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« Si nous avions su » : le drame d’un garçon emporté par l’amibe mangeuse de cerveau alerte sur un risque mortel méconnu

Imaginez une belle sortie en famille, un 4 juillet ensoleillé sur les rives d’un lac prisé de Caroline du Sud. Quelques instants de joie, de plongeons et de rires, que rien ne laisse présager fatals. Mais derrière la quiétude de l’eau dormante se cache un danger invisible, qui peut briser des vies. C’est l’amer drame qu’a vécu la famille de Jayson, 12 ans, victime d’une infection rare et meurtrière : l’amibe mangeuse de cerveau.

Un été brisé, une famille bouleversée

Ce qui devait être une célébration mémorable s’est transformé en cauchemar. Le 4 juillet, le jeune garçon s’était baigné dans le lac Murray, en Caroline du Sud (États-Unis), avec toute sa famille. Jusqu’ici, rien de plus courant dans cette région : le lac attire de nombreux habitants pour ses activités nautiques, surtout lors de la fête nationale ! Hélas, deux semaines après, la tragédie frappe. Jayson perd la vie le 18 juillet à l’hôpital pour enfants Prisma Health Children’s Hospital-Midlands.

Le choc est immense – non seulement pour ses proches, mais aussi pour toute une communauté abasourdie. Car jusqu’alors, aucun risque sanitaire particulier n’était signalé dans ce lac très apprécié. Il s’agit, selon le département de la santé publique de Caroline du Sud, du premier cas recensé dans cet État depuis 2016. De quoi alimenter la stupeur, voire la colère.

La menace tapie sous la surface : l’amibe mangeuse de cerveau

Que s’est-il donc passé ? Selon les informations rapportées, Jayson aurait contracté une méningoencéphalite amibienne primitive. Derrière ce nom à rallonge se cache une infection cérébrale rare, mais ô combien redoutée, provoquée par un organisme microscopique, Naegleria fowleri. Plus connue sous le surnom évocateur et quelque peu terrifiant d’« amibe mangeuse de cerveau », cette pathologie peut surgir lorsque de l’eau contaminée remonte violemment dans les fosses nasales, jusque dans le cerveau – un scénario classique lors de plongeons ou de jeux aquatiques.

Cette menace, aussi discrète que meurtrière, avait déjà fait une victime au Texas en juin, où une femme avait péri après s’être simplement lavé le nez avec l’eau du robinet. Autant dire que cette infection ne fait pas la différence entre baignade estivale ou douche du matin.

Les symptômes, eux, sont brutaux :

  • forts maux de tête,
  • nausées persistantes,
  • vomissements,
  • fièvre,
  • raideurs dans la nuque,
  • convulsions,
  • hallucinations.

De quoi lever le drapeau rouge dès les premiers signes – mais la réalité, c’est que la maladie évolue si vite que peu de malades survivent.

« Si nous avions su » : le cri du cœur d’une mère

La détresse de la famille de Jayson est palpable. « Si nous avions connu les risques liés à la baignade dans ce lac, personne n’aurait jamais choisi d’y entrer », regrette douloureusement sa mère. On comprend ce sentiment d’impuissance face à l’absence d’information sur un mal aussi rare que fatal. Jayson, champion d’État en sport, était un grand frère protecteur et affectueux ; il avait une grande sœur et un petit frère, et son sourire ralliait tous les suffrages. Ses qualités humaines et sportives laissent un vide immense.

Pour transformer cette tragédie en message d’alerte, sa famille veut désormais prévenir le public. Ils insistent lors d’une conférence de presse : « Nous voulons que le public sache qu’il existe des risques importants liés à la baignade dans le lac Murray et dans d’autres plans d’eau. »

Sensibiliser et protéger : les gestes qui comptent

Dans la foulée, Dominion Energy, l’entreprise qui gère le lac Murray, a présenté ses condoléances à la famille et appelé à la plus grande prudence. Leur message : s’en remettre aux recommandations des agences de santé publique lors de toute activité de loisir aquatique.

Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) conseillent notamment :

  • de se boucher le nez, ou de porter un pince-nez, lors d’un plongeon ou saut dans l’eau douce,
  • de garder la tête hors de l’eau dans les sources chaudes.

Des réflexes simples, dont on ne soupçonne pas toujours l’importance. Rien ne sert de paniquer à la première vague, mais savoir, c’est pouvoir choisir avec discernement. « Si nous avions su »… Pour la famille de Jayson, ce regret sonne comme un appel : que personne n’ait à le prononcer à son tour. L’information, aussi rare que l’amibe, doit désormais circuler jusque sur les rivages.