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Assistantes maternelles AVIP : la solution qui change la vie des parents en insertion dans la Somme, témoignages à l’appui

Dans la campagne de la Somme, un vent de changement souffle sur l’insertion professionnelle des parents. Comment ? Grâce au dispositif AVIP, qui mise sur les assistantes maternelles pour offrir un coup de pouce décisif à celles et ceux qui galèrent avec la garde d’enfant. Témoignages à l’appui, on vous emmène découvrir cette aventure humaine, coordonnée par l’association AGENA, où solidarité rime avec efficacité (et parfois même avec discussions autour d’un café chaud).

Quand la garde des enfants ne rime plus avec galère

  • Crèches trop loin ? Pas assez nombreuses ? Dans la Somme, la vie rurale met souvent les familles face à un choix cornélien : chercher un emploi ou trouver une solution de garde… Mais rarement les deux en même temps.
  • Le label AVIP, né en 2016 pour les crèches, est pensé pour lever ces freins. Dès 2019, la CAF de la Somme imagine de l’élargir aux assistantes maternelles. Mais « les premiers essais se sont révélés peu concluants », raconte Isabelle Petit de la CAF d’Amiens : blocages juridiques, statut particulier des professionnelles… Bref, l’équation n’a rien d’un simple exercice de maths !

C’est en 2022, après un appel à projets CAF-Département, que le projet est véritablement relancé par l’association AGENA – déjà aguerrie aux enjeux des familles éloignées de l’emploi et spécialisée dans l’accompagnement des femmes victimes de violences. Clémentine Lefebvre, qui a connu sur le terrain les freinages professionnels liés à l’absence de garde, prend la coordination en main.

Une solution pensée pour tous, financée et pilotée collectivement

Baptisé « AsmatAVIP » à ses débuts, le dispositif s’étend d’emblée à tout le département. En 2024, une convention de financement, adossée au Pacte des solidarités, structure officiellement la démarche : le Conseil départemental devient pilote aux côtés de la CAF, la MSA, France Travail et la FEPEM. Résultat : un double pôle d’experts pour gérer à la fois l’accueil individuel par assistante maternelle et l’accueil collectif en crèche, sous l’œil attentif (et bienveillant !) de l’AGENA.

L’objectif central ? Permettre aux parents en parcours de formation, de recherche d’emploi ou d’accompagnement social d’accéder, sans attendre, à un mode de garde adapté. Pour alléger le casse-tête financier, un fonds d’aide spécifique soutient les familles pendant les premières semaines ou mois du contrat, surtout en cas d’embauche différée ou d’entrée en formation décalée.

Recruter, accompagner et valoriser les assistantes maternelles : mode d’emploi

Le recrutement des professionnelles ne passe pas par les canaux classiques : ici, on privilégie la rencontre, la sensibilisation et… le volontariat ! L’équipe parcourt listings, forums, sites spécialisés comme monenfant.fr, et multiplie mails et appels pour repérer les assistantes motivées à s’impliquer.

Une fois intéressées, elles reçoivent un dossier d’information avant, si elles le souhaitent, une visite à domicile par les éducatrices spécialisées. Pas de simple checklist, mais un vrai échange autour du projet, de la disponibilité et du regard porté sur les familles en insertion. Et, détail qui a son importance, nombreuses sont celles qui voient aussi dans AVIP une solution pour rompre l’isolement, bénéficier d’un accompagnement personnalisé et s’ancrer dans un réseau dynamique.

Le témoignage de Floriane, installée à Yvrench (quelque part entre Abbeville et Amiens), met dans le mille : « Lors de notre première rencontre j’ai découvert la démarche, vraiment chouette. On donne un petit coup de pouce à des gens qui veulent avancer, retrouver une vie pro, sans le stress des papiers, la crainte de ne pas être payée. » Elle souligne aussi la qualité du suivi : « Moi qui ai l’habitude de tout faire toute seule, là, je délègue : les contrats, les calculs, les avenants. Tout est géré. Il y a eu un petit retard une fois ? Un SMS et le lendemain c’était réglé. »

  • Accompagnement juridique, administratif et pédagogique à toute heure
  • Soutien en cas de tension ou de malentendu
  • Ateliers de professionnalisation co-construits avec les relais, analyse de pratiques rémunérée
  • Rémunération horaire majorée dès qu’un enfant est confié via le dispositif

Pour Sandra Onyszko (Ufnafaam), l’équilibre du dispositif tient sur deux piliers : accompagnement humain, et compensation financière pour les contrats parfois courts et atypiques. Difficile de dire mieux.

Des résultats, mais des marges de progrès

Avec une soixantaine d’assistantes maternelles labellisées AVIP aujourd’hui, la dynamique est bien lancée, mais tout n’est pas parfait (Rome ne s’est pas faite en un jour…). Le comité de pilotage, réuni fin juin 2025, note que l’offre reste par moments sous-utilisée car peu de familles sont orientées par France Travail ou le Conseil départemental, malgré l’élargissement aux bénéficiaires du RSA en 2024.

Cette rencontre régulière entre financeurs et acteurs de terrain assure adaptation et amélioration continue. Selon Clémentine Lefebvre, la clé réside dans un financement pérenne, des partenaires soudés et une écoute réelle des besoins. Bonne nouvelle, la confiance règne entre les membres, et la CAF, en chef d’orchestre, veille à la bonne répartition des fonds. Reste à faire mieux connaître l’offre aux familles concernées ! Car, comme le conclut Isabelle Petit : « Le système ne peut fonctionner que si l’offre rencontre une demande clairement identifiée. »

AVIP, ce n’est pas qu’une question de mode de garde : c’est avant tout un levier de solidarité, de confiance mutuelle, et de valorisation d’un métier indispensable. Les parents et assistantes maternelles de la Somme, eux, ne s’y trompent pas : changer la vie, c’est parfois savoir tendre la main… et bien organiser les plannings !