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Le carb cycling : pourquoi ce régime fait polémique chez les nutritionnistes

Envie de jongler avec vos apports en glucides pour sculpter votre silhouette ou booster vos performances sportives ? Attention, le carb cycling soulève plus de débats qu’un barbecue entre vegans et carnivores ! Décryptage sans langue de bois d’un régime qui fait tiquer bien des nutritionnistes.

Qu’est-ce que le carb cycling ? Zoom sur une pratique musclée

Le carb cycling s’est surtout taillé une réputation dans le monde du bodybuilding. Son principe ? Alterner les jours où l’on consomme des « bons Â» glucides, essentiels à la fabrication des protéines à la base de nos muscles, et les jours sans glucides, où ces derniers sont purement et simplement mis au placard. Les fameuses journées dites « carb high Â» sont réservées aux périodes d’activité physique intense. Et lors des jours de repos, hop, les glucides disparaissent des menus.

Car il faut le rappeler : les glucides (sucres, amidons) sont la principale source d’énergie de notre organisme, véritable carburant pour le cerveau, les muscles… et même le cÅ“ur. Pourtant, dans ce régime comme dans d’autres versions « low carb Â», ils sont parfois considérés comme l’ennemi à abattre.

Comment ça marche côté assiette ?

Les jours « low carb Â», pas de quartier : on supprime tout non seulement les glucides classiques, mais aussi les produits raffinés comme bonbons, gâteaux, sodas. Le menu type pour ces journées laisse la part belle :

  • aux légumes verts à index glycémique bas (épinards, brocolis, courgette, chou-fleur…)
  • aux sources de protéines comme le poulet, la dinde, le tofu, les Å“ufs ou le poisson
  • aux bonnes graisses, avec avocat, huiles végétales ou oléagineux

Sylvie Roméo, diététicienne-nutritionniste, précise que lors d’une journée sans glucides, notre corps va alors puiser dans ses réserves pour compenser le manque. Mais gare : à l’origine, cette méthode n’était destinée qu’aux sportifs de haut niveau, suivis de près par des pros de la nutrition. L’usage grand public, détourné de cet objectif, peut entraîner une perte de poids importante… mais surtout de sacrés risques pour la santé si l’on se lance seul dans l’aventure.

Pourquoi le carb cycling fait-il polémique ?

Le principal reproche est que manipuler ses apports en glucides n’est pas sans conséquence, car le corps (et surtout le cerveau) a besoin d’environ 130 grammes de glucides par jour pour tourner rond. Calculer précisément ses besoins caloriques et répartir correctement ses apports sans l’aide d’un diététicien ou d’un médecin nutritionniste relève donc du casse-tête… ou de la roulette russe. Côté dangers, citons :

  • mauvaise répartition des nutriments ;
  • augmentation du risque de troubles du comportement alimentaire ;
  • frustrations dues à la difficulté à tenir ce rythme sur le long terme ;
  • problèmes de santé potentiels dus à un régime déséquilibré.

En cause également, la tentation de suivre ce régime sous l’influence des réseaux sociaux, sans l’encadrement nécessaire. Sylvie Roméo met en garde : « Il ne faut surtout pas se lancer seul dans ce régime, qui peut être préjudiciable pour la santé Â».

Carb cycling vs régime cétogène : attention aux amalgames

Il ne faut pas confondre carb cycling et régime cétogène. Ce dernier, encore plus radical, exclut totalement les glucides au profit d’un apport massif en lipides. Mis au point à des fins médicales (notamment pour réduire les crises sévères d’épilepsie), il nécessite impérativement une surveillance médicale. En l’absence de suivi, Sylvie Roméo rappelle que c’est très déséquilibré et potentiellement dangereux.

À l’inverse, le carb cycling autorise tout de même la consommation de lipides, de protéines et, certains jours, de glucides. Mais son usage généralisé reste déconseillé, d’autant qu’il n’est pas adapté à toutes les populations :

  • femmes enceintes ou allaitantes,
  • enfants, adolescents,
  • personnes âgées,
  • personnes atteintes de pathologies chroniques.

En résumé : pour retrouver la ligne et la forme, rien ne vaut un bon rééquilibrage alimentaire personnalisé, associé à une activité physique régulière. Le carb cycling n’a sa place qu’au sein du monde sportif, sous encadrement médical, pour les athlètes qui ont des besoins très spécifiques et un suivi professionnel quotidien. Pour le commun des mortels, une consultation avec un professionnel de santé reste la meilleure solution pour adapter son alimentation… et éviter de carburer à la frustration !