Un enfant en colère, un parent désemparé… et voilà le cocktail explosif du quotidien ! Si votre réflexe est de dégainer l’une de ces cinq petites phrases qui semblent pleines de bon sens, attention : une psychologue tire précisément la sonnette d’alarme. Zoom sur ces formules à bannir quand la tempête éclate à la maison.
Pourquoi certaines phrases, aussi anodines soient-elles, aggravent la colère ?
Chaque parent a son style de gestion de crise, avouons-le. Mais selon Jazmine McCoy, psychologue spécialiste du conseil parental interrogée dans un article de Your Tango, il existe certains écueils verbaux à éviter impérativement face à un enfant hors de lui. La raison ? Ces phrases, souvent prononcées mécaniquement, risquent d’intensifier la frustration plutôt que de l’apaiser.
Les cinq phrases à éviter absolument selon la psychologue Jazmine McCoy
- « Respire et calme toi » : C’est un classique du genre. Pourtant, l’experte, rejointe sur ce point par le Child Mind Institute, rappelle que « personne n’aime se sentir contrôlé, surtout lorsqu’il éprouve déjà une émotion intense ». Ordonner à un enfant de se composer sur-commande, c’est s’attendre à ce qu’il maîtrise ses nerfs comme un adulte. Mauvaise pioche, car son cerveau n’en est tout simplement pas encore capable !
- « Qu’est-ce qui ne va pas chez toi ? » : Derrière cette question (plus accusatrice que curieuse, on l’avoue…), se cachent des effets indésirables : malaise, honte, déconnexion, et montée sur la défensive. Jazmine McCoy privilégie une alternative : s’enquérir tout simplement de la raison de la colère. Cela laisse à l’enfant le temps de digérer ses émotions… et de garder un minimum de contrôle sur la situation.
- « Ta réaction est excessive » : En pleine crise, rien de tel pour attiser les flammes ! À vouloir réajuster la perception de l’enfant sur le moment, on ne fait souvent qu’accentuer ce qu’il ressent. Selon la psychologue, essayer de corriger sa réponse n’est pas ce dont il a réellement besoin à cet instant.
- « Si tu continues, tu seras privé de dessert ce soir » : La punition au débotté, sous l’effet de la colère parentale, n’a jamais fait ses preuves. Jazmine McCoy rappelle que les récompenses ou leurs retraits fonctionnent seulement si elles sont anticipées, expliquées à l’avance, et surtout adaptées à l’âge et à la maturité de l’enfant. Inutile donc de menacer quand la tension est déjà à son comble…
- « Regarde le bon côté des choses » : Positivité toxique, vous dites ? Si cette phrase pourrait sembler pleine de bonnes intentions, elle est surtout vécue comme dédaigneuse et profondément agaçante par un enfant en plein bouleversement. Selon la psychologue, il faut garder en tête qu’à cet instant, c’est le cerveau émotionnel de l’enfant qui dirige la manœuvre… vouloir raisonner, c’est courir à l’échec !
Le cerveau émotionnel, ce grand chef d’orchestre des colères enfantines
Les conseils de la psychologue sont limpides : face à la colère, la logique parentale doit se mettre temporairement en veilleuse. Au lieu de réagir avec ces phrases « réflexe », il s’agit de laisser l’enfant aller au bout de son émotion, sans lui donner l’impression d’être jugé, contrôlé ou ridiculisé. Après tout, le cerveau émotionnel prend le dessus, et toute tentative de rationaliser n’a que peu d’effet. Reste à faire preuve de patience – avec un soupçon d’humour intérieur si possible !
Faut-il alors rester muet quand la colère gronde ?
On aurait tort de croire qu’il faut tout accepter sans mot dire. Mais, avant toute réaction, prendre un peu de recul permet d’éviter la surenchère émotionnelle. Il ne s’agit pas de laisser l’enfant tout casser ou hurler sans limite, mais de l’accompagner avec bienveillance. Selon Jazmine McCoy, c’est en permettant à l’enfant d’exprimer ce qu’il ressent, sans lui asséner ces phrases à bannir, qu’on favorise la restauration du calme… à long terme.
En conclusion : La prochaine fois que vous voyez monter la tempête sous la petite casquette de votre progéniture, savourez une grande inspiration (pour vous !), esquivez ces cinq formules piégées, et misez sur l’écoute. Parfois, c’est déjà beaucoup – et sacrément efficace pour désamorcer la furie familiale !











