À la une

Pourquoi tant d’élèves de 6e échouent-ils sur cette question jugée simple ? Les chiffres font froid dans le dos

Attention, les chiffres qui suivent risquent de donner des sueurs froides à tous ceux qui osent dire « les maths, c’est facile ». Pourquoi tant d’élèves de 6e échouent-ils sur cette fameuse question « Combien y a-t-il de quarts d’heure dans trois quarts d’heure ? » ? Et si ce n’était que le sommet d’un iceberg inquiétant qui plonge bien plus profondément dans la crise du niveau des élèves français ? C’est ce que révèle une étude menée auprès de 6 000 collégiens, qui fait réfléchir (pas besoin d’être matheux pour ça).

Des difficultés qui démarrent tôt… et qui durent

L’étude du Conseil scientifique de l’Éducation nationale dresse un constat pour le moins crispant : dès le CP, la moitié des élèves peinent déjà avec des mots pourtant issus du quotidien. « Hiver », « rire », « clou », « coudre », « voile », « cacher », « pédale », « scier », « s’éveiller », « courir », « briser », « tronc », « quille », « coude » ou « orage » (on soupçonne que certains confondent encore « coudre » et « mordre »). Bref, avant même d’attaquer les fractions, la compréhension du langage pose problème.

Mais le plus délicat arrive au collège. À l’entrée en sixième, la moitié des élèves se retrouve décontenancée face à une phrase pourtant toute simple : « combien y a-t-il de quarts d’heure dans 3/4 d’heure ? » Cher lecteur adulte, ne souriez pas trop vite : la majorité des enfants français rend copie blanche ou erre dans les méandres des minutes, prouvant que la notion de fraction ne passe pas. Résultat, la France figure parmi les lanternes rouges de l’Europe en mathématiques. Pas de quoi frimer devant nos voisins…

Un problème partagé, quelle que soit l’origine sociale

La première tentation serait de penser que ces difficultés touchent surtout certains milieux. Raté. Les mauvais résultats en maths concernent tous les élèves, tous milieux confondus, même si quelques nuances existent selon le cadre scolaire.

  • En réseaux d’éducation prioritaires, 85 % font des erreurs dans la compréhension des nombres.
  • Les autres zones ne sont pas épargnées : 75 % d’erreurs dans les écoles hors réseau et dans le privé.

Autrement dit : l’arithmétique se rebelle indifféremment et ne discrimine personne. Comme quoi, les fractions, ça rassemble… dans la galère !

Fractions et décimaux : le grand flou

L’étude pointe une inquiétante mécompréhension des nombres et en particulier des fameuses fractions. Qui n’a jamais confondu 1/2 (« une moitié ») avec 1,2 (un et deux dixièmes) ? Si l’on vous dit que cette confusion est la norme chez les élèves, on n’exagère pas !

  • 22 % des élèves ne savent pas placer la fraction 1/2 sur une ligne graduée de 0 à 5.
  • Et avec 3/6, l’affaire se corse : seuls 6 % y arrivent correctement !

Chez beaucoup d’élèves, la frontière entre fraction et nombre décimal tient de la poudre de perlimpinpin. Il est temps de ressortir les jetons pour illustrer…

Pas de miracle avec le temps : le lycée, même combat

On pourrait rêver que le collège donne aux élèves les clefs pour progresser en maths. Eh bien non ! À l’entrée en seconde, la situation ne s’est pas vraiment arrangée. 45 % des lycéens échouent toujours au même test. Le passage en classe supérieure ne fait pas de miracles.

Face à ce tableau, la France prépare une riposte pédagogique : la méthode Singapour va arriver progressivement à l’école primaire dès la rentrée prochaine, dans l’espoir de relever le niveau national. Cette méthode ne commence pas par la théorie, mais par le concret : on manipule des objets (jetons, cubes et autres gadgets éducatifs), puis on passe aux images, aux dessins, et enfin au grand saut dans l’abstrait avec les chiffres purs.

En conclusion : il y a urgence à renouer avec l’intelligence des mains et des yeux avant de viser celle des chiffres. Parfois, pour apprivoiser les fractions, il faut d’abord les voir, les toucher, presque les humer. Et pour tous ceux pour qui « 3/4 d’heure » sonne aussi mystérieux que « la racine carrée du bonheur », patience : la méthode Singapour est en route. Affaire à suivre… avec une calculatrice, au cas où.