À la une

Vrais ou faux jumeaux : comment reconnaître la différence ? Le verdict de la science sur leur origine

Vrais ou faux jumeaux : comment reconnaître la différence ? Le verdict de la science sur leur origine

Si, en croisant deux petits anges en poussette double, vous vous êtes déjà demandé s’ils étaient « vrais » ou « faux » jumeaux, cet article va combler votre curiosité. Les mystères de la gémellité ne sont pas réservés aux émissions sensationnalistes, la science a tranché : tout se joue lors d’une rencontre microscopique, celle de l’ovule et du spermatozoïde. Prêts à devenir incollables sur mono et dizygotes ? On vous dit tout, sans jargonner… ou presque !

Le point de départ : l’origine des vrais et des faux jumeaux

Comme toute conception, la grossesse gémellaire commence par une rencontre – double félicité, double histoire ! Mais le détail qui va tout changer, c’est la façon dont les gamètes (ovule et spermatozoïde) s’assemblent. C’est là que la bifurcation a lieu entre « vrais » et « faux » jumeaux, ou, pour parler comme dans les laboratoires : monozygotes versus dizygotes.

Vrais jumeaux : les monozygotes et leur incroyable ressemblance génétique

Les jumeaux monozygotes (ou homozygotes) sont issus d’une histoire presque romantique entre un unique ovule et un unique spermatozoïde. Ensemble, ils forment un Å“uf… qui va ensuite jouer à l’illusionniste en se scindant en deux lors de la première division cellulaire. Chaque moitié poursuit alors son développement de façon autonome, formant deux embryons, puis deux fÅ“tus, puis, surprise, deux bébés dotés d’un patrimoine génétique rigoureusement identique ! Difficile de faire plus « clonés » (désolé pour le terme peu poétique… mais c’est la réalité scientifique).

Petit détail qui a son importance : comme tout provient du même spermatozoïde, qui détermine le sexe (soit X pour une fille, soit Y pour un garçon), les vrais jumeaux sont inévitablement du même sexe. Les concours de ressemblance et d’échange de vêtements leur sont donc tout spécialement dédiés !

Faux jumeaux : les dizygotes, une histoire de double ovulation

Du côté des jumeaux dizygotes, le scénario est différent et bien moins « copié-collé ». Il arrive qu’un ovaire expulse deux ovocytes en même temps, phénomène baptisé double ovulation ou polyovulation – et qui, soit dit en passant, devient plus fréquent avec l’âge. Si ces deux ovules rencontrent chacun leur propre spermatozoïde lors d’un rapport sexuel (ou dans le contexte d’une fécondation in vitro ou d’une stimulation ovarienne avec implantation d’embryons multiples), on obtient alors deux embryons bien distincts.

Fun fact prêt à briller lors d’un dîner : les deux spermatozoïdes fécondants peuvent, très exceptionnellement, provenir de deux hommes différents si les rapports sont rapprochés autour de l’ovulation. Ceci s’explique par la durée de vie des gamètes : l’ovule tient de 12 à 24 heures, tandis que les spermatozoïdes survivent trois à cinq jours dans l’utérus.

  • Deux individus aussi différents que des frères et sÅ“urs « classiques », hormis le fait qu’ils ont grandi en même temps dans le ventre de maman.
  • Chacun a son propre sac amniotique, son propre placenta et son propre chorion (couche externe du placenta).
  • Aucun risque de transfusion sanguine d’un cordon à l’autre, chaque bébé gère ses échanges avec la mère de manière isolée.

En pratique, on parle alors de grossesse bichoriale et biamniotique (ou jumeaux biochorioniques et biamniotiques).

Diagnostic et subtilités : comment fait-on la différence ?

Le diagnostic de « faux » jumeaux est relativement simple lorsque l’on observe :

  • Deux placentas, deux chorions, deux sacs amniotiques.
  • Des bébés de sexes différents (c’est intrinsèquement impossible pour de « vrais » jumeaux).

Dans le cas d’une grossesse biochoriale et biamniotique avec des fœtus du même sexe, le suspense demeure : s’agit-il de vrais ou de faux jumeaux ? Seul un examen détaillé après la naissance (groupe sanguin, rhésus ou analyse génétique) pourra trancher, car :

  • Les monozygotes partagent un patrimoine génétique identique
  • Tandis que les dizygotes n’ont pas ce point commun, ce sont juste deux « collègues d’utérus » !

Côté sexe, l’ovule offrant toujours un X, c’est le spermatozoïde qui impose sa règle : X pour une fille (XX), Y pour un garçon (XY). Avec deux spermatozoïdes différents, les faux jumeaux peuvent être de même sexe ou non.

Dès la première échographie, professionnel de santé (gynécologue, sage-femme) peut diagnostiquer une grossesse gémellaire et repérer le nombre de placentas.

Dans 20 % des cas, grossesse « monochoriale » (un seul chorion et un seul placenta), les fœtus doivent partager le même sang (leurs cordons sont reliés), ce qui peut provoquer un rare syndrome « transfuseur-transfusé » où l’un prend presque tout le sang, rendant l’autre anémié et affaibli. Cela exige alors un suivi médical très spécifique.

Et les grossesses multiples ?

Les notions de monozygotes et dizygotes ne s’arrêtent pas aux duos ! Elles s’appliquent aussi aux triplés, quadruplés et au-delà.

  • Des triplés peuvent être monozygotes (issus d’un même ovule et spermatozoïde) ou trizygotes (trois ovules, trois spermatozoïdes).
  • Il en va de même pour les quadruplés, les quintuplés…
  • Si deux ovulations sont courantes, les tri- et quadri-ovulations sont exceptionnelles hors fécondation in vitro, où plusieurs embryons sont parfois implantés simultanément.
  • Résultat : les triplés, quadruplés, etc. sont généralement issus d’un même Å“uf divisé en plusieurs embryons, donnant ainsi de « vrais » triplés, quadruplés, etc.

Conclusion : Que vous soyez parent, jumeau, futur grand frère ou juste curieux, vous voilà prêt à distinguer monozygotes et dizygotes comme un pro. Rappelez-vous : ensemble dans la vie, séparés dans leur origine… et parfois dans le choix du t-shirt ! En cas de doute, seule la science tranche, et la première échographie puis les analyses à la naissance sauront dévoiler
le mystère. Pas de panique donc si vos jumeaux n’ont pas les mêmes goûts, c’est peut-être juste la génétique qui s’exprime pleinement !