À la une

Ce cadeau inédit relance la motivation des assistantes maternelles à Morlaix : l’initiative qui fait parler d’elle

À Morlaix, quand motivation rime avec reconnaissance : petit tour dans les coulisses pétillantes du « pass’assmat’ », ce cadeau qui fait le buzz chez les assistantes maternelles. Une initiative qui ne se contente pas d’offrir des présents mais insuffle un vent de gratitude inédit dans le quotidien de ces professionnelles, bien souvent discrètes, mais ô combien essentielles.

Quand l’engagement trouve sa récompense : les raisons du « pass’assmat’ »

  • Un agenda pour organiser le tourbillon du quotidien,
  • Un abonnement à un magazine pro pour rester au top de l’actu ;
  • Huit livres en bonus pour parfaire la boîte à outils pédagogique.

Voilà ce qu’ont reçu, lors d’une cérémonie aussi solennelle que festive le 16 novembre à l’hôtel de l’intercommunalité de Morlaix (élus, projecteurs et petits fours compris), quarante et une assistantes maternelles à l’occasion du renouvellement de leur agrément. Objectif affiché : valoriser ces renouvellements, saluer la fidélité de celles et ceux qui prennent soin, année après année, des enfants du territoire.

Mais pourquoi cette opération ? Deux raisons principales, posées sans chichis par Anne-Catherine Lucas, vice-présidente à la cohésion sociale : d’abord, la baisse préoccupante du nombre de renouvellements d’agrément ; ensuite, un souci d’équité. Elle précise d’ailleurs : dans le territoire, les maisons d’assistantes maternelles profitent de soutiens et de locaux fournis par la collectivité, tandis que les professionnelles travaillant à domicile restaient, elles, dans l’ombre. D’où l’idée d’une action dédiée pour les mettre en valeur. Ainsi naquit le fameux « pass’assmat’ ».

Une initiative testée, adoptée et déjà fidèle

Le pass’assmat’, lancé à titre expérimental en 2023 (alors offert à 35 assistantes maternelles), montre des signes prometteurs : le nombre de renouvellements grimpe à 41 en 2024. Selon Sandrine Revest, animatrice moteur au Relais Petite Enfance (RPE), la remise des cadeaux agit comme une piqûre de motivation : certaines professionnelles, venues pour la première fois récupérer leur cadeau dans les nouveaux points de rencontre instaurés depuis janvier, avouent même en souriant : « Je vais bientôt faire mon renouvellement… » Un effet positif, donc, confirmé par le regain de contacts et d’échanges observé. Entre six opportunités de venir récupérer son lot chaque année et l’occasion de tisser des liens, l’opération semble cocher toutes les cases.

Un investissement assumé et des perspectives ambitieuses

La communauté de communes de Morlaix n’a pas hésité longtemps à inscrire ce dispositif dans la durée. Le 7 octobre 2024, le conseil communautaire a voté sa pérennisation, prévoyant désormais près de 100 euros par renouvellement – soit un budget global de 4100 euros pour 2024. Un montant qui, d’après l’élue Anne-Catherine Lucas, est bien anticipé grâce à un travail de coordination avec la PMI, garantissant le financement des futurs renouvellements.

Et puisque l’appétit vient en distribuant, la collectivité prévoit d’aller plus loin : offrir l’agenda à toutes les assistantes maternelles du territoire, pas seulement à celles qui renouvellent leur agrément. Un geste supplémentaire pour faire connaître les actions de la collectivité engagée en faveur des tout-petits, alors qu’un nouveau RPE est annoncé pour 2025, prévu comme vitrine de la petite enfance au moment où le nouveau Service public de la petite enfance (SPPE) doit voir le jour.

Un succès local… et quelques voix discordantes

L’initiative fait des émules : un relais en Côte d’Or a déjà sauté sur l’idée et contacté Morlaix pour envisager une démarche similaire. C’est dire si la reconnaissance a le vent en poupe !

Mais tout n’est pas simple au pays du cadeau. Si l’initiative suscite des applaudissements, certains s’interrogent sur le choix des présents. Agendas et revues commerciales ont été préférés à des ressources issues du tissu associatif, pourtant investi depuis 45 ans auprès des assistants maternels. La question de la « neutralité » des Relais Petite Enfance revient, certains regrettant un manque de reconnaissance pour l’économie sociale et solidaire, pionnière et soutien historique du secteur. Un débat plus large se dessine : chaque acteur progresse-t-il main dans la main ou chacun dans son coin ? La solidarité, c’est aussi ça qui motive la profession.

En conclusion : À Morlaix, le « pass’assmat’ » prouve qu’une petite attention peut susciter fierté, engagement et émulation. Même si le cadeau parfait n’existe pas, la dynamique engagée apporte déjà bien plus qu’un simple lot : le sentiment d’être vu et reconnu. À méditer, pour toutes les collectivités qui cherchent encore la clé de la reconnaissance professionnelle – celle qui ne tient pas qu’au porte-monnaie, mais aussi au cœur.