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Pourquoi aller chez un psy n’a jamais été aussi populaire, selon les nouvelles générations

Hier encore considéré comme un sujet tabou, consulter un psy est désormais un geste aussi banal que de commander ses courses en ligne. Mais pourquoi ce mouvement massif vers le divan, surtout chez les plus jeunes ? Plongée sans filtre dans une révolution silencieuse, mais ô combien vivante, menée tambour battant par les nouvelles générations.

La psychanalyse : du tabou à la quasi-norme

Il fut un temps – pas si lointain – où aller raconter sa vie à un psy relevait presque de l’acte clandestin. Aujourd’hui, après la pandémie, ça relève plutôt du passage obligé, surtout si vous avez moins de 25 ans et une certaine dextérité à réserver sur Doctolib. Le chiffre parle de lui-même : les consultations pour les 18-24 ans ont bondi de moitié après la crise sanitaire du Covid. Oui, les jeunes ne sont plus seulement la relève sur TikTok, ils sont aussi les nouveaux visages des cabinets de psy.

Mais pourquoi ce raz-de-marée ? Certainement parce que, désormais, c’est devenu beaucoup plus accepté, presque tendance, à mille lieues des regards lourds d’autrefois. Attention cependant, la profession demeure méconnue, voire mal aimée, agrémentée de fantasmes en tout genre et frappée d’idées reçues coriaces. Tant pis pour les mauvaises langues !

Les psys, bien loin des clichés… et pleines de dévouement

Si vous imaginez encore le psy mutique, planqué derrière ses lunettes, griffonnant un carnet pendant que vous vous liquéfiez sur le divan, il est peut-être temps d’actualiser vos références. Cinq femmes psychologues ont ouvert les portes de leur cabinet et, surprise, loin des clichés du psy qui écoute sans entendre, elles montrent un sens du dévouement total. « Réparer les vivants Â», pour reprendre la belle formule de Maylis de Kerangal, n’a rien d’une sinécure.

Chez ces professionnelles, on retrouve :

  • Un besoin viscéral de s’orienter vers le soin ;
  • Un engagement profond ;
  • La capacité à lire les tendances actuelles mieux que personne.

D’ailleurs, c’est bien connu : « Ce que l’on dit dans le cabinet d’un psy, parce qu’il est le lieu de l’intime, est le vrai miroir des tendances… Â» Tout est dit.

Un miroir de société, sous toutes ses facettes

Qui va chez le psy aujourd’hui ? Plus de monde qu’on le pense, et surtout, les sujets ne varient pas tant selon le genre ou l’adresse postale. Qu’on soit homme ou femme, citadin saturé ou rural tranquille, les discussions devant le thérapeute se ressemblent plus qu’on ne l’imagine. Deux professionnelles en témoignent avec beaucoup de justesse : les tendances et les tracas sont désormais transversaux.

Dans ce grand théâtre de l’intime, tout est sujet à réflexion : même votre tenue vestimentaire du jour n’échappe pas à l’analyse. Témoignages à l’appui, il semblerait que le débardeur bariolé ou la chemise boutonnée jusqu’au col puissent nourrir l’imagination du psy, ou du moins l’éclairer sur ce que vous choisissez de révéler (ou de masquer) ce jour-là.

Du couple Netflix aux nouvelles familles : tout (ou presque) passe sur le divan

Loin de la scène un peu vintage où les couples se mettaient à deux devant une télévision à six chaînes, aujourd’hui, on se retrouve… devant Netflix ! (Ou, plus souvent, chacun devant son écran, mais ça, c’est une autre histoire de génération). Alors, de l’amour bien fait, capable de procurer une satisfaction inégalée, aux hésitations d’amitié amoureuse : tout, absolument tout, se discute chez le psy.

Les familles recomposées, elles aussi, viennent chercher des clés pour « trouver sa place Â», comme le conseille une autre psychologue qui s’est penchée sur ces nouvelles tribus à l’heure de Noël. Et, dans ce monde chahuté par les crises, prendre un temps pour soi afin de mettre des mots sur ses émotions n’a jamais été aussi précieux. Une psychologue, bientôt autrice de L’Écriture qui guérit, Traumatismes de guerre et littérature, rappelle ce besoin vital d’exprimer et de dépasser les tempêtes intérieures.

En conclusion : consulter un psy, aujourd’hui, c’est plus qu’un effet de mode. C’est un signe d’écoute de soi, un pas vers plus d’équilibre. Alors la prochaine fois qu’on vous dit « Tu devrais en parler à quelqu’un Â», dites-vous que vous vivez tout simplement avec votre temps – et ça, aucune technologie ne pourra en rivaliser.