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Peut-on vraiment donner n’importe quel prénom à son enfant ? L’avertissement qui secoue les parents

Dans un monde où l’originalité est reine, la quête du prénom unique peut vite friser le casse-tête, ou se transformer en festival d’excentricités qui laisse tout le monde… pantois. Mais où s’arrête la créativité parentale, et où commencent les embûches (voire les fous rires) ? Entre pluie de réactions, polémiques en ligne et démarches administratives, petit plongeon dans le bain bouillonnant des choix de prénoms.

La foire à l’originalité : quand nommer rime avec étonner

À l’heure où chaque parent rêve de faire de son enfant une perle rare, certains rivalisent d’imagination. Oui, il existe vraiment un McFlurry… né dans un parking de fast-food sous la neige, rendant hommage à une entrée fracassante dans le monde. Tandis qu’à Paris, un bébé baptisé Périphérique rappelle à jamais que sa venue s’est jouée sur l’artère la plus célèbre de la capitale. Certains prénoms, comme Pheart, n’ont pas manqué de faire lever les sourcils, et surtout, de déclencher une tempête de réactions en ligne.

La créativité ne connaît pas de frontière :

  • Au Chili, des supporters de l’équipe de France poussent la passion jusqu’à nommer leur fils Griezmann Mbappé.
  • Outre-Atlantique, aux États-Unis, les jumelles Soupline et Cajoline tirent leur identité directement des adoucissants de lessive (cocasse ou poétique, à vous de juger).

Mais si certains applaudissent, d’autres tempèrent. Car une créativité sans limites peut parfois provoquer plus de gêne que d’admiration…

Quand le choix tourne au vinaigre : la saga de Rager

Le cas de cette jeune maman, qui souhaitait offrir à son fils un prénom vraiment singulier, illustre les débats enfiévrés que peut susciter la simple publication d’une liste de prénoms en ligne. Ender, King, Tekklin et surtout… Rager, ont provoqué une pluie de commentaires. Le prénom « Rager » a particulièrement affolé la toile, et pas qu’un peu.

Petit détail piquant : en Écosse, « rager » désigne sans ambages… l’érection. Voilà qui complique la vie d’un enfant dès sa naissance. Amusés ou interloqués, les internautes n’ont pas tardé à pointer le double sens gênant, pronostiquant des lendemains difficiles pour le principal intéressé. Pour l’un, c’est simple : « Si vous appelez votre bébé Rager, il a tous les droits et toutes les raisons de faire de votre vie un enfer pendant les 30 prochaines années. » Ambiance. D’autres, plus sérieux, ont imploré la future mère de revoir sa copie, selon The Sun.

Tous les prénoms de la liste n’ont pas connu le même sort. Khalil et Lucian ont été plutôt bien accueillis. Mais Princeton, et surtout Rager, ont mis le feu aux poudres. « Princeton, ça passe, mais il faut SORTIR Rager d’ici, » a tancé un commentateur. Et un autre, pas vraiment diplomate : « Il va probablement te détester aussi. C’est comme ça. » Pas de quartier.

Changer de prénom : mode d’emploi (et désillusions possibles)

Devant tant de créativité parentale, certains cherchent plus tard à reprendre la main sur leur identité. En France, chaque année, nombre de personnes s’engagent dans une démarche de changement de prénom ou de nom. Formalités en mairie, aucune somme à débourser : il suffit de se rendre dans la mairie de naissance ou de résidence. Pour le prénom, remise en main propre obligatoire ; pour le nom, l’envoi par courrier est possible.

Les autorités ont facilité la procédure avec la circulaire de 2017 pour le prénom, et la loi Vignal (en vigueur depuis juillet 2022) pour le nom de famille.

  • Les demandes doivent répondre à un intérêt légitime : l’envie de changement « juste parce que » ne suffit pas.
  • Amandine Compaoré, responsable du service vie administrative et citoyenne de Quimper, rappelle à Ouest-France : « les changements pour convenance personnelle ne sont pas acceptés ».
  • Majoritairement, il s’agit d’aligner l’acte de naissance avec un prénom d’usage différent.

Preuves exigées : documents d’état civil, attestations de proches, cartes anciennes… Et si la motivation est de franciser un prénom, ou de supprimer un prénom embarrassant, les services examinent le dossier. Depuis 2019, les demandes liées à la transidentité sont aussi en hausse.

Attention toutefois : sans intérêt légitime reconnu, la requête part chez le procureur, et en cas d’opposition, rendez-vous devant le juge aux affaires familiales (on enlève les gants).

Folie douce ou course risquée ?

À l’heure de choisir le prénom d’un enfant, chaque parent mène une aventure singulière — et parfois risquée. Si la créativité a ses lettres de noblesse, un rappel s’impose : originalité et embarras ne font pas toujours bon ménage. Alors, futur McFlurry, Griezmann Mbappé ou Cajoline ? Un conseil : pensez à la cour de récré… et à l’administration !