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Pourquoi se faire des amis devient un vrai défi en vieillissant : les raisons qui expliquent cette solitude grandissante selon une psychologue

Pourquoi, en vieillissant, les amitiés semblent-elles aussi rares qu’un ticket gagnant de loterie ? S’il vous est déjà arrivé de regarder votre carnet d’adresses et de vous dire qu’il manque singulièrement de nouveaux venus, rassurez-vous : selon la psychologue Kaytee Gillis, ce n’est pas uniquement une question de charme personnel ou de mauvaise foi. C’est, bien souvent, une réalité partagée, et elle est étayée par la recherche. Décryptons ensemble ce phénomène, qui touche plus d’un adulte sur deux… et fait grimacer nos calendriers sociaux déjà trop vides !

De l’enfance à l’âge adulte : la métamorphose de nos cercles sociaux

À l’école, il suffisait de partager un ballon ou une mauvaise note pour qu’une grande histoire d’amitié commence. Les journées s’enchaînaient, jalonnées de jeux, de confidences, de disputes, puis de réconciliations dans la cour de récré. Ces rencontres étaient facilitées par la proximité et la constance : des heures passées chaque jour, dans le même environnement, à partager des activités, des joies comme des peines. Rien d’étonnant, donc, à ce que les enfants tissent des liens profonds et solides.

Mais voilà, les années passent, et nos cercles sociaux — comme nos pantalons d’enfance — rétrécissent. À l’âge adulte, si l’on retrouve un contexte d’interactions au travail, celui-ci est bien moins propice à la camaraderie spontanée. Les relations sont plus encadrées, limitées, et chacun semble avancer dans sa bulle, entre obligations et café (souvent tiède !).

Les responsabilités : des gardiennes qui filtrent nos contacts

Grandir, c’est aussi collectionner les responsabilités, comme on le ferait avec des magnets sur un frigo : boulot, famille, engagements personnels… La liste s’allonge, la liberté se restreint. Selon Kaytee Gillis, à l’âge adulte, les contraintes professionnelles, familiales et personnelles occupent tant d’espace qu’il ne reste que peu de temps ou d’énergie pour socialiser. Contrairement à l’enfance, où le temps libre pulse au rythme des récrés, les adultes s’essoufflent à dégager un créneau entre deux réunions, un rendez-vous chez le dentiste ou la préparation du dîner.

En résumé, la sociabilité n’est plus intégrée au quotidien : elle doit être programmée, organisée, négociée. Et souvent, avouons-le, déprogrammée faute de batterie sociale.

Des critères toujours plus sélectifs avec l’âge : quand bien choisir rime avec solitude

Autre phénomène qui corse l’affaire : avec les années, nos exigences évoluent et se durcissent. Plus question de lier amitié à la va-vite ! La psychologue observe que cette sélectivité accrue complique la recherche de nouvelles connexions profondes. Chercher des personnes avec lesquelles on se sent véritablement connecté devient difficile, ce qui peut générer isolement et solitude.

Voici ce qui se joue :

  • Attentes accrues envers les nouveaux venus dans notre vie
  • Moins d’ouverture aux perspectives ou habitudes différentes
  • Réticence à sortir de sa zone de confort pour rencontrer l’inconnu social

À mesure que nous vieillissons, nous pouvons également devenir plus figés dans nos habitudes et peu enclins aux nouvelles expériences. Cette prudence, explique Kaytee Gillis, trouve souvent racine dans des déceptions ou trahisons passées, que l’on préfère ne pas revivre. Résultat : des bâtons dans les roues de nos potentiels élans amicaux.

La solitude des adultes : une tendance lourde… mais pas une fatalité

La recherche rappelle que la solitude est une préoccupation majeure chez les personnes âgées, qui espèrent tisser ou préserver leurs liens sociaux, mais se heurtent à bien des obstacles. Face à ce constat, l’honnêteté vibrante de la psychologue Kaytee Gillis résonne : oui, se faire des amis en vieillissant est complexe, mais comprendre les raisons derrière cette solitude grandissante est déjà, en soi, une première étape pour la briser.

Et si, la prochaine fois que vous refusez une invitation faute d’énergie, vous choisissiez d’entrer dans l’arène, ne serait-ce que pour une demi-heure ? Un café partagé vaut parfois tous les messages restés sans réponse. Après tout, les amitiés, comme les bonnes blagues, se savourent mieux à plusieurs !