Être une femme HPI, ça décoiffe. Dans un monde où la norme est érigée en dogme, leur différence fait grincer des dents. Plongée dans le quotidien de ces femmes au QI supérieur à 130, où chaque jour ressemble à une course contre l’immobilisme… et la lassitude de devoir « rentrer dans le moule ».
Quand la différence fatigue les autres
Marie, par exemple, n’en a jamais fait qu’à sa tête. Enfin, c’est l’avis de ses proches : « Tu parles trop vite », « Tu ne fais rien comme les autres », « Trop fatigante, trop énergique, trop décalée ». Autant de refrains entendus en boucle pendant son enfance. Marie se souvient de ses siestes en maternelle à se morfondre dans son lit, ou de l’agacement de ses professeurs qui la voyaient lever la main dix fois par jour. Alors, forcément, le jour où on l’a identifiée HPI à 35 ans, elle a poussé un grand « ouf » de soulagement. Enfin, une explication pour tout ce « trop ».
Ces petits bouts de vie résonnent avec beaucoup d’autres. Et pour cause : les femmes HPI – Haut Potentiel Intellectuel – vivent et pensent autrement. Leur spécificité ? Un QI supérieur à 130. Mais réduire leur singularité à un chiffre serait bien trop simpliste. Leur vraie différence, c’est leur façon d’appréhender le monde, de remettre en question, d’interroger, de bousculer les évidences… parfois à la grande fatigue des autres.
Vivre vite, penser fort : le quotidien des HPI
« Vivre vite ? C’est leur devise. Quitte à transgresser (tous) les codes », écrit-on. N’en déplaise aux amateurs de la ligne droite, pour ces femmes tout est matière à questionnement. Leur cerveau ne s’arrête jamais, même la nuit semble-t-il. Selon Fanny Marais, coach spécialisée dans les hauts potentiels, « quand, comme elles, on questionne le monde 24 heures sur 24, forcément on en vient à challenger la norme ». Mais voilà, vivre différemment dans un monde « ultranormé », ce n’est pas de tout repos. En vérité, sortir du commun demande du courage. Ceux qui osent, qu’ils soient HPI ou non d’ailleurs, finissent souvent par être catalogués : trop ceci, pas assez cela, et surtout “pourquoi tu ne fais pas comme tout le monde ?”
L’envers du décor : préjugés et jugements
Évidemment, la différence intrigue autant qu’elle dérange. Certaines critiques émergent : « Une des caractéristiques de ces soi-disant HPI est que quoiqu’il leur arrive de fâcheux ce n’est jamais de leur faute, particulièrement les femmes sans misogynie aucune. » Le panel d’excuses mentionnées va de « j’ai été mal conseillée » à « il ou elle ne m’a pas comprise », voire « c’est un pervers narcissique ». Voilà l’image parfois renvoyée. D’ailleurs, le livre « Trop intelligent pour être heureux ? » serait à lire pour qui voudrait comprendre ce fameux biais.
Ce scepticisme illustre la difficulté à être différente. Beaucoup peinent à accepter ceux qui refusent la conformité, surtout dans une société où chaque pas de travers est scruté, analysé, commenté.
Pourquoi leur différence gêne tant ?
Rien de plus inconfortable, pour la majorité, que d’être confronté à la remise en question permanente. L’intelligence, qu’elle soit à haut potentiel ou non, ne se contente pas d’acquiescer. Non seulement ces femmes HPI ne suivent pas le troupeau, mais elles balisent un chemin de traverse. De quoi irriter les défenseurs du statu quo.
- Parce qu’elles obligent à se poser des questions ;
- Parce qu’elles dérangent un ordre établi ;
- Parce que, tout simplement, elles ne font rien « comme les autres ».
Pourtant, la diversité de pensée fait la richesse d’un groupe, d’une entreprise, d’une communauté.
Conclusion : un monde trop normé, ou inadapté ?
Comme le résume une lectrice : « Nous vivons dans un monde ultra normé ! ». Mais, laissons aux femmes HPI le droit d’être fatiguantes, énergétiques, décalées, drôles et parfois agaçantes – car, au fond, c’est peut-être à nous tous de revoir la norme. Et vous, quel “trop” vous reproche-t-on ?











