Seize ans après avoir bousculé l’Amérique avec leur incroyable arrivée, les octuplés de Natalie « Nadya » Suleman prennent la parole et font tomber les masques, portés par un désir farouche de rétablir la vérité. L’une des filles, Nariyah Suleman, livre pour la première fois un regard intime et sans détour sur une vie hors du commun, faite de sacrifices mais aussi de force et de solidarité. Entre révélations et petites piques ironiques, le clan Suleman montre que, sous les projecteurs, la tendresse et l’humour tiennent une place de choix.
Un passé sous les feux, un présent sur le devant de la scène
En 2009, Natalie « Nadya » Suleman, désormais célèbre sous le surnom d’« Octomom », attirait tous les regards après la naissance de ses huit enfants, issus de fécondations in vitro répétées. Aujourd’hui, ses octuplés sont à la veille de leurs 16 ans et s’apprêtent à livrer leur propre version des faits. Lifetime diffusera ainsi deux productions événementielles : la série documentaire « Confessions of Octomom » le 10 mars, et le film scénarisé « I Was Octomom » deux jours plus tôt.
Pour Nariyah, qui s’exprime à cœur ouvert auprès de People, ce n’est pas juste une histoire médiatique, mais une trajectoire familiale marquée par le courage d’une mère ayant, dit-elle, « sacrifié sa vie, ses amis, elle-même et sa dignité » pour que ses enfants ne manquent de rien. « Si elle peut enfin dire la vérité, je veux l’aider autant que possible, car elle nous a soutenus pendant toutes ces années », confie-t-elle, la voix emplie d’émotion et de gratitude.
Jugements, résilience et vérité rétablie
Nariyah ne cache pas le ressentiment né de l’image de sa mère véhiculée par les médias et l’opinion publique :
- Jugements hâtifs sur le choix de fonder une famille nombreuse malgré des difficultés financières
- Traitement controversé de la fécondation in vitro dont ils sont issus
- Attaques, menaces et climat de peur au tout début
Natalie se remémore ce « chaos total » et les menaces pesant sur sa famille. Elle a dû prendre des décisions rudes, comme participer à des films pour adultes ou collaborer avec des médias à sensation, pour subvenir aux besoins de ses enfants. « Je n’ai retrouvé un peu de sérénité que lorsque mes enfants ont eu quatre ans, lorsque j’ai pu échapper à l’attaque du monde extérieur et à cette haine injustifiée », avoue-t-elle.
Du côté des enfants, l’école n’a pas toujours été une bulle rassurante, loin de là : « Certains enfants jugeaient notre mère, posaient des questions déplacées, nous montraient des photos, etc. », raconte Nariyah. Mais ce climat n’a jamais altéré sa relation avec sa mère, bien au contraire : « J’ai une relation très forte avec elle, et je la défends, car ils ne savent rien d’elle. » Et, si on manie la répartie autant que la tendresse dans la famille, on sait aussi faire le tri : « Quand les autres nous critiquent, on les ignore. »
Discipline maison : quand Octomom rime avec organisation
Nariyah brosse un portrait tout en nuances d’une mère ferme mais juste : « Elle est très stricte et disciplinée, et c’est quelque chose que je respecte beaucoup chez elle. Elle est l’une des personnes les plus disciplinées que j’aie jamais rencontrées. » Pour Natalie, appliquer la discipline a été un long chemin : « Avec mes six aînés, je n’ai pas réussi à appliquer ce que j’avais appris à l’université, je n’ai fait qu’élever mes enfants. Maintenant… je mets en place une combinaison d’amour inconditionnel et de discipline. » Pas question de céder à l’anarchie, même dans une maison où la fratrie frôle la taille… d’une équipe de foot.
Aujourd’hui, les octuplés sont scolarisés à domicile et vivent dans une dynamique de groupe très soudée. Pour Nariyah, c’est à la fois « une bonne et une mauvaise chose », lâche-t-elle, rieuse : « J’ai toujours quelqu’un à qui parler, et je ne suis jamais seule. Mais c’est très amusant et très vivant, et je suis heureuse. »
En matière d’éducation, Natalie prône la responsabilisation progressive :
- Des tâches adaptées à l’âge de chacun
- L’apprentissage de l’aide et du service d’abord à la maison, puis en société
- L’importance de la confiance et de l’estime de soi
Elle conclut : « Tous les enfants ont besoin de responsabilités pour se donner un but, se sentir en confiance et augmenter leur estime de soi. »
Éclairage final : une histoire de courage et d’unité
Au fil des ans, malgré les jugements, les épreuves et même l’absurdité de certaines critiques, ce clan pas comme les autres a su tisser des liens indéfectibles. Les Suleman incarnent la résilience et rappellent avec force qu’on peut être à la fois l’objet du scandale du siècle… et l’exemple d’une famille qui avance, ensemble, quoi qu’il arrive. Entre amour, discipline et auto-dérision, les octuplés d’Octomom réécrivent leur histoire, prouvant, une bonne fois pour toutes, que rien ne vaut la vérité partagée en famille.











