Que celui (ou celle) qui n’a jamais regretté une phrase lâchée (trop) vite à ses enfants lève la main… Pas grand monde, rassurez-vous ! Mais selon la neuroscientifique clinicienne Caroline Leaf, certaines paroles anodines peuvent laisser de vraies traces. Si l’on veut que nos enfants grandissent capables et émotionnellement intelligents (et soyons francs, qui ne le veut pas ?), il est peut-être temps de bannir quelques expressions de notre vocabulaire parental. D’après Caroline Leaf, la façon dont nous réagissons aux sentiments de nos enfants influence énormément la manière dont ils appréhendent le monde. Voici donc les cinq phrases à ne jamais prononcer, sous peine de tirer sans le vouloir sur le tapis du bien-être mental des chérubins.
Pourquoi nos paroles comptent (vraiment)
La fatigue, le stress, le quotidien qui déborde… Parfois, nos mots dépassent nos pensées. Mais ce ne sont pas de simples maladresses, selon Caroline Leaf, autrice de « Comment aider votre enfant à nettoyer son désordre mental ». Spécialiste en neuropsychologie cognitive et métacognitive, elle souligne que notre attitude face aux émotions de nos enfants influence durablement leur développement et leur équilibre. D’où l’importance de prêter attention à ce que l’on dit… surtout dans les moments de tension !
Les 5 phrases à bannir pour préserver le bien-être mental de ses enfants
- 1. Oublie ça, ce n’est rien.
En balayant d’un revers la difficulté de son enfant, on risque surtout de provoquer chez lui anxiété, colère, auto-apitoiement ou même désespoir. Selon Caroline Leaf, faute de soutien émotionnel, un enfant exposé à ces réactions peut développer des troubles de santé mentale à plus long terme. Son astuce ? Oubliez le ton accusateur et décrivez les faits. Par exemple : « Je vois que tu te sens frustré et que tu fais des choses que tu ne fais pas habituellement. Est-ce que je peux t’aider à comprendre pourquoi ? » - 2. Tu n’as pas de raison d’être en colère !
Rejeter les sentiments de son enfant, même si on ne les comprend pas, n’arrange rien. Il est préférable de garder le contact visuel et de bien respirer pour gérer ses propres émotions (avant d’envoyer tout le monde au coin, y compris soi-même). L’objectif ? Ne pas fermer la porte au dialogue. Un exemple conseillé : « J’ai besoin d’un moment pour me calmer. Faisons une petite pause et réessayons plus tard. » - 3. Arrête de pleurnicher !
Dire cela, c’est invalider les sentiments et l’expérience de son enfant, qui risque alors de culpabiliser d’avoir des émotions, ou de croire qu’il y a « un truc qui cloche » chez lui. Mieux vaut jouer la carte de la curiosité et du questionnement bienveillant. La formulation recommandée : « Cela semble dur à vivre ! Qu’est-ce que je peux faire pour t’aider ? » - 4. Arrête de pleurer.
Pleurer, c’est naturel – pour les petits comme pour les grands ! C’est même un mécanisme essentiel pour gérer l’énergie accumulée dans le corps, l’esprit et le cerveau. Pour soutenir un enfant qui pleure, détournez-le avec une activité ou une promenade, et ouvrez les bras… littéralement ! Vous pourriez lui dire : « Tu aimerais que je te prenne dans les bras pour te réconforter ? » ou « Tu aimerais faire une promenade ou une activité avec moi ? » - 5. Parce que c’est comme ça (fin de la discussion) !
Certes, tous les parents connaissent le cri du cœur « Parce que je le dis ! ». Mais selon Caroline Leaf, s’expliquer est crucial. Ne pas le faire coupe court à la curiosité des enfants et génère une belle confusion dans leur raisonnement (et voilà, un cerveau en chantier !). Ils comptent sur nous pour donner du sens au monde : justifier les interdits est donc essentiel. Par exemple : « Je refuse que tu grimpes à cet article car c’est dangereux. Tu peux tomber et te blesser. »
Des pistes concrètes pour sortir des automatismes
Apprendre à poser des mots justes n’est pas inné et chaque parent connaît ses moments de craquage express. S’accorder une pause pour respirer, privilégier la description factuelle ou proposer une activité apaisante : ces petites astuces sont aussi utiles pour le bien-être parental que pour celui de l’enfant. Derrière la frustration ou les larmes, il y a toujours une émotion, à accueillir, explorer et (parfois) consoler. La clef, selon la neuroscientifique : ouvrir le dialogue, plutôt que de le verrouiller.
Pour conclure : aucun parent n’est parfait (et c’est tant mieux)
Évidemment, personne ne coche toutes les cases du parent modèle. Mais piocher dans ces conseils de Caroline Leaf peut transformer nos « réflexes vocaux » en véritables tremplins pour la santé mentale de nos enfants. Car ces petites phrases, si habituelles, pourraient bien être les pierres d’un chemin vers plus de confiance… et un peu moins de tempêtes familiales !











