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Seulement 2,15% de la population : les vrais signes d’un haut potentiel intellectuel selon les experts

Brillants, incompris ou un peu des deux ? Les HPI, ou Hauts Potentiels Intellectuels, ne cessent d’intriguer. Seulement 2,15% de la population porte, en effet, ce formidable (et parfois encombrant) flambeau ! Mais à quoi reconnaît-on vraiment une personne à haut potentiel intellectuel ? Les explications des experts vont peut-être bousculer quelques idées reçues…

HPI : une question de QI… mais pas que

Commençons par le commencement : être HPI, c’est avoir un quotient intellectuel égal ou supérieur à 130. Exit donc votre cousin Jean-Mich’ qui résout le sudoku du journal mais déteste les maths : la douance se mesure véritablement lors de tests passés auprès d’un professionnel qualifié. Et non, ce n’est pas juste une question de réussite scolaire ou d’avoir lu tout Proust à 9 ans.

Les signes repérés lors de ces évaluations ?

  • Une vitesse de traitement de l’information impressionnante, à faire pâlir Google.
  • Un raisonnement logico-mathématique solide.
  • De très bonnes capacités attentionnelles et de mémorisation.

Cependant, l’intelligence d’un HPI peut se présenter sous deux formes :

  • QI homogène : la personne est performante dans tous les domaines testés.
  • QI hétérogène : certaines compétences sont dans la moyenne mais d’autres explosent les scores, compensant ainsi les petits creux.

Statistiquement, seuls 2,15% de la population atteignent un QI entre 130 et 145. Autant dire qu’on n’en croise pas à tous les coins de rue !

Des traits de fonctionnement psychique… mais pas universels

Nombreux sont les psychologues à avoir observé certains traits chez les adultes HPI : hypersensibilité, susceptibilité, sens aigu de la justice, grande empathie… Pourtant, attention, nul besoin de cocher toutes ces cases pour décrocher le titre de « zèbre » (autre petit nom des HPI). D’ailleurs, aucune étude n’a prouvé de lien formel entre ces caractéristiques et le haut potentiel intellectuel.

Deux signes, en revanche, semblent plus corrélés au HPI à l’âge adulte :

  • L’hyperesthésie : une perception sensorielle particulièrement développée.
  • La créativité : une capacité à penser hors des sentiers battus.

Et, bonne nouvelle, ce fonctionnement n’est pas un handicap ni une maladie ! Florent Salducci, neuropsychologue, l’assure : il s’agit simplement d’un mode de pensée différent de ce qui est communément considéré comme la norme.

« Génies » qui s’ignorent : du décalage à l’épanouissement

Le diagnostic HPI peut être posé aussi bien chez l’enfant que chez l’adulte. Toutefois, il n’est pas toujours synonyme de réussite sociale ou scolaire. Certains HPI souffrent de leur singularité, se sentent « en décalage » avec leur entourage et peuvent vivre l’échec, le rejet ou l’incompréhension… parfois au point de redoubler… ou de s’ennuyer à mourir dans une salle de classe trop lente à leur goût.

Au travail, même constat : un adulte HPI aura souvent besoin d’avoir plusieurs projets sur le feu pour ne pas tourner en rond intellectuellement.

Les personnes HPI présentent souvent :

  • Une mémoire exceptionnelle
  • Une aisance à manier les chiffres, les lettres ou les arts
  • Un esprit indépendant
  • Une résilience à toute épreuve
  • Une grande empathie (mais une estime de soi qui laisse parfois à désirer)

Un environnement familial affectif et cohérent peut considérablement aider les HPI à s’assumer. Ceux qui n’ont pas été diagnostiqués tôt risquent plus souvent les souffrances dues au décalage et au manque de confiance. Heureusement, être compris dans ses spécificités change la donne : nombreux sont alors ceux à s’épanouir à l’âge adulte.

Bien vivre avec un HPI : accepter la différence et s’entourer

Première étape essentielle : accepter sa différence de fonctionnement. Le soutien d’un psychologue habitué à accompagner le haut potentiel peut être précieux pour décoder son propre mode d’emploi, repenser son passé et comprendre enfin ses schémas de vie.

L’accompagnement peut être individuel ou en groupe, ce qui donne alors un sentiment d’appartenance et allège la sensation d’effort constant pour s’adapter aux autres.

La pratique de la pleine conscience, la méditation ou des exercices de visualisation mentale offrent également une aide précieuse : apprendre à se poser, à se reconnecter à soi, et apaiser ce mental parfois survolté, voilà des clés pour mieux vivre son HPI.

En résumé ? Le haut potentiel intellectuel, ce n’est ni un super-pouvoir ni une malédiction. C’est une richesse, à condition d’apprendre à explorer ses propres chemins de pensée, à s’entourer des bonnes personnes… et, surtout, à ne pas oublier que la normalité, ça ne concerne finalement pas grand monde !