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Pourquoi de plus en plus de grands-parents refusent d’être appelés Papi ou Mamie ?

Oubliez les tricots, les tasses à fleurs et le stéréotype du couple de retraités qui se partage un fauteuil devant la cheminée. Les « papi » et « mamie » d’aujourd’hui ont troqué le plaid contre les baskets, l’atelier poterie contre les voyages en minivan, et même leur célèbre surnom… Mais pourquoi voient-ils rouge dès qu’on les appelle « papi » ou « mamie » ?

Des grands-parents nouvelle génération : plus actifs, plus jeunes d’esprit

Finie, l’image du grand-parent paisible racontant une histoire devant l’âtre. Aujourd’hui, les grands-parents sont souvent actifs, parfois encore en activité professionnelle, et n’entendent pas qu’on les range trop vite dans la catégorie “retraité pépère”. Les familles évoluent et l’espérance de vie augmente : à l’âge où, enfin, l’on peut penser à soi et s’accorder un peu de liberté, il est compréhensible que certains se rebellent contre le titre de « papi » ou « mamie », jugé trop réducteur.

Le besoin de se distinguer : être grand-parent, oui, mais pas comme avant !

De plus en plus de grands-parents souhaitent se démarquer en optant pour des surnoms moins traditionnels. “Les grands-parents sont beaucoup plus jeunes d’esprit et plus indépendants qu’avant, ils n’adoptent pas la même posture que leurs propres parents”, analyse la psychologue Catherine Pierrat. Selon elle, il ne s’agit pas seulement de faire preuve d’originalité. Pour beaucoup, c’est aussi une façon de ne pas associer leur identité à la vieillesse – car, avouons-le, “pépé”, “mémé”, ou même “grand-père” évoquent souvent les rides, la canne et la naphtaline. Or, ce n’est pas facile à avaler pour certains, surtout ceux qui se sentent encore jeunes… ou qui le sont vraiment !

On observe également un phénomène grandissant : certains n’hésitent plus à se faire appeler simplement par leur prénom. Si ce choix peut surprendre, il mérite d’être respecté. Comme le rappelle la psychologue, il ne s’agit pas d’un désinvestissement émotionnel : dans les années passées, certains parents avaient aussi pris cette habitude sans que cela nuise à l’attachement familial.

Communiquer, négocier, trouver son petit nom

Le choix du surnom peut provoquer des discussions. La clé, selon Catherine Pierrat, est d’être honnête et clair auprès des parents de l’enfant. Expliquer calmement ce qui motive votre envie d’un autre surnom facilite la compréhension, sans pour autant tomber dans la justification excessive. Elle insiste : « C’est aux enfants de respecter ce choix, même s’il peut déconcerter. »

  • Proposer deux options peut apaiser les débats. Louise, futur grand-mère, a, par exemple, suggéré à sa fille deux surnoms : « grand-mère » (qu’elle aimait beaucoup) et « Nanie », surnom plus doux qui était déjà le sien dans l’enfance. Le verdict familial fut unanime pour « Nanie », jugé mignon et moins guindé.
  • En règle générale, mieux vaut chercher un terrain d’entente que d’imposer un nom rejeté. Le risque ? Installer une petite tension familiale dès le début de l’aventure grand-parentale – tout à fait évitable, rappelons-le !

D’ailleurs, il se peut que les surnoms classiques ne plaisent pas à tout le monde : certains les jugeront trop mièvres, d’autres trop austères. Comme Mathilde, la fille de Louise, qui trouvait « grand-mère » froid et raide. Mais d’un commun accord, le compromis a été trouvé : tout le monde s’est vite attaché à « Nanie » !

La créativité (et les bévues) des petits-enfants : le petit nom se fait une place tout seul !

Si vous souhaitez vous singulariser, rien ne vous interdit de mixer votre prénom avec « papi » ou « mamie » : pourquoi ne pas essayer « papicolas » (pour les Nicolas) ou « mamiris » (pour les Iris) ? Mais, à la fin, selon Catherine Pierrat, tout ce beau débat pourrait être bousculé… par le choix des principaux intéressés : les petits-enfants eux-mêmes !

  • La pratique montre que les enfants finissent souvent par inventer (ou déformer) un surnom en fonction d’un souvenir, d’une habitude familiale ou même d’une erreur de prononciation qui devient adorable à force d’être répétée. Ainsi « Mamie cerise », pour celle qui propose toujours des glaces à la cerise, ou « papi blond » (le seul blond de la tribu), sont autant de preuves que la spontanéité des petits l’emporte parfois sur toutes les stratégies adultes !
  • Parfois, une simple erreur de langage s’installe : les parents disent « on va chez Papili », l’enfant répète « Palili »… et voilà un nouveau sobriquet familial qui naît et qui attendrit tout le monde.

Conclusion : Changer de surnom, ce n’est pas rejeter le rôle de grand-parent, c’est le réinventer ! La meilleure astuce ? Oser affirmer ses préférences sans braquer, et surtout, laisser une place à la magie de la spontanéité enfantine. Car, entre “palili”, “nanie” ou “papi blond”, le plus beau surnom, c’est celui qui fait sourire toute la famille !