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« Travailler d’abord les chapitres les plus difficiles » : les conseils clés du major pour cartonner en prépa scientifique

Réussir sa prépa scientifique, c’est un peu comme gravir l’Everest en claquettes : ça semble fou, mais avec la bonne méthode (et beaucoup de chocolat), c’est possible. Paul Boisseau, major d’entrée à Mines Paris – PSL en filière MP, partage avec nous ses conseils stratégiques et ses secrets de survie pour cartonner… sans exploser en vol !

Un parcours d’excellence… mais à sa façon

On pourrait croire que tous les élèves de prépa visent l’École Polytechnique, mais, surprise, il existe aussi l’École des Mines Paris – PSL, récemment sacrée deuxième dans le palmarès des écoles d’ingénieurs du Figaro Étudiant. En 2024, Paul, 20 ans, a décroché la première place des MP lors de son entrée à cette prestigieuse école, après deux années de préparation intense au lycée Pierre de Fermat, à Toulouse.

S’il est major, Paul insiste : il n’y a pas de recette universelle. Sa méthode de travail n’est pas la meilleure pour tout le monde. Certains de ses amis s’organisaient très différemment. L’essentiel ? Trouver ce qui fonctionne pour soi.

Lui, il listait tout ce qu’il avait à faire à l’avance. Spoiler : impossible de tout faire en prépa. Il l’admet sans détour : il a négligé le français en première année, histoire de prioriser… et surtout de ne pas sombrer sous la charge.

Prioriser les chapitres épineux : la clé pour progresser

Côté matières, la priorité était claire pour Paul : les mathématiques. « C’est clairement la matière la plus compliquée. » Pour franchir les montagnes de la prépa, il conseille :

  • Développer une compréhension profonde et même une certaine intuition du cours
  • Faire rapidement les exercices donnés après avoir compris le cours, pour ne pas se laisser submerger
  • Attaquer les exercices faciles d’abord, pour s’échauffer, puis enchaîner sur les plus difficiles

Et surtout : ne pas perdre du temps à perfectionner ses points forts. Il n’hésitait pas à attaquer d’entrée les chapitres qui lui posaient problème, que ce soit en maths ou en physique. Un réflexe d’autant plus stratégique que les concours confrontent les candidats à toutes les matières à l’écrit comme à l’oral. Travailler en priorité le format dans lequel on est le moins à l’aise ? Pour Paul, c’est non seulement logique, mais fondamental.

Varier les plaisirs (et les efforts) : entre colles, chocolat et fous rires

Certaines progressions ne sont pas que mathématiques ! L’anglais, par exemple, faisait partie de ses points forts à l’écrit. Mais à l’oral, il a profité à fond des fameuses « colles » (les oraux réguliers sur documents). Un conseil précieux de son professeur : lire régulièrement des articles en anglais dès la première année, pour se familiariser avec la lecture de ce type de documents. Résultat : un vrai décollage à l’oral.

Mais la prépa, ce n’est pas que des équations ou des versions. C’est aussi une aventure humaine. Paul était ce qu’on appelle un « internat-externé » : appartement personnel, mais tous les repas avec les camarades à la prépa, y compris le soir. Retrouver ses amis au dîner, discuter, relativiser, rire de ses échecs (et des colles ratées), c’est aussi essentiel que les intégrales ou la physique quantique. « En prépa, rire des échecs, ça aide beaucoup. »

Question moral et santé mentale, il a fallu ruser pour traverser la période hivernale, où travailler du matin au soir sous la grisaille peut vite plomber le moral. Ses astuces ? Savoir s’arrêter, prendre le temps de lire, s’évader…et se coucher tôt. Merci Stefan Sweig, Dostoïevski, Pete Fromm et les lampes de chevet.

Côté sport, il confie avoir fait… presque zéro en première année, rebuté par la perspective de casser son rythme de travail. Mais la deuxième année, badminton hebdomadaire avec l’école : agréable, se défouler avec son corps, ça change ! Surtout, Paul souligne : la place du sport dépend de chacun, il ne faut jamais se forcer.

Gérer la pression : chocolat, échappées belles et famille

Être un brillant élève n’immunise pas contre le stress, surtout avant les concours. La technique Paul : manger du chocolat en travaillant. D’autres courent, font du sport : chacun son tempérament ! Lui, il cherchait à évacuer la pression en passant du temps avec les amis, la famille – le week-end à Toulouse pour travailler, les vacances à Pau pour décrocher et retrouver la campagne. Un bol d’air pour ne pas craquer.

Et l’avenir ? Si la prépa a d’abord été choisie avec l’idée de faire de la recherche, les réflexions évoluent. Peut-être ingénieur, pour être « plus dans l’action », ou enseignant – pourquoi pas ? Les professions en lien avec l’administration l’attirent aussi, l’organisation des transports publics par exemple. Paul garde la tête froide : il a encore du temps, les stages viendront l’aider à avancer.

  • Prioriser les chapitres difficiles, ne pas se disperser
  • Oser s’attaquer à ses faiblesses et en faire des forces
  • S’octroyer des pauses, savoir s’entourer et relativiser

La prépa, c’est parfois rude. Mais avec méthode, solidarité et un peu d’humour, on peut la transformer en vraie aventure humaine. Et, qui sait, finir major… ou simplement heureux d’être allé au bout !