Et si on arrêtait enfin d’apprendre aux garçons à ravaler leurs larmes et à durcir leur cœur ? Pour Jen, maman et vidéaste TikTok, la réponse est claire comme de l’eau de roche : hors de question d’élever ses fils pour qu’ils refoulent leurs émotions. Dans une démarche assumée et résolument bienveillante, elle partage, vidéo virale à l’appui, son engagement contre la masculinité toxique – et le silence émotionnel qui va souvent avec.
Constat d’une maman : « La douceur, avant la déconnexion »
- Pour Jen, tout commence par une observation toute simple, mais profondément émouvante : « Quand les garçons sont petits, ils sont gentils. Ils cueillent des fleurs pour leur maman. Ils ont une certaine douceur. Puis la masculinité toxique arrive et ils se déconnectent de leurs émotions. »
- C’est en partant de ce triste constat qu’elle et son mari ont décidé de ne pas « élever des hommes à la dure ».
Elle le confie à ses abonnés : apprendre aux petits garçons à être durs, à s’endurcir coûte que coûte, c’est surtout leur enseigner à masquer leurs émotions et à porter un masque de force. « Je peux paraître folle, mais quand vous élevez vos enfants pour qu’ils soient durs, ou que vous leur dites de s’endurcir, ce que vous leur apprenez, c’est à masquer les vraies émotions qu’ils ressentent pour paraître forts. »
Effet « cocotte-minute » : quand la colère prend toute la place
- Jen va plus loin et détaille les conséquences de ce refoulement émotionnel imposé : au bout de la chaîne, il ne reste qu’une émotion dominante, envahissante… la colère.
- Selon elle, « ces petits garçons durs deviennent des hommes qui ne sont capables d’exprimer qu’une seule émotion. Et cette émotion, c’est la colère, parce qu’ils ont tellement refoulé leurs sentiments, que lorsque cette frontière finit par se briser, elle se manifeste sous forme de colère – en lançant des objets, en criant ».
Plutôt que d’attendre l’explosion, Jen et son mari préfèrent la prévention (et la circulation libre des émotions !). Chez eux, on encourage donc les enfants à dire ce qu’ils ressentent, quitte à pleurer, râler ou papoter longuement sur ce qui ne va pas.
Un autre modèle parental : place à l’expression sincère
- Comment ça se traduit, au quotidien ? Jen explique : « Ce que nous enseignons à nos garçons, c’est de ressentir profondément et de s’autoriser à ressentir ces sentiments, et que même les émotions négatives que nous ressentons en tant qu’êtres humains sont là pour nous protéger. »
- Si son fils rentre à la maison après avoir été exclu d’un groupe, hors de question de lui dire de « passer à autre chose » ou de « s’endurcir ». Au contraire : « En s’autorisant à ressentir ces choses, ils sont capables d’une plus grande empathie dans d’autres situations où ils verront quelqu’un être mis à l’écart. »
L’idée ? Que ressentir ses émotions (et pas seulement la joie, mais aussi la tristesse, la déception, l’inquiétude) soit non seulement permis, mais vu comme une richesse qui ouvre la porte à l’empathie… et à des relations humaines bien plus apaisées (si, si, testez, vous verrez !).
Une affaire de famille : gratitude pour le chemin parcouru
- Pour Jen, ce choix d’éducation se construit aussi en couple. « Je n’ai jamais grandi dans une famille où mon père criait ou lançait des objets, mais mon mari oui. »
- Elle exprime d’ailleurs toute sa reconnaissance pour l’attitude de son conjoint : « Je suis tellement reconnaissante qu’il puisse se mettre à genoux devant nos petits garçons lorsqu’ils ressentent quelque chose d’important et qu’il soit capable de faire preuve d’empathie à leur égard. »
Quant à l’argument du « il faut souffrir pour être fort » ? Jen le balaie fermement : « Je ne pense pas qu’il soit nécessaire ou utile d’exposer mes enfants à des situations difficiles pour les endurcir. »
En définitive, la démarche de Jen n’a rien de farfelu : donner le droit à ses fils d’être pleinement humains, avec toute la palette de sentiments que cela implique, c’est peut-être le meilleur antidote à la colère et à l’isolement. Si la révolution commence dans le salon familial, on peut parier qu’elle a déjà de beaux jours devant elle !











