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Prématurité chez le bébé : tout ce qu’il faut savoir sur les risques selon l’âge de naissance

La prématurité chez le bébé, ce n’est jamais une promenade de santé, ni pour les parents ni pour les nouveau-nés. Accoucher avant la date prévue fait planer bien des angoisses, et, il faut l’admettre, cette peur n’est pas sans fondement. À chaque semaine gagnée, bébé renforce ses défenses… mais que se passe-t-il vraiment quand il est pressé de montrer le bout de son nez ? Plongeons dans les nuances de la prématurité selon l’âge de naissance, sans tabou ni jargon inutile.

Prématurité : de quoi parle-t-on exactement ?

  • Prématurité moyenne : entre la 32e et la 36e semaine d’aménorrhée (SA), soit 7 à 8 mois de grossesse. Bébé est alors surtout plus fragile. En dessous de 35 semaines, il lui faut une maternité dotée d’une unité de néonatalogie (type II ou directement en néonatalogie), mais au-delà, il peut généralement rester sur place sous la surveillance du pédiatre, même s’il mérite toute notre tendresse et une vigilance accrue.
  • Grande prématurité : entre la 28e et la 32e SA (6 à 7 mois de grossesse). Cette fois, l’enfant a besoin de soins particuliers en unité de réanimation néonatale. S’il naît directement dans une maternité de niveau III (de plus en plus le cas), il sera pris en charge sans avoir à déménager… chance, car les déménagements dès la naissance, on évite quand on peut !
  • Très grande prématurité : avant la 28e SA (avant 6 mois de grossesse). Là, pas de suspense : direction la réanimation néonatale d’emblée, sauf si la maternité est déjà spécialisée (type III).

Un repère essentiel à connaître : en France, on débute la prise en charge d’un prématuré à partir de 24 semaines d’aménorrhée et d’un poids de 500 grammes. En dessous, les ressources médicales ne suffisent malheureusement pas.

Petite pause chrono : comment se comptent ces fameuses semaines ?

Petit rappel pratique pour ne pas se perdre : les semaines d’aménorrhée (SA) se calculent à partir du premier jour des dernières règles, alors que les semaines de grossesse (SG) commencent à la date présumée de l’ovulation. Résultat, il y a deux semaines d’écart : une subtilité qui peut vite semer la confusion.

Risques et surveillance : pourquoi chaque semaine dans le ventre compte

La maturité, ce n’est pas que dans les blagues, c’est aussi vital avant la naissance. Plus un bébé reste au chaud, plus ses fonctions respiratoires, digestives, neurologiques atteignent leur apogée. À 41 SA (les fameux 9 mois !), les compteurs sont dans le vert. Mais en cas de prématurité, tout n’est pas encore prêt et les risques varient selon l’âge gestationnel.

  • Problèmes respiratoires : fréquents chez les prématurés, ils nécessitent parfois une assistance (ventilation nasale ou sonde). Heureusement, les corticoïdes administrés à la maman avant la naissance et le surfactant donné au bébé ont très nettement amélioré les perspectives respiratoires, pour une majorité de petits guerriers.
  • Alimentation : avant 34 SA, bébé n’a pas encore le réflexe de succion et n’arrive pas à coordonner déglutition et respiration. Il doit alors être nourri par sonde gastrique, avec une montée progressive des quantités de lait maternel. Et pour compléter, une nutrition parentérale lui est administrée via un cathéter ombilical.
  • Surveillance neurologique : EEG, IRM… tout est mis en œuvre pour détecter les anomalies neurologiques, surtout dans les cas de grande prématurité, car des troubles d’apprentissage, de la vue ou de l’audition peuvent se manifester avec le temps.

Le suivi est continu : la fréquence cardiaque, respiratoire, la saturation en oxygène sont surveillées au scope (rassurez-vous, ça ne fait pas de bruit la nuit !). Dès qu’il atteint 2 kg, qu’il est autonome sur le plan digestif, cardiaque, respiratoire, et qu’il ne fait plus de désaturations ou de ralentissements cardiaques, il peut envisager la sortie de l’hôpital. Ce n’est pas une course : chaque critère doit être rempli, sinon il faudra patienter un peu plus.

Et après la sortie ? L’âge corrigé, le suivi et les défis à anticiper

Le voyage ne s’arrête pas à la sortie de la maternité. Jusqu’à ses 2 ans, pour comparer un prématuré aux normes d’âge, on doit corriger son âge en soustrayant le nombre de semaines de prématurité à son âge réel. Autrement dit : si bébé est né deux mois trop tôt, à deux mois d’âge réel il est encore, en développement, tout frais, comme un nourrisson tout juste né.

Les bébés nés avant 33 SA rentrent dans le « réseau des enfants vulnérables ». Ils sont suivis par un médecin de néonat une à deux fois par an jusqu’à 7 ans, avec, si besoin, des spécialistes dédiés (neuropédiatre, pneumopédiatre…). Selon des données de l’étude Epipage 2 (Inserm 2021), plus la prématurité est importante, plus les enfants risquent de rencontrer plus tard des difficultés du neurodéveloppement : motrices, visuelles, auditives ou intellectuelles. Un suivi particulier pourra donc s’imposer durant l’enfance, voire bien après.

En résumé : chaque jour passé in utero compte, mais la prise en charge des prématurés a bien progressé. Pour les parents, avancer main dans la main avec l’équipe médicale et ne pas hésiter à poser mille questions reste la clé… et, peut-être, garder un peu d’humour pour adoucir l’attente.