On a tous déjà levé le ton, voire hurlé façon ogre affamé, devant une bêtise XXL de son enfant… Mais faut-il vraiment toujours s’excuser après avoir crié ? Spoiler : il ne s’agit pas juste de sauver la paix familiale, mais aussi l’estime de soi de nos petits (et notre conscience au passage).
Pourquoi s’excuser après un coup de chaud ?
- Déculpabiliser tout le monde : parents, cessez de croire que vous êtes le Grinch à chaque cri. Ça arrive même aux meilleurs ! Non, vous n’êtes pas le seul parent à dégainer la voix de stentor au bout de la 50e inondation de salle de bain.
- Ce que retient vraiment l’enfant, ce n’est pas tant le cri que l’idée que c’est SA faute, qu’il est un « mauvais enfant ». Ce sentiment de honte sabote l’estime et la confiance qu’il a en lui.
Comment bien réparer après avoir crié ?
- D’abord, laissez l’orage passer. Attendez de retrouver votre calme – hurler un « pardon » dans le vent est rarement efficace.
- Allez voir votre enfant seul à seul, histoire de ne pas rajouter de public inutile à cette scène d’humilité parentale. Instaurez l’intimité : regardez-le dans les yeux.
- Énoncez les faits clairement, sans exagérer ni minimiser : « Quand je suis rentré(e), j’ai vu qu’il y avait de l’eau partout, le tapis trempé, l’eau commençait à sortir de la salle de bain… » Bref, faites le reporter de votre propre vie.
- Partagez vos pensées et émotions du moment : « J’étais très énervé(e), contrarié(e), je me suis dit que ça allait me prendre un temps fou à tout nettoyer, que j’étais déjà en retard, fatigué(e), que j’aurais préféré partager un moment sympa avec toi ou juste me poser, etc. »
- Nommez vos frustrations, même celles qui piquent un peu, style « On m’écoute jamais, c’est toujours moi qui nettoie et ça fait 50 fois que je demande… ». Pas besoin d’écrire un roman, mais assumez la boucle de pensées qui a mené à l’explosion.
- Décrivez ce qu’il s’est passé : « Envahi(e) par tout ça, je me suis emporté(e), je t’ai crié dessus. Si tu as dit des choses blessantes, reconnais-les : « Je t’ai dit des mots durs ». »
- La grande étape : demandez pardon – oui, c’est plus fort que « je m’excuse ». Dites : « Je te demande pardon pour t’avoir crié dessus et pour ce que je t’ai dit, parce qu’en réalité ce n’était pas de ta faute. Certes, tu as mis de l’eau par terre, mais c’est à cause de tout ce que j’ai ressenti à ce moment-là que j’ai crié. J’aurais pu réagir autrement, je n’ai pas su. Je te demande pardon. »
Les bénéfices pour votre enfant (et la paix à la maison !)
- Vous enseignez par l’exemple ce qu’est l’humain : oui, parfois on déborde, même envers ceux qu’on aime. En expliquant votre comportement, vous aidez votre enfant à comprendre ce qui s’est passé. Il réalise que « c’est ça qui s’est passé ! ».
- Votre enfant apprend aussi à gérer ses propres émotions. Il voit que tout le monde peut se mettre en colère, même papa, maman (ou papy !), et que ce n’est pas signe qu’on est un « mauvais » enfant. La colère, c’est normal, ce qui compte c’est ce qu’on en fait ensuite.
- En ôtant la responsabilité émotionnelle de ses épaules, il ne tire plus la conclusion erronée : « Si je fais une bêtise, c’est moi le problème, je rends mes parents malheureux, je ne suis pas assez gentil… ». Non, la tempête, c’était une question de pensées et d’émotions de l’adulte. Ouf.
- Demander pardon renforce son réservoir d’amour et de sécurité. Il comprend qu’il est toujours aimé, même après un gros orage. Il ne mérite pas moins d’amour, juste parce qu’il a transformé la salle de bain en piscine municipale.
En conclusion : non, l’excuse n’est pas une faiblesse !
S’excuser sincèrement n’efface pas magiquement les cris, mais ça répare là où ça compte : dans le cœur de votre enfant. Il gagne en confiance, apprend qu’on peut se tromper et reconnaître ses torts, et n’a plus à porter le fardeau de la honte. Et puis, la prochaine fois qu’il perdra patience avec son petit frère ou vous, peut-être qu’il saura, lui aussi, venir demander pardon…
Alors, faut-il s’excuser après avoir crié ? Oui, sans détour : pour grandir, pour aimer, pour aller de l’avant – et accessoirement, pour pouvoir finir son café en paix.











