatifs. Sa méthode repose sur quelques principes clés :

  • Ne pas s’emporter, même lorsque le mensonge pique le moral (ou la tour !)
  • Chercher à comprendre le « pourquoi » plutôt que de foncer tête baissée vers le « qui est coupable ? »
  • Garantir un espace de parole sans jugement
  • Rappeler à l’enfant qu’il est aimé, même (et surtout) dans ses maladresses

Un défi au quotidien, certes, mais aussi la promesse de relations plus solides… et, avec un peu de chance, moins de tours qui s’écroulent toutes seules !