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Revalorisations en petite enfance : les syndicats tirent la sonnette d’alarme auprès de Catherine Vautrin, la tension monte

La tension monte dans le secteur de la petite enfance : syndicats, professionnels et familles se pressent autour de la ministre Catherine Vautrin pour réclamer, haut et fort, des revalorisations. Ambiance bouillonnante garantie pour ce secteur déjà sur la corde raide, où la sonnette d’alarme résonne plus fort que jamais auprès des pouvoirs publics.

Entre meetings virtuels et attentes fébriles : la ministre face au malaise

Ce jeudi 29 février, Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités, et Sarah El Haïry, sa ministre déléguée à l’Enfance, à la Jeunesse et à la Famille, ont réuni, en visio, tous les membres du Comité de filière petite enfance, sous l’œil attentif de la présidente Élisabeth Laithier. Cette rencontre virtuelle aurait pu passer inaperçue dans le petit monde des crèches, si la tension n’était pas aussi palpable : tout le secteur attend toujours – les bras croisés, mais pas pour lambiner ! – les derniers arbitrages sur le montant, les conditions et les modalités du futur soutien de l’État aux revalorisations salariales des professionnels de la petite enfance. La nouvelle ministre vient à peine d’enfiler ses pantoufles que déjà, la pression monte !

L’appel pressant : syndicats et fédérations mettent la pression

Côté terrain, l’initiative ne faiblit pas. Depuis la nomination de Sarah El Haïry, l’Ufnafaam a publié un communiqué pressant le gouvernement de prendre d’urgence des mesures concrètes pour les assistantes maternelles et les assistants familiaux. Même tonalité chez le SNPPE, qui dans un communiqué daté du 11 février, appelle la ministre déléguée à agir rapidement pour les enfants, les familles, mais aussi – et surtout – pour les professionnels du secteur, sans qui tout ce fragile édifice risquerait de s’effondrer.

  • Rénovation des grilles salariales
  • Amélioration des conditions de travail
  • Reconnaissance accrue des métiers

Tout le monde réclame les mêmes choses : pouvoir fidéliser ceux qui prennent soin de nos bouts de chou, et, idéalement, attirer de nouveaux venus dans une filière à cran.

Salaires, conditions et conventions : le secteur en quête de reconnaissance

Ce coup de projecteur politique n’arrive pas par hasard. La Fédération des Entreprises de Services à la Personne (FESP) a tout récemment signé un avenant à la Convention collective nationale des entreprises de services à la personne, étendant son champ d’application aux crèches et micro-crèches. C’est un pas de plus vers l’harmonisation et une meilleure reconnaissance des spécificités du métier.
Parallèlement, le Conseil d’administration de la Cnaf a, le 7 février dernier, instauré un nouveau bonus « Trajectoire de développement » et a augmenté le bonus « Territoire Ctg ». L’idée : inciter à l’innovation et soutenir les territoires en pleine mutation, tout en gardant en ligne de mire une ambition : améliorer l’accueil de la petite enfance partout.

Du côté des entreprises, le groupe Babilou – un des mastodontes du secteur, « big four » pour les initiés – n’a pas attendu que la météo institutionnelle se calme pour agir. Il a d’ores et déjà pris trois mesures phares pour fidéliser ses salariés, voire en attirer de nouveaux. Le détail n’est pas encore public, mais le geste compte et montre que l’heure est grave. Plus question de regarder passer la parade : la dynamique est enclenchée.

Des inégalités persistantes et des données qui s’accumulent

L’actualité du secteur, c’est aussi la parution de nouvelles études : la DREES vient en effet de publier une analyse sur le genre et la parentalité à partir de l’enquête « Modes de garde et d’accueil des jeunes enfants » de 2021. Le diagnostic, sans trop de surprise, met en lumière que l’articulation entre vie familiale et professionnelle reste essentiellement à la charge des mères. Double journée, quand tu nous tiens !
Autre point saillant, la Drees révèle avec ses nouvelles données statistiques que si les parents restent majoritairement le premier mode d’accueil des enfants de moins de 3 ans, ce n’est pas toujours de gaieté de cœur : parfois, il s’agit bel et bien d’un défaut de solution d’accueil adaptée. Autrement dit, on ne manque pas de volonté, mais cruellement de places et de reconnaissance pour ceux qui pourraient aider.

Conclusion : Urgence et mobilisation – acteurs de la petite enfance et représentants syndicaux n’attendront pas que la situation se dénoue d’elle-même. Les signaux d’alerte n’ont jamais été aussi nombreux. Familles, professionnels, syndicats, fédérations, tous réclament des gestes concrets et rapides, car entre les attentes institutionnelles, le manque de reconnaissance et la précarisation du secteur, il en va de la qualité d’accueil des tout-petits – et de l’équilibre des familles. Si vous aussi avez un proche qui travaille dans la petite enfance, peut-être serait-il temps de lui offrir un bon sourire… et de soutenir, à votre échelle, cette mobilisation essentielle !