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« Des pratiques inacceptables » : la formation des assistantes maternelles pointée du doigt par plusieurs organisations

Être assistant(e) maternel(le), ce n’est pas s’improviser super-nounou du jour au lendemain ! La formation s’impose comme une étape incontournable, mais, malgré des textes stricts et encadrés, certaines pratiques sont loin de faire l’unanimité, et la qualité du parcours est souvent remise en cause. Petit tour d’horizon plein d’humanité (et sans sable dans les chaussures) sur cette formation essentielle à notre société… et pointée du doigt par plusieurs organisations.

Une formation obligatoire, mais sous haute surveillance

En France, aucune improvisation n’est permise : la formation des assistants maternels est obligatoire pour qui souhaite accueillir des enfants. Mais attention, cela ne se fait pas dans n’importe quelles conditions ! Une partie de cette formation se déroule avant même de pouvoir accueillir le moindre bambin, une précaution visant à garantir la sécurité et la compétence dès le premier jour. Le conseil départemental est le chef d’orchestre de l’affaire, mettant lui-même en œuvre la formation, ou bien s’associant à un établissement avec lequel il passe une convention. Il arrive même que les deux modalités cohabitent, pour plus de flexibilité.

Détail intéressant (et plutôt juste) : pour la portion de formation qui se déroule après l’embauche, la rémunération de l’assistant maternel ne s’évapore pas dans la nature, elle reste due par l’employeur. Quant aux bouts de chou habituellement gardés par la personne en formation, pas d’inquiétude : leur prise en charge, pendant la formation, est organisée et financée par le conseil départemental lui-même. Pratique !

Autre passage obligé : une initiation aux gestes de secourisme (parce qu’un pansement bien posé, ça peut sauver une couche dramatique) et aux spécificités de l’accueil collectif des mineurs. Indispensable pour exercer le métier d’assistant maternel en toute légalité.

120 heures, des évaluations… et la fameuse attestation

Depuis le décret du 23 octobre 2018 et les arrêtés applicables à partir du 1er janvier 2019, les règles du jeu sont claires : toute formation d’assistant maternel agréé dure au minimum 120 heures. Cette durée peut, en prime, comporter des périodes en milieu professionnel, histoire de prendre ses marques dans le vrai monde. Tout est décrit noir sur blanc dans les articles D. 421-44 à D. 421-51 du Code de l’action sociale et des familles. Et si la formation a démarré avant 2019, des dispositions transitoires existent (prévues par l’article 5 du décret, pour ceux qui aiment les détails d’horloger).

La formation commence par une fondation solide : 80 premières heures pour acquérir le socle de connaissances réglementaires, conformément à l’article D. 421-46 du Code. Pas de validation “au doigt mouillé” : une évaluation sérieuse des acquis a lieu pendant la formation. Si tout se passe bien, une attestation de validation tombe, synonyme d’autorisation à accueillir enfin un enfant ! Dans le cas contraire, une deuxième session d’évaluation est possible, toujours organisée (et financée) par le conseil départemental. Si la seconde est concluante, feu vert pour garder des enfants !

Mais tout ne s’arrête pas là. Les 40 heures restantes sont là pour “approfondir”, sur la base de l’expérience directe de l’accueil d’un enfant, et une attestation de suivi est remise à la fin. Toute la progression est ainsi balisée et attestée.

Contenu, dispenses et formation continue : un parcours balisé

Le contenu de la formation ne laisse rien au hasard. Il couvre, selon l’annexe de l’arrêté du 5 novembre 2018, l’ensemble des compétences et connaissances nécessaires au métier. Et pour celles et ceux qui ont déjà des titres ou diplômes appropriés, des dispenses partielles sont prévues. Les modalités sont détaillées à l’article D. 421-47 du Code et à l’article 6 de l’arrêté du 29 juillet 2022. Histoire de ne pas refaire le B.A.-BA si on maîtrise déjà le sujet !

  • Droit à la formation continue : chaque assistant maternel en bénéficie dans le cadre de la convention collective nationale du 15 mars 2021 (en vigueur depuis début 2022), remplaçant celle de 2004.
  • Plateforme nationale de professionnalisation de l’emploi à domicile : une ressource pour accompagner particuliers employeurs et salariés dans leur projet de formation ou la sécurisation de leur parcours.
  • Pour qui a la tête pleine d’actualités : la « lettre hebdo travail-emploi » recense, chaque semaine, les nouveautés officielles concernant emploi, formation et évolution du droit du travail.

En conclusion : vigilance et professionnalisation au cœur du métier

De la formation initiale au droit à la formation continue, en passant par des attestations scrupuleusement délivrées et des dispenses intelligentes, la route de l’assistant maternel est encadrée et exigeante. Cette exigence est essentielle pour garantir la sécurité, le bien-être et l’accompagnement des enfants accueillis. Mais, comme tant de choses bien pensées sur le papier, tout dépend de la rigueur de la mise en œuvre et de la vigilance collective. Si vous souhaitez exercer ce métier ou confier votre enfant, rappelez-vous que la formation n’est pas une option… et qu’il vaut mieux vérifier trois fois qu’une !