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Le couple est-il la pire arnaque financière pour les femmes ?

Où file vraiment l’argent des femmes, celui qu’elles ont, et surtout, celui qu’elles n’auront jamais ? Spoiler : si vous pensez « dans le panier à linge ou la boîte à dragées du mariage », vous n’êtes pas si loin… Car une question fondamentale agite le parcours de Lucile Quillet : et si le couple était, pour les femmes, la plus grande arnaque financière ?

Quand l’amour coûte cher… surtout aux femmes

À force d’écrire sur la vie des femmes, du travail à la famille en passant par leur corps et leur argent, Lucile Quillet lève le voile sur un sujet encore tabou : quels sacrifices, surtout financiers, l’idéal du couple hétérosexuel imposerait-il aux femmes ?

Dans une démarche qui n’a rien d’un calcul d’apothicaire, elle entreprend la « grande addition » : avant, pendant et après le fameux couple, que révèle ce long relevé de comptes ?

Le poids silencieux des normes hétérosexuelles

Lucile Quillet se penche sur des sujets que l’on préfère souvent balayer sous le tapis, comme :

  • L’argent et le temps investis dans la beauté, la contraception, la séduction
  • Le mode de gestion et de répartition du budget dans les foyers
  • Les carrières professionnelles qui, bien trop souvent, freinent en pleine ascension « au nom de la famille »
  • Le travail invisible : toutes ces heures passées à entretenir le foyer, un temps altruiste, non rémunéré et rarement reconnu
  • La « gratitude » tardive, parfois bien maigre, reçue une fois la rupture consommée ou en cas de veuvage

On finit par se demander si les contes de fées n’auraient pas oublié un petit paragraphe sur l’addition finale.

Un système où les comptes ne tournent pas rond

Plus les tabous sur l’argent tombent dans ce royaume de l’amour (où l’on préfère parler de don de soi que de budget partagé), plus un constat saute aux yeux : il y a, pour les femmes, une série de calculs défavorables. La logique même de l’État s’y met, appauvrissant les femmes au lieu de les émanciper, et les maintenant dans un patriarcat qui n’a même plus besoin de se cacher.

À chaque étape de la vie affective, il subsiste ce paradoxe : bien des femmes donnent sans compter… tandis que leur portefeuille, lui, fond comme neige au soleil. Un romantisme qui les place durablement au second plan.

Le prix caché des dévotions invisibles

Et Lucile Quillet va plus loin : ce n’est pas uniquement les hommes qui auraient une dette envers les femmes. C’est la société toute entière. Elle invite à reconnaître l’ampleur de ces dévotions invisibles, ce labeur dont bénéficient bien d’autres, tout en restant rarement valorisé.

  • N’est-il pas temps, collectivement, de prendre conscience de ce prix à payer ?
  • Quels accomplissements ratons-nous, quelles émancipations laissons-nous de côté en investissant ainsi notre argent, notre temps, notre énergie dans un modèle qui semble, sur le plan matériel, défavorable aux femmes ?

En guise de conclusion – et ce n’est pas une envolée lyrique mais une question réelle : et si, au lieu de sourire à l’idéal du couple, on se demandait comment reconnaître et valoriser toutes les formes d’investissement trop longtemps passées sous silence ? À méditer, en couple ou en solo.

Lucile Quillet est journaliste indépendante et auteure du livre « Libre de prendre le pouvoir sur ma carrière » (éditions Diateino), et pose un regard affûté sur la vie et la société des femmes.