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Faut-il se forcer à jouer avec son enfant ? La réponse sans tabou d’un expert

Jouer avec son enfant : obligation ou plaisir partagé ? La question, rarement posée sans culpabilité parentale, trouve enfin une réponse honnête. Spoiler : non, on ne devrait pas jouer sous la contrainte (ni le Monopoly, ni autre chose).

Quand le jeu devient une tension à la maison…

On a tous en tête l’image d’un parent parfait, accroupi sur le tapis à rire aux éclats pendant des heures de jeux de construction. Pourtant, comme le souligne Lawrence J. Cohen, expert en parentalité, il avoue d’emblée avoir toujours encouragé les parents à jouer avec leur enfant, soulignant que le jeu est un formidable moteur d’apprentissage et d’éveil. Oui, tout le monde s’accorde sur ses vertus. Mais voilà, il y a la théorie… et puis il y a les jours « sans » !

Le constat vient d’une maman accompagnée par l’expert : parfois, il est nécessaire de trouver des solutions pour ne pas faire du jeu une corvée. En d’autres termes, ces instants doivent rester de qualité – non de simple présence obligée. Car, désolé mais tous les parents ne sont pas, tous les jours, des clowns enthousiastes prêts à se rouler par terre après une journée de travail (et c’est très humain !).

La première règle du club « je jeu quand je veux »

Lawrence J. Cohen, dans Psychology Today, propose une règle d’or, simple mais efficace :

  • Si vous avez réellement envie de jouer, foncez et profitez !
  • Si vous manquez d’énergie mais pouvez accorder un petit moment malgré tout, faites-le avec sincérité, même pour quelques minutes.
  • En revanche, si vous ressentez en vous un vrai besoin de faire autre chose, respectez cette envie et ne vous forcez surtout pas.

Pas de recette magique, mais un rappel : le jeu en famille n’a de sens que s’il est véritablement partagé. Forcer la participation peut transformer ce moment en corvée perceptible par l’enfant, et perdre tout l’enchantement qu’il est censé offrir.

Émotions parentales : admettre sans cacher, pour être plus juste

On ne le répétera jamais assez : les parents aussi vivent colère, tristesse, fatigue ou angoisse. Souvent, ils les mettent de côté pour garantir la paix domestique. Pourtant, les ignorer ne les fait pas disparaître et pousse parfois à bout. Selon Cohen, il s’agit d’apprendre à être bienveillant envers soi-même lors de ces vagues émotionnelles.

Il suggère : reconnaître une fatigue ou un coup de blues pourrait, parfois, être suffisant pour trouver assez de ressources pour un petit jeu… ou au contraire, pour décider de s’accorder réellement un temps à soi. Et dans ce dernier cas, il insiste : inutile de se forcer ou de nier l’intensité de ses émotions pour s’installer bravement en rond sur le tapis.

Authenticité, mais sans charge émotionnelle excessive pour l’enfant

Refuser de jouer par manque d’entrain, ce n’est pas saboter la relation avec son enfant ; c’est aussi éviter de tomber dans le piège du « faire semblant », peu bénéfique pour chacun. Mais, attention, l’expert ajoute qu’être fidèle à ses émotions ne veut pas dire exploser, crier ou transformer son enfant en confident, encore moins en thérapeute improvisé.

Il propose une démarche simple : prendre le temps d’expliquer à votre enfant, à hauteur d’enfant, que vous traversez une émotion, que vous avez besoin de recharger vos batteries, et que le jeu, ce sera pour bientôt. L’enfant saura attendre, rassure Cohen, et se réjouira de retrouver, bientôt, votre « cœur joueur ».

  • Être sincère sans dramatiser
  • Expliquer avec des mots simples
  • Revenir vers lui quand l’énergie revient, sans culpabilité

En conclusion : jouez quand le cÅ“ur (et l’énergie) y sont ! Sur ce terrain, l’authenticité prévaut toujours sur l’obligation. Mieux vaut un vrai petit moment de partage qu’une longue séance à contrecÅ“ur. Votre enfant saura, grâce à vos mots et à votre sincérité, retrouver avec vous le plaisir du jeu… au bon moment.