Vous pensiez que votre enfant était un petit génie capable d’une maîtrise émotionnelle à la Confucius dès la maternelle ? Rassurez-vous (ou pas), même si ses colères peuvent faire trembler les murs et que ses réactions vous laissent parfois sans voix, il est tout simplement… normal. La raison ? Son cerveau est loin d’être prêt à maîtriser certaines compétences, comme l’explique la thérapeute pour enfants Deena Margolin. Voici la réalité, toute crue (et parfois drôle), des limites de nos adorables tout-petits.
Le cerveau des enfants : un chantier en pleine effervescence
Selon les spécialistes, le cerveau humain atteint sa maturité aux alentours de 25 ans. Oui, vingt-cinq ! Autant dire que les enfants – qu’ils soient en culottes courtes ou ados à capuche – évoluent au sein de cette immense zone de travaux publics qu’est le cerveau en développement. De nombreuses compétences que les adultes prennent pour acquises sont, physiologiquement parlant, tout simplement hors de portée pour eux.
Le cerveau de nos tout-petits est donc en pleine construction. Ce n’est pas pour rien qu’on les retrouve à crier, hurler ou s’agiter par terre à la moindre contrariété. Selon Deena Margolin, les compétences d’adaptation – comme la capacité à s’autoréguler ou se calmer – ne vont pas de soi chez les enfants : il appartient aux parents de les leur enseigner, avec la patience zen d’un moine tibétain… et beaucoup de répétition. Mais de quoi parle-t-on précisément ?
Voici les cinq compétences qui échappent (encore) à votre enfant
La thérapeute Deena Margolin a identifié cinq compétences dont l’acquisition dépasse purement et simplement les capacités actuelles des tout-petits :
- L’autorégulation : Le cerveau des enfants, surtout des tout-petits, ne sait pas encore bien s’auto-apaiser. Pleurer est leur moyen d’expression principal. Et contrairement à une idée reçue, les larmes leur font du bien. Selon Deena Margolin, il vaut mieux les laisser couler que de chercher à les étouffer.
- Comprendre la logique des conséquences différées : Pour les tout-petits, la notion de délai est une utopie. Pourquoi ne pas avoir tout, tout de suite ? Et surtout, pourquoi le fait d’avoir frappé son frère au petit-déjeuner l’empêcherait-il de savourer une glace dix heures plus tard ? Pour eux, seules les conséquences immédiates sont compréhensibles. En matière de discipline, il est donc crucial d’associer la conséquence à l’acte sur-le-champ.
- Le contrôle des pulsions : Non, il n’est pas naturel chez les tout-petits. Votre mission, si vous l’acceptez, sera donc de leur apprendre à exprimer leurs impulsions de manière sécurisée. Ce qui implique de définir ce qui est permis (par exemple : sauter sur le tapis de jeu et non sur le canapé).
- La pensée rationnelle : Le cerveau des petits n’a pas encore construit les zones responsables de la rationalité. Ainsi, quand le crayon n’est pas du bon violet ou que la banane a été pelée de travers, la réaction émotionnelle est authentique – même si, du point de vue parental, elle paraît légèrement… disproportionnée.
- L’expression verbale des émotions : Les tout-petits ne disposent pas encore d’outils linguistiques solides pour dire ce qu’ils ressentent. C’est pourquoi ils passent facilement par des démonstrations physiques : agitation, pleurs, voire effondrement au sol, au grand dam (et parfois au grand spectacle) des adultes autour.
Enseigner la patience… et s’en armer soi-même !
Soyons honnêtes : accompagner un cerveau en construction, ça ressemble un peu à aider un architecte à finir un puzzle de 10 000 pièces avec quelques morceaux introuvables. La clé, selon Deena Margolin, consiste à enseigner activement ces compétences. Cela demande – surprise ! – du temps, de la patience, et une sacrée dose de répétition.
Pas question de s’attendre à des miracles instantanés ou à une croissance accélérée façon haricot magique. Les colères au supermarché, les pleurs lors des trajets en voiture parce que la chanson préférée est terminée, et les grands questionnements existentiels sur la banane “mal pelée”, tout cela fait partie du processus.
En conclusion, votre enfant ne « manque pas de volonté », il ne manque pas de maturité cérébrale, tout simplement. Face à ses tempêtes émotionnelles, respirez un grand coup, adoptez la répétition bienveillante… et, pourquoi pas, un brin d’autodérision.











