Tablettes en classe ou retour au bon vieux manuel ? En Suède, la question n’est plus d’actualité : le gouvernement a tranché, souhaitant ranger les écrans au placard pour dépoussiérer les manuels scolaires. Petit tour d’horizon d’une révolution… à l’ancienne !
Les écrans : miracle éducatif ou fausse bonne idée ?
- Les technologies numériques ont envahi aussi bien nos salons que les salles de classe.
- De plus en plus d’établissements, y compris en France, intègrent tablettes et PC portables pour compléter les manuels scolaires.
- Les avantages mis en avant : possibilité de visionner des documentaires et vidéos, proposer des quiz interactifs, faciliter la communication parents/enseignants – on pense à Pronote, qui enterre le bon vieux cahier de correspondance.
Mais si les écrans révolutionnent, sur le papier (ou plutôt, sur l’écran), la façon d’enseigner… ils ne font pas que des heureux ! Les élèves, surtout ceux déjà en difficulté d’attention, sont facilement déconcentrés. Selon une étude internationale, la lecture sur écran rétroéclairé fatigue davantage et perturberait la mémoire, rendant la compréhension du contenu plus ardue, en particulier pour les plus jeunes. Bref, lire sur papier fait toujours de la résistance face au numérique !
La Suède, pionnière… du retour en arrière
Il y a quinze ans encore, la Suède était à la pointe en matière d’école numérique. Progressivement, les livres ont laissé place aux tablettes et aux PC portables ; dès le collège, les élèves suédois effectuent leurs recherches et révisions sur leur ordinateur, fourni par l’établissement. Dans certaines maternelles, on apprend même à lire… sur tablette ! Tout cela favorise peut-être l’autonomie, mais les parents tirent la sonnette d’alarme : il n’est pas toujours évident de s’assurer que les enfants travaillent, et non ne regardent le dernier dessin animé ou jouent à leur jeu préféré. Le phénomène n’est pas qu’anecdotique. En 2018, en Suède, un enfant sur cinq, âgé de 5 à 8 ans, possédait déjà un smartphone personnel. En France, plus de la moitié des écoliers sont équipés d’un téléphone portable, et ce chiffre grimpe à 12 % chez les 9-10 ans.
Manuels scolaires : le retour triomphal soutenu par le gouvernement
Le constat suédois est sans appel : malgré la modernité affichée, la performance scolaire générale baisse. Même si les élèves suédois maintiennent une bonne place européenne pour la compréhension de l’écrit, la tendance est au recul du niveau scolaire. Surtout, Lotta Edholm, la ministre de l’Éducation, s’alarme d’un manque de sens critique et d’une confiance (un peu trop) aveugle dans les supports numériques.
La solution ? Un retour aux sources.
- Le gouvernement a débloqué 60 millions d’euros l’année dernière, puis 44 millions d’euros cette année et encore 44 en 2025 pour accélérer la réintroduction des manuels scolaires.
- Objectif annoncé : garantir un livre par matière et par élève. Simplicité, efficacité, et moins de distractions !
Un virage à 180 degrés, qui pourrait inspirer d’autres pays où l’école oscille entre innovations technologiques et soucis persistants de concentration ou de compréhension.
Et en France, on en est où ?
La France, elle, n’a pas totalement cédé aux sirènes du « tout numérique ». Les manuels papier restent omniprésents dans l’Hexagone, même si les usages digitaux se multiplient (Pronote, tablettes, communication instantanée, etc.). Mais la pression est là et le débat reste ouvert : faut-il céder au tout-écran, ou garder les deux pieds sur terre (et les deux mains sur le livre) ?
Conclusion : Au fond, c’est peut-être dans l’équilibre que se cache la clé d’un apprentissage réussi. Gardons l’œil critique, que ce soit devant un manuel ou une tablette ! Et qui sait, la prochaine révolution éducative, c’est peut-être celle où on lit… sur les deux supports en même temps, sans perdre le fil – ni la page !











