Parents, on sait : trouver le juste milieu entre transformer son enfant en roi/reine capricieux(se) ou en parfait samaritain prêt à sauver le monde (ou au moins débarrasser la table) tient parfois d’un numéro de funambule… sans filet ! Bonne nouvelle, il existe des solutions testées par la science et validées par un psychologue.
Les enfants trop gâtés ? Un constat scientifique
Eh oui, on ne naît ni gâté, ni altruiste : on le devient. Thomas Lickona, psychologue expert du développement de l’enfant, s’est penché sur la question pour Psychology Today, s’appuyant sur une célèbre étude de 1975 pilotée par les anthropologues Beatrice et John Whiting. Après avoir observé des enfants issus de six cultures différentes, leur verdict est sans appel : les petits Américains remportaient haut la main la palme du « plus gâté du monde »… et du moins altruiste. Le fond du problème ? Il manquait à ces enfants une vraie familiarisation avec les responsabilités familiales. Selon Lickona : « Plus les enfants avaient des responsabilités qui contribuaient à l’entretien de la famille – comme s’occuper des plus jeunes, prendre soin des animaux, cultiver, cuisiner… – plus ils étaient enclins à l’altruisme. » Le secret, donc ? Leur apprendre à donner un coup de main.
Six conseils chocs pour (vraiment) éviter d’avoir un enfant trop gâté
1. Initiez-les tôt aux responsabilités domestiques
Si l’idée de voir votre petit de 2 ans lancer une machine vous effraie déjà, rassurez-vous. Il ne s’agit pas de lui confier les clés de la maison ! Commencez par des tâches simples, en petit nombre, et expliquez toujours le pourquoi du comment. Lickona partage l’exemple d’une maman prévoyante : dans sa famille, on fait une corvée pour chaque année d’âge (2 corvées à 2 ans, 4 à 4 ans, etc.). Ainsi, à 2 ans, démarrer le lave-vaisselle ou placer les oreillers, voilà qui suffit ! Et surtout, toujours valoriser leurs actions : « Je leur dis combien j’apprécie leur aide. Ils sont très fiers de ce qu’ils font. » Simple et efficace.
2. Bannissez la récompense financière aux corvées
Attention au piège : donner de l’argent pour une tâche réalisée, c’est envoyer le mauvais message. Selon le psychologue, l’enfant doit percevoir comme récompense… le plaisir d’aider et le bien qu’il fait à son entourage. En revanche, l’argent de poche n’est pas interdit ! Il doit juste rester séparé des corvées. Ce peut être une bonne opportunité pour parler gestion, économie, ou même don à une association.
3. Laissez-les donner leur avis !
Râlage récurrent devant une tâche ? C’est peut-être qu’elle est trop facile (ennui) ou trop compliquée (découragement). Rien n’empêche de les impliquer dans le choix et l’organisation des corvées : s’ils décident du moment dans la semaine où ils préfèrent s’y consacrer, les jérémiades risquent de diminuer.
4. Une répartition équitable ou rien
Lickona propose de faire respecter la répartition comme une vraie règle, non négociable. Rappel utile : c’est rapide une fois que tout le monde s’y met, et chaque membre, petit ou grand, doit tenir son poste. Pas de passe-droits à la maison !
Petits actes, grande différence
Parfois, c’est dans la spontanéité que naissent les héros du quotidien. Motivez vos enfants à proposer d’eux-mêmes des coups de main, et remerciez-les chaudement ! Cela peut passer par :
- Allumer/éteindre les lumières
- Jouer avec un(e) plus jeune
- Aider à ranger ou déballer les courses
- Donner un coup de main pour débarrasser, même si leur part de travail est finie
- Vider le lave-vaisselle ou refaire un lit à deux
L’idée, c’est que ces gestes, aussi minimes soient-ils, soient valorisés comme une contribution réellement précieuse à la vie familiale.
Une maison harmonieuse… grâce au partage des tâches
Enfin, le psychologue insiste : quand chaque membre partage la responsabilité de la maison, l’ambiance y gagne en bonheur. Un foyer équilibré, ce n’est pas seulement un sol propre, c’est aussi davantage de remerciements, d’équité, de respect et de gentillesse – et les excuses sincères quand elles s’imposent ! Chacun devrait traiter les autres comme il voudrait l’être lui-même, tout simplement.
En somme : pour éviter qu’un enfant ne devienne trop gâté, il faut l’inclure, le responsabiliser, encourager ses petits gestes, et instaurer une vraie justice dans le partage des corvées – sans oublier un zeste de gratitude. À la maison, on ne forme pas seulement des experts du ménage, on cultive surtout de futurs adultes altruistes et bienveillants !











