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Gagnants du Loto en Dordogne : ils accusent leur famille de leur avoir volé plus d’un demi-million d’euros, la justice bientôt tranchera

On rêve tous de décrocher le gros lot… mais que se passe-t-il quand la fortune a le goût amer de la trahison ? En Dordogne, l’histoire d’un couple de gagnants de l’Euromillions vire à la guerre de famille. Retour sur une affaire digne d’un roman, où l’on apprend qu’entre bonheur et argent, il peut parfois n’y avoir qu’un ticket de Loto – et beaucoup de problèmes !

Quand la chance frappe… et déroute

En 2014, un couple de sexagénaires domiciliés en Dordogne vit ce que beaucoup n’osent même pas imaginer en rêve : remporter 513 136,70 euros à l’Euromillions. Mais derrière les feux d’artifice, la réalité n’est pas si simple. L’homme est alors touché par la cécité, sa compagne souffre d’un handicap à 80%. Gérer une telle somme quand la vie est déjà un défi quotidien, ce n’est pas forcément une question de mathématiques, mais parfois d’acrobaties… et de confiance.

D’ailleurs, le couple l’admet par l’intermédiaire de leur avocat : ils sont « totalement dépassés » par la situation. Plutôt que de faire comme Picsou et de plonger dans une piscine de billets, ils font appel à ce qu’ils ont de plus précieux : leur famille.

Famille, je vous… confie ma fortune

La solution, toute trouvée, semble alors couler de source. Ils sollicitent « leur famille la plus proche » et plus précisément une nièce et son mari, ce dernier évoluant dans le monde feutré de la banque. Les quatre membres s’accordent sur un « contrat moral ». L’idée : permettre au jeune couple d’accéder aux gains, dans l’intérêt et la protection des désormais millionnaires en herbe.

Que se passe-t-il alors ? Selon France Bleu, les gestionnaires désignés auraient encouragé les gagnants à attester que le fameux ticket avait été payé à quatre, permettant de partager le pactole. Dans les faits, la nièce et son époux – basés dans la région de Toulouse – s’arrangent pour récupérer 80 % du montant, sous promesse de faire construire une maison dédiée au couple handicapé.

Le logement sort bien de terre, mais la subtilité arrive : la propriété reste aux Haut-Garonnais qui, pleine d’inspiration, réclament un loyer à ceux-là mêmes qui les ont enrichis. Drôle de retournement de situation ! Cerise sur le gâteau amer : lorsqu’il tente de ne plus payer, le couple de sexagénaires se voit menacer d’expulsion suite à une procédure lancée par leurs « bienfaiteurs ».

L’argent file, et la confiance s’évapore

S’estimant victime d’un abus de faiblesse, le couple plaignant découvre alors que la majeure partie de la somme confiée s’est… évaporée. Selon leurs dires, leur proche aurait utilisé le magot pour :

  • Rembourser leurs propres dettes
  • Acheter deux appartements à Toulouse

Pendant ce temps, la « maison promise » reste officiellement une possession du couple de gestionnaires, qui n’hésite pas à faire payer un loyer.

Du côté des Haut-Garonnais, on balaye l’accusation d’abus d’un revers de main. Pour leur avocat, « les sexagénaires savaient très bien ce qu’ils faisaient » et leur action contre les gestionnaires découlerait « simplement d’un différend autour de travaux à effectuer dans la maison ».

La justice au chevet d’une famille brisée

Sur fond de confiance brisée, l’affaire atterrit sur le bureau du tribunal correctionnel de Périgueux. L’audience, prévue un mercredi 4 janvier, promet son lot d’explications.

Dans l’attente du verdict, la justice n’a pas chômé. Plusieurs biens appartenant au couple de Haut-Garonnais ont été saisis, dont trois propriétés immobilières :

  • La maison occupée par le couple gagnant
  • Les deux appartements toulousains

Le tout pour une valeur d’environ 500 000 euros, soit l’essentiel du montant d’origine. Un joli magot… pour le fisc ? Ou pour rendre à César (ou plutôt aux gagnants de Dordogne) ce qui leur appartient ? La décision du tribunal viendra, on l’espère, clore – ou recoller – une histoire de famille au goût bien amer.

À retenir : l’argent ne fait peut-être pas le bonheur, mais il peut vite venir compliquer les affaires… surtout en famille. Moralité : avant de valider un « contrat moral », pourquoi ne pas tenter un vrai contrat… écrit, cette fois !