Vous pensiez qu’il suffisait d’aimer vos enfants pour en faire des adultes épanouis ? Désolé de casser l’ambiance, mais parfois, c’est juste une petite phrase balancée un soir de fatigue qui bouleverse tout. Oui, même la plus anodine ! Les psychologues en conviennent : certaines formules, prononcées devant ou à l’attention de ses enfants, pèsent beaucoup plus lourd dans la balance que vous ne l’imaginez. Voici les 7 à bannir absolument pour préserver la confiance de vos bambins, sans se transformer en gourou du développement personnel.
1. Remettre en cause l’enfant (plus que ses actes)
- Selon Laure Pena, médiatrice familiale spécialisée en parentalité, les formules qui attaquent l’enfant dans ce qu’il est (et non dans ce qu’il fait) sont particulièrement blessantes.
- Jazmine McCoy, psychologue et thérapeute familiale, considère que ce genre de remarque rabaisse purement et simplement l’enfant.
Le risque ? L’enfant finit par croire à l’étiquette qu’on lui colle, ou développe au contraire un esprit d’opposition. Plutôt que de pointer la faute, mieux vaut « prendre du recul » et, comme le recommande The Mom Psychologist, se concentrer sur la résolution du problème.
2. Invalider les sentiments de l’enfant
- Whitney Raglin Bignall, psychologue pour enfants, met en garde contre toute remarque qui minimise ou nie les émotions de l’enfant.
- Pena rappelle qu’à force, l’enfant peut perdre foi en son propre ressenti… voire finir par croire qu’il dramatise toujours !
- En réaction, soit il se replie sur lui-même, soit il pousse l’opposition pour exprimer ses émotions coûte que coûte.
Mieux vaut donc opter pour une écoute active et des phrases ouvertes telles que : « Ça a l’air vraiment important pour toi, dis-moi pourquoi tu es contrarié. »
3. Jouer la carte de la comparaison (surtout entre frères et sœurs)
- Comparer ses enfants entre eux est, selon les spécialistes, tout aussi destructeur qu’un épisode de téléréalité familiale.
- Jazmine McCoy alerte : à chaque comparaison, on oppose les enfants, on attise la rivalité et on créée chez celui qui est comparé une faible estime de soi. Mais ce n’est pas tout : celui qui reçoit le « meilleur point » ressent une pression sonore pour être à la hauteur en permanence.
- Laure Pena ajoute que le risque, à long terme, est de produire des adultes en quête permanente d’approbation… et qui vivent dans la peur de décevoir.
4. Les questions mal formulées et les sujets tabous
- Dire à un enfant de « mettre des mots » sur ses émotions alors qu’il n’a pas encore le dictionnaire interne adapté : pas si bienveillant ! Selon Amy Jackson (Primrose Schools), c’est même source de détresse, car s’il le pouvait, il le ferait déjà. Mieux vaut des questions ouvertes comme : « De quoi as-tu besoin ? » ou « Qu’est-ce qu’il s’est passé ? »
- Se dévaloriser (même avec humour) devant ses enfants n’est pas sans conséquence. D’après la thérapeute Brianne Billups Hughes, les enfants sont de véritables éponges à critiques, qu’elles soient affrontées ou non à leur sujet… et cela peut miner l’estime de soi, jusqu’à leur image corporelle une fois adultes.
- Évoquer les problèmes d’argent devant eux ? Ann-Lou Lockart (psychologue pour enfants) rappelle qu’ils n’ont pas les outils pour comprendre, mais un imaginaire débordant : peur de finir sans maison ou sans dîner, sentiment de culpabilité s’ils réclament de nouveaux vêtements… En clair : anxiété garantie ! Attention, cela n’empêche pas d’enseigner la notion de budget familial.
- Dénigrer l’autre parent quand l’enfant est là (même s’il fait semblant de jouer dans son coin) est à bannir. Myriam Fassio, pédopsychanalyste, l’assure : ce comportement génère un conflit de loyauté et menace la sécurité affective de l’enfant. Laura Markham (psychologue clinicienne) ajoute qu’en prime, cela abime la relation avec le parent « critiqué » et fait peser une culpabilité supplémentaire sur les épaules de l’enfant.
En conclusion, il n’y a pas de parent parfait, ni de « faiseur de dégâts » invétéré. On peut tous, sous la pression ou la fatigue, laisser échapper un mot trop haut. Mais être attentif à ces fameuses phrases piégées permet de renforcer la confiance et l’équilibre émotionnel de nos enfants. Pas besoin d’une baguette magique ni d’un diplôme de psychologie : un peu d’écoute, une louche d’empathie, et le tour est joué ! Alors, prêt à bannir ces 7 maladresses de votre quotidien ?











