Choisir le prénom de son enfant, c’est un petit peu comme marcher sur des œufs… En robe de soirée. Un exercice périlleux, susceptible de laisser des traces à vie ! Si décorer la chambre bébé passe inaperçu, le prénom, lui, attire tous les regards, toutes les langues… et parfois tous les quolibets. Alors futurs parents, êtes-vous prêts à assumer votre choix devant famille, amis, inconnus… et surtout devant votre progéniture ?
L’art délicat de choisir un prénom : attention, terrain miné !
Vous pensiez qu’il suffisait de flasher sur un joli prénom et le tour était joué ? Que nenni ! Choisir le prénom de son bébé, c’est une étape cruciale de la parentalité, celle qui fait cogiter plus d’une nuit entière. Car, si la disposition des meubles de la nurserie laisse généralement tout le monde de marbre, le prénom, lui, suscite toujours des réactions : admiration, questionnement, étonnement… voire moqueries. Et oui, que ce soit mamie, le voisin ou la boulangère, chacun aura son mot à dire. Malheur à vous si le prénom ne fait pas l’unanimité : les commentaires fusent, parfois jusqu’à la cour d’école.
Des prénoms à éviter ? Les conseils d’Allison Banfield
Vous voulez épargner à votre enfant le supplice de devoir s’expliquer à chaque présentation ? Allison Banfield, experte en prénoms, a dressé une liste des prénoms qu’il vaudrait mieux laisser de côté. Pourquoi ? Parce que trop connotés, trop rares ou simplement porteurs d’une sonorité malheureuse dans la cour de récré… Le résultat ? Ces prénoms risquent de rappeler à votre enfant, dès la maternelle, à quel point un choix original peut vite tourner à la source de quolibets. D’après l’experte, il n’est même pas utile de faire preuve d’une imagination débordante pour risquer l’impopularité. Parfois, la mode – ou la nostalgie américaine – suffisent amplement.
N’oublions pas : un prénom, c’est pour la vie – ou, du moins, pour de longues années de justifications devant une ribambelle d’interlocuteurs dubitatifs…
Quand la culture pop fait des vagues… L’exemple de Kevin
Ah, la fameuse vague des années 1990. Difficile de passer à côté : en décembre 1990, débarque sur les écrans un petit blondinet à la maison gigantesque et aux parents aux rêves d’évasion, j’ai nommé Kevin McCallister, héros de « Maman, j’ai raté l’avion ». Succès planétaire, prénom popularisé… et, quelques décennies plus tard, une ribambelle de Kevin, pas tous enchantés du bagage.
Trente-trois ans après la sortie du film, beaucoup de Kevin n’affichent plus trop le sourire. Kevin Fafournoux, Parisien de 34 ans, a d’ailleurs décidé de voler au secours de tous ses homonymes. Sa mission ? Tordre le cou aux préjugés et rendre son honneur au prénom Kevin, souvent associé – injustement – à une certaine couche populaire et à divers stéréotypes.
- Il lance à Paris une campagne de financement participatif.
- Objectif : réaliser un documentaire intitulé « Sauvons les Kevin ».
Dans son combat, Kevin Fafournoux pointe les deux aspects les plus douloureux : la stigmatisation amoureuse… et celle que l’on subit au travail. Car les Kevin seraient, paraît-il, victimes d’a priori dès leur prénom prononcé. Comme une étiquette collée d’office à la naissance.
Prénommer sans (se) tromper : un conseil avant le grand saut
Rien ne sert d’accumuler les idées farfelues ou de se lancer dans un concours du prénom le plus original. Faire simple, c’est parfois rendre un joli service à son enfant ! L’expérience de la génération Kevin, marquée par l’influence américaine des années 1990, le rappelle cruellement : certains choix du cœur peuvent se transformer, au fil du temps, en source de complexes ou de discrimination, insoupçonnés à la maternité.
Alors, futurs parents, prenez le temps de la réflexion ! Souvenez-vous : un prénom ne se choisit pas à la légère. Il accompagne […] (votre) petit être toute sa vie, et il n’a rien demandé. Un prénom, ce n’est pas qu’une mode : c’est le premier cadeau offert à son enfant, mais aussi, parfois, le premier défi qu’on lui lance. À méditer !











