Vous avez déjà entendu vos parents ou vos grands-parents dire : « À notre époque, les couples tenaient bon ! » ? Eh bien, pour comprendre pourquoi l’amour version « always and forever » s’étiole, il est grand temps d’écouter les analyses sans tabou du sociologue François de Singly. Décortiquons ces évolutions qui ont changé le visage du couple, avec en toile de fond notre société moderne, l’égalité femmes-hommes, et une question qui dérange : quel est réellement le rôle des hommes dans cette valse des séparations ?
Du couple sacré à l’amour qui s’émancipe : un survol historique
Impossible de parler du couple sans remonter (un peu) le temps. François de Singly, professeur émérite et spécialiste du sujet, rappelle qu’autrefois, la stabilité conjugale était une valeur sociale incontournable. Le divorce, lui, était synonyme de désordre moral, point. L’amour ? On en parlait peu (voire pas du tout), la logique amoureuse n’avait pas voix au chapitre dans les histoires de séparation. Et ça, c’était… avant la Première Guerre mondiale.
Pendant la longue période de 1920 à 1970, une nouvelle croyance prend racine : l’amour, ça dure (paraît-il !). L’année 1972 marque d’ailleurs un record de mariages : c’était, pour beaucoup, la seule façon « officielle » d’avoir une sexualité épanouie, surtout pour les femmes, mais sans oublier certains hommes, bien entendu.
Révolutions légales et bouleversements sociaux : la fin du couple inébranlable ?
Rien n’est immuable, surtout en amour. À partir de 1975, la loi sur le divorce par consentement mutuel entre en scène. Conséquence directe : explosion des divorces et baisse des mariages. Dans cette dynamique, les séparations sans divorce prolifèrent aussi. Mais le vrai séisme sociétal, c’est l’essor progressif – et monumental – des naissances hors mariage. Autrefois, c’était un scandale, aujourd’hui c’est courant. Le mariage a alors perdu sa position de passage obligé, autant pour la sexualité que pour la parentalité.
Dans les années 1980, on attendait généralement que les enfants soient grands pour divorcer. Désormais, avec des lois qui obligent les parents à conserver leur rôle après la séparation, le couple s’émancipe de la famille traditionnelle et suit son cours, parfois court, parfois plus long… mais de plus en plus indépendant.
L’engagement des hommes sous la loupe et l’émergence de l’égalité
Au cœur de ce grand chamboulement, François de Singly pointe deux responsables majeurs:
- Le combat pour l’égalité entre femmes et hommes
- L’absence d’engagement des hommes dans la durée des relations
Si l’évolution vers plus d’égalité bouscule et transforme le couple, l’attitude de certains hommes, parfois peu enclins à s’investir à long terme, n’aide pas à cimenter les unions. Loin de jeter la pierre à qui que ce soit, l’expert explique que ces aspects, conjugués avec des mutations légales et sociétales, participent au fameux « délitement » des relations longues.
De la norme au choix personnel : tolérance et séparation plus apaisée ?
Il faut bien l’avouer : malgré quelques poches de résistance (coucou aux catholiques et aux conservateurs !), la séparation s’est peu à peu transformée en histoire privée. Se marier, divorcer, ou pas… tout cela regarde l’individu, plus la collectivité. Fini le temps des jugements, la société française affiche désormais plus de tolérance à l’égard des événements familiaux.
- Chaque personne est censée gérer son existence comme elle l’entend
- L’État (et même le voisinage) n’a plus d’autorité pour juger
- Une forme d’acceptation « tranquille » de la séparation s’est installée
En somme : si les couples durent moins, c’est aussi parce que tout, autour d’eux, a changé. La famille, la loi, la vision de l’amour… et surtout, l’exigence d’égalité qui bouleverse les anciens codes. Peut-être la bonne question à se poser aujourd’hui, c’est : « Comment s’épanouir dans un couple qui, justement, n’a plus de carcan » ? La réponse, elle, ne figure pas dans l’Histoire… mais dans nos choix quotidiens et notre engagement à tous !











