Pourquoi les grands-mères sont-elles plus connectées à leurs petits-enfants ? La science a tranché
Chacun a déjà remarqué combien les grands-mères peuvent être gaga de leurs petits-enfants, parfois encore plus que de leur propre progéniture adulte. Vous pensiez qu’il s’agissait juste d’un cliché, d’une façon bienveillante de mettre de l’ambiance aux réunions de famille ? Plot twist : c’est de la science. Une récente étude apporte des réponses passionnantes (et surprenantes) à ce phénomène universel.
Des liens intergénérationnels qui intriguent la science
Toutes les familles connaissent cette scène : à l’arrivée des petits-enfants, Mamie bondit du canapé, toute dévouée, alors qu’un appel de son enfant adulte pourrait bien finir sur répondeur… Pourquoi tant d’enthousiasme pour la génération suivante ? La réponse se trouve désormais dans les résultats d’une étude menée par James Rilling, anthropologue à l’université Emory d’Atlanta, et publiée le 17 novembre 2021 dans la prestigieuse revue The Royal Society Publishing à Londres. L’information a même été relayée par le journal britannique The Guardian, preuve que ce n’est pas seulement votre famille qui se pose la question.
Une expérience grandeur nature (ou plutôt “grande-mère” nature)
Pour percer ce mystère, l’équipe de James Rilling n’a pas fait les choses à moitié : 50 femmes, toutes mamies et ayant au moins un petit-enfant biologique âgé de 3 à 12 ans, ont passé au crible les projecteurs (et l’IRM). Le protocole ? Observer leur cerveau pendant qu’elles regardaient différentes photos : celles de leur petit-enfant, celles des parents de l’enfant, et (pour le contraste) des portraits d’inconnus, adultes ou enfants. On ne rigole pas avec la méthode scientifique !
Verdict : face à la bouille de leur petit-enfant, les zones cérébrales associées à l’empathie émotionnelle s’illuminent comme un sapin de Noël. En revanche, devant les visages de leurs propres enfants adultes, ce sont plutôt les aires liées à l’empathie cognitive qui prennent le relais. L’empathie cognitive, pour rappel, c’est, comme l’explique James Rilling, « la capacité à comprendre ce que ressent une autre personne et pourquoi ». L’empathie émotionnelle, elle, va plus loin : « elle permet de ressentir les émotions d’une autre personne ».
La clé : le pouvoir des émotions et… de la mignonnerie
Ainsi, pour résumer, votre grand-mère n’est pas seulement connectée à vous parce que vous lui dites “je t’aime” dans un dessin gribouillé. Son cerveau vibre littéralement à l’unisson de vos émotions ! Quand son petit-enfant sourit, la grand-mère ressent cette joie en elle-même ; s’il pleure, elle ressent sa peine, sa détresse.
Les scientifiques soulignent que ce super-pouvoir de connexion émotionnelle ne s’applique (hélas pour les enfants devenus adultes) qu’aux petits-enfants. Mais pourquoi ce « switch » avec l’âge ? La réponse, d’après les chercheurs, réside dans la « mignonnerie » naturelle de l’enfance. Les chercheurs estiment même que les jeunes enfants ont probablement développé des traits spécifiques « pour manipuler non seulement le cerveau de leur mère, mais aussi celui de leurs grands-mères ». Oui, les enfants seraient équipés d’un redoutable atout “coup de cœur” pour attendrir les générations précédentes… Tandis qu’à l’âge adulte, ce charme n’opère plus vraiment.
L’étude suggère aussi que, lorsqu’ils étaient jeunes, les propres enfants de ces mamies bénéficiaient de la même connexion émotionnelle. Simplement, avec le temps et l’évolution, c’est le cerveau cognitif qui prend l’ascendant sur l’échelle de l’empathie parentale vers l’enfant adulte.
Et pour les grands-pères alors ?
Voilà donc l’explication scientifique au fameux élan de tendresse (et d’impatience !) des grands-mères à l’égard de leurs petits-enfants. Ceux qui s’étonnent que Mamie saute de joie à l’idée d’un baby-sitting alors qu’un apéro avec ses enfants se programme sur trois semaines ont désormais un argument tout trouvé.
Mais une question subsiste pour clore ce mystère intergénérationnel : les papis sont-ils logés à la même enseigne ? Suspense ! Pour l’instant, personne ne s’est encore penché sur le cerveau des grands-pères avec la même rigueur scientifique. Mais patience : James Rilling promet qu’il va, lui aussi, “brainstormer” sur le sujet.
Conclusion : Quand la science explique l’attendrissement de Mamie
La prochaine fois que vous verrez votre mère courir vers vos enfants, sachez que ce n’est pas de la préférence, ni un caprice de la vieillesse, mais une histoire de synapses, d’empathie et de puissants signaux émotionnels… En attendant les résultats côté grands-pères, ne boudons pas notre plaisir : offrez à vos mamies un sourire radieux, c’est scientifiquement prouvé, elles le ressentiront jusqu’au fond du cœur !











