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Ce que les experts révèlent : pourquoi certains enfants finissent par maltraiter leurs parents

Pourquoi diable, se demande-t-on parfois, certains enfants finissent-ils par se détourner, voire maltraiter, leurs propres parents à l’âge adulte ? Si vous pensiez que tout s’expliquait par une simple crise d’adolescence prolongée, détrompez-vous ! La réalité, comme souvent, est bien plus nuancée (et ne se règle pas avec un mot doux sur le frigo).

La difficulté des relations parents-enfants à l’âge adulte : un constat pas si rare

Arrivés à l’âge adulte, tous les enfants ne naviguent pas dans des eaux calmes avec leurs parents. Jeffrey Bernstein, psychologue, relève que « de nombreuses raisons expliquent les attitudes négatives et les relations tendues entre les enfants adultes et leurs parents. » C’est même le grand paradoxe : malgré l’amour évident que portent de nombreux parents à leurs enfants, malgré leur volonté de bien faire, certaines façons de communiquer explosent en plein vol. Le psychologue note que ce sont souvent les « commentaires intrusifs » ou une « capacité d’écoute problématique » qui font monter la sauce.

Les parents, dans le feu de l’action, veulent le meilleur pour leur progéniture, mais peuvent mal s’y prendre. Bernstein propose d’ailleurs trois grandes explications à ces conflits qui minent la sérénité familiale.

Trois origines majeures des conflits selon l’expert

Des « émotions tendues » peuvent émerger pour toute une liste de raisons :

  • Des différences de valeurs fondamentales ;
  • Des conflits non digérés autour d’événements passés ;
  • Des difficultés à abandonner les anciens rôles parent-enfant.

Le cocktail de ces émotions déclenche à la fois stress, anxiété et divers problèmes relationnels. Ce n’est donc pas étonnant que les discussions prennent parfois l’allure d’un match de ping-pong… sans fin.

Bernstein souligne un point souvent passé sous silence : certains enfants adultes s’émancipent des valeurs et conduites inculquées depuis l’enfance. Et voilà : merveilleux pour l’autonomie, mais pas toujours facile à avaler du côté des parents, surtout quand accepter leur enfant « tel qu’il est désormais » n’a rien d’évident.

L’indépendance : cadeau… ou caillou dans la chaussure ?

Que se passe-t-il quand l’enfant quitte le nid et ne revient pas juste pour faire la lessive ? Eh bien, il mène sa propre vie, avec ses responsabilités et sa vision des choses. Mais pour les parents, accepter cette mutation peut être ardu. « À mesure que les enfants deviennent adultes, les parents peuvent avoir du mal à les voir passer du rôle d’enfant à celui d’adulte indépendant », indique Jeffrey Bernstein. Certains parents restent ainsi accrochés à leur rôle parental, même quand leurs enfants ont des cheveux blancs (ou presque).

De là, tout s’emballe : l’avis parental donné (souvent sans filtre), l’immixtion dans les grandes décisions, tout cela génère de la crispation. Un schéma classique donc, où chaque prise de position vire à l’imbroglio émotionnel — sauce familiale.

L’impact des critiques et du dédain parental

Mais là où l’on pensait que seuls les pieds traînants ou le désordre dans la chambre posaient souci, c’est en réalité bien plus profond. Bernstein l’exprime clairement : « Les parents, qui critiquent fortement ou dédaignent les sentiments ou les réalisations de leur enfant adulte, peuvent causer des dommages émotionnels. » À force de minimiser ou de remettre en question les décisions et sentiments de l’autre, on récolte toute une moisson d’insécurité.

Quand un enfant adulte se sent jugé, non reconnu dans ses choix ou ses réussites, il finit souvent par douter de sa propre importance ou de sa capacité à satisfaire les attentes parentales. C’est même tout un cercle vicieux : le dédain répété peut conduire l’enfant à un sentiment d’impuissance, voire d’incapacité.

  • L’enfant, devenu adulte, a besoin d’être vu et compris pour ce qu’il est.
  • Le jugement ou la critique parentale empêche l’établissement d’une relation sereine.

En somme, derrière chaque conflit familial, il n’y a pas de coupable tout désigné, mais bien des difficultés à composer avec les changements, les émotions et l’histoire commune. Le premier pas vers la paix familiale ? Accepter, de part et d’autre, que l’on ne part pas toujours du même point de vue… et peut-être troquer les conseils intrusifs contre une bonne dose d’écoute.