Peut-on vraiment tomber sur l’amour de sa vie en glissant son doigt vers la droite ? Si vous pensez encore que Tinder n’est qu’une collection de profils aux filtres trop lissés, le récit d’Anaïs et Jordan pourrait bien faire vaciller vos certitudes ! Leurs chemins se sont croisés par écrans interposés ; aujourd’hui, quatre ans plus tard, ils partagent bien plus que des swipes et des messages anodins…
Du match timide à la première rencontre… ou comment tout a (presque) failli ne jamais commencer
- Février 2016 : Anaïs, 23 ans, fraîchement revenue de deux années d’études en Finlande, s’installe chez ses parents en Ardèche.
- Débordante de pep’s, elle soigne son profil sur Tinder avec malice : photos rigolotes, mignonnes, et cette devise – « Je basais beaucoup ma séduction sur l’humour. »
- En face, Jordan, 25 ans, entame un doctorat en nanotechnologie à Lyon. Son profil, annonce-t-il, est honnête et… basique, mais sa barbe a l’art d’attirer l’attention d’Anaïs !
Le premier contact est… banal. Oui, même les plus jolies histoires débutent par des échanges d’une platitude olympique. Accaparé par son travail, Jordan disparaît, et Anaïs range ce match aux oubliettes. Jusqu’à ce qu’il revienne, deux semaines plus tard. Cette fois, le courant passe : « On se parlait tous les jours un petit peu, puis tous les jours beaucoup, puis tous les jours, tout le temps. »
La rencontre IRL : une jupe, une barbe et des cœurs qui s’ignorent… puis se cherchent !
Un mois et demi s’écoule avant de franchir l’étape du face-à-face, à Lyon, un 27 février 2016. Préparée mais fidèle à sa fantaisie, Anaïs débarque avec un sac débordant d’affaires, une jupe en velours marron, un débardeur « Flying Spaghetti Monster » et, touche finale, des collants à têtes de chats. « C’était sexy, mignon et rigolo en même temps, je voulais donner l’impression d’être une fille sympa sans cacher mon petit grain de folie. »
- Rendez-vous à la gare, devant le métro.
- Anaïs reconnaît Jordan à son écharpe sombre rayée – tentative de surprise, peine perdue !
La glace se brise, les sourires fusent. Jordan est nerveux, Anaïs l’entraîne dans un bar préféré pour un café et la promenade se poursuit dans les vieux quartiers de Lyon. Re-retour au bar le soir : « On était un peu saouls et je l’ai embrassé, puis il m’a embrassé à son tour et c’était électrifiant. Des choses en entraînant une autre, je ne suis finalement pas rentrée chez ma sœur ce soir-là. » Cette histoire sent bon la spontanéité et le velours !
Du flirt à l’exclusivité : on supprime Tinder ou pas ?
Après six mois, Anaïs supprime Tinder de son téléphone – pas uniquement par manque de place mémoire : « Mais en réalité, je n’y allais plus du tout depuis 4 ou 5 mois déjà. » Les discussions s’intensifient et chacun avoue ne pas rechercher la même chose. Si Jordan rêve d’engagement, Anaïs, elle, préfère garder de la liberté, freinée par ses doutes professionnels. Mais la vérité s’impose : « Je ne voyais que lui et lui que moi. On a pris la décision de devenir exclusif, et on a supprimé l’appli. » Clap de fin pour les notifications, début d’une histoire solide.
Un an et demi plus tard, le 28 juillet 2017, Anaïs rejoint Jordan à Lyon dans leur « petit studio », et deux chats viennent agrandir ce qui devient « une vraie petite famille ».
L’amour, la curiosité… et une équipe qui gagne
Quand on demande à Anaïs ce qu’elle aime chez Jordan, elle s’arrête sur une qualité phare : « sa curiosité ». Toujours avide d’apprendre sans a priori (ou alors, il sait les identifier), il n’a peut-être pas tant de points communs avec elle côté goûts, et c’est leur force. « On apprend beaucoup l’un de l’autre, on n’épuise jamais les sujets de conversation, de débats, de découvertes, tout ça en se retrouvant néanmoins sur l’essentiel. »
- Ils se font du bien, s’apaisent, se stabilisent l’un l’autre.
- Leur duo, d’après Anaïs, forme aujourd’hui « une équipe, une très bonne équipe. Toujours présents l’un pour l’autre, quoi qu’il arrive, dans les bons et les mauvais moments. »
L’avenir ? Il s’imagine immanquablement à deux, entre doctorat, nouveaux pays, rêves partagés (mariage, maison, chien, enfants…) et soutien inconditionnel. Pas question de relation à distance : ils préparent la liste des futurs pays à explorer ensemble !
Qu’on se le dise : si Tinder est un jeu incertain, Anaïs et Jordan prouvent que, parfois, la magie opère. Il suffit d’une jupe en velours, d’une belle barbe et de beaucoup d’écoute pour passer du virtuel à une histoire bien réelle. D’ailleurs, si votre swipe ne vous emballe pas ce soir, patience… Peut-être que, quelque part, quelqu’un ne verra que vous !











