Parents, prenez une grande inspiration (ou une tasse de café) : ce qui suit va peut-être révolutionner votre façon de voir vos enfants ! Qui n’a jamais douté de ses capacités parentales ? Qui ne s’est jamais interrogé sur le « normal » chez l’enfant ? Mais attention, certaines attentes que nous avons vis-à -vis de nos petits sont tout simplement… irréalistes ! Rachel Rogers, maman et experte de la parentalité, met justement en lumière cinq de ces attentes qui pèsent parfois un peu trop tôt sur les épaules des enfants. Préparez-vous à relativiser (et à déculpabiliser !).
Les cinq attentes irréalistes : décryptage parental
- Collaborer et jouer ensemble dès le berceau
- Maîtriser les tempêtes émotionnelles comme un moine zen
- S’apaiser et gérer ses émotions tout seul
- Avoir des raisonnements logiques (comme un mini-Newton)
- Faire preuve d’une empathie naturelle dès le plus jeune âge
Des jeux ensemble ? Pas tout de suite…
L’une des grandes illusions parentales consiste à attendre de nos bout’chou qu’ils collaborent ou partagent dans le jeu dès leurs premiers pas. Or, comme l’explique Rachel Rogers, « les enfants d’un an sont dans la phase de jeu avec des personnes pour les regarder », tandis que les enfants de deux ans pratiquent surtout le « jeu en parallèle », c’est-à -dire qu’ils jouent à côté d’autres enfants, mais chacun dans sa bulle. Oubliez l’idée de voir les enfants de cet âge construire une tour ensemble avec les Kaplas. La véritable collaboration ne commence généralement qu’aux alentours de 3 ou 4 ans, lorsque le « jeu en association » apparaît et que partager devient (un peu) plus naturel. Si votre tout-petit préfère observer ou jouer côte à côte, rien de plus… normal !
Les émotions : volcan en activité
Qui n’a jamais rêvé que son enfant gère ses colères et ses chagrins… comme par magie ? Mauvaise nouvelle pour les fans de solutions express : la régulation émotionnelle est le fruit d’un long apprentissage. Avant d’avoir traversé « des années durant lesquelles les émotions paraissent être de véritables tempêtes », l’enfant ne maîtrise tout simplement pas cette compétence. L’experte va même plus loin : « cette compétence n’est pas complètement développée dans le cerveau avant que l’enfant n’atteigne la mi-vingtaine ». Autant dire que votre ado (et même votre jeune adulte) aura encore quelques bouleversements émotionnels en stock. Jusqu’à 8 ans, la gestion émotionnelle en solo est quasi mission impossible. L’enfant « a besoin d’une co-régulation », d’un adulte calme qui l’aide à traverser ses tempêtes. Oublier ce soutien, c’est freiner son développement affectif. Zen, soyons zen… mais ensemble !
Raisonnement, logique et empathie : patience…
Devant un bêtisier d’enfant, qui n’a pas tenté le fameux : « Pourquoi as-tu fait ça ? » Le verdict de Rachel Rogers est catégorique : « Je ne sais pas »… et c’est vrai ! Un enfant de 4 ans n’agit pas selon un raisonnement logique et construit, mais bien par impulsion et émotion. Le cerveau, en particulier le lobe frontal chargé du raisonnement, poursuit sa maturation jusque vers 25 ans ! Inutile donc d’insister pour obtenir une explication rationnelle — elle n’existe pas encore dans sa boîte à outils cérébrale.
Et l’empathie ? Elle aussi demande du temps. Avant l’âge de 12 ans, un enfant ne réfléchit pas spontanément à ce que ressentent les autres. Prendre en compte l’émotion d’autrui réclame un effort parfois surhumain pour leur jeune âge. La vraie empathie, celle qui surgit naturellement, sera le fruit de plusieurs années de maturation. Les parents peuvent souffler : nul besoin d’attendre de votre bambin qu’il joue déjà le rôle de conseiller conjugal ou de médiateur familial !
Conclusion : des attentes à ajuster, pour lâcher prise
Ce tour d’horizon signé Rachel Rogers invite chaque parent à observer son enfant avec douceur et réalisme. Certaines aptitudes, qu’on voudrait tant voir s’installer tôt — partage, maîtrise émotionnelle, logique ou empathie — ne s’acquièrent que bien plus tard qu’on ne le croit… Parfois même plusieurs décennies sont nécessaires ! La prochaine fois que vous posez un regard exigeant sur votre petit, demandez-vous : est-ce vraiment raisonnable ? Et n’oubliez pas, accompagner son enfant dans sa bulle, au cœur de ses tempêtes et de son évolution, c’est déjà une très grande preuve d’amour (et de sagesse parentale) !











