Est-ce que votre enfant est en train de décrocher le prix du « plus gâté » de la cour de récré ? Si vous hésitez à répondre, c’est peut-être parce que le fléau du chouchou tout-puissant sait se faire discret (tout en étant sacrément bruyant à la maison). Les experts en éducation se sont penchés sur le sujet. Préparez-vous à quelques remises en question (et à quelques fous rires nerveux).
Premier signe : « Je veux tout, tout de suite ! »
Selon l’analyse des spécialistes relayée par le HuffPost, le manque de patience est la première alerte. Les enfants trop gâtés, ils ne connaissent pas le plaisir de l’attente. Grâce à eux, les files d’attente et les délais sont devenus des concepts obsolètes : si c’est pas maintenant, c’est jamais ! « Il est généralement plus facile de céder que de reporter la demande de l’enfant », avoue la psychologue scolaire Michele Borba. Les parents compatiront… ou culpabiliseront, au choix.
En pratique, tout tourne autour de leurs envies et besoins. Si votre quotidien ressemble à “l’enfant décide, le reste du monde suit”, attention. La spécialiste précise : « Tout tourne autour de leurs besoins, de leurs préoccupations, de leurs sentiments, de leurs désirs, et tous les autres passent au second plan. » Bref, l’univers entier devient la petite couronne de votre tête blonde.
Deuxième indice : la gestion des émotions digne d’un mauvais perdant
Passons au second signe qui devrait vous mettre la puce à l’oreille (et, on l’espère, pas le pou sur le crâne) : la difficulté à accepter l’échec ou la défaite. Il ne suffit pas de perdre, il faut le faire savoir, et tant pis pour les oreilles alentour. Virginia Williamson, thérapeute, alerte : « Si votre enfant blâme toujours les autres pour ses mauvaises performances, s’attend à être félicité pour tout ce qu’il fait, crie après les autres qui ne font pas les choses à sa manière et ne parvient pas à reconnaître lorsque ses coéquipiers ou concurrents réussissent, vous pourriez avoir un enfant gâté entre les mains. »
- Besoin constant de reconnaissance
- Refus d’assumer ses erreurs
- Incapacité à féliciter les autres
- Et bien sûr, le volume sonore grimpe en flèche si tout ne se passe pas à leur guise
Ça sent la tempête émotionnelle en vue dès que la victoire s’éloigne.
Troisième symptôme : la persévérance… jusqu’à la manipulation
L’enfant trop gâté, c’est aussi un champion du passage en force. Impossible pour lui d’abandonner, même temporairement, tant que son caprice n’est pas satisfait. La patience n’est pas son fort, mais la créativité pour parvenir à ses fins, si.
LeNaya Smith Crawford, thérapeute familiale, explique par exemple : « Aller voir un parent et lui dire que l’autre parent lui a dit qu’il pouvait avoir la chose qu’il désirait ». Eh oui, les enfants gâtés peuvent recourir à la manipulation, voire au mensonge, pour forcer le destin. On retrouve donc :
- Persistance sans relâche
- Petites stratégies pour obtenir gain de cause
- Capacité à diviser pour mieux régner entre les parents
La négociation version enfant gâté, ce n’est pas une sinécure.
Comment inverser la tendance ?
Toutefois, rassurez-vous : il n’existe pas de « gène de l’enfant gâté », comme le rappelle avec insistance Michele Borba. C’est un comportement acquis, donc réversible (bonne nouvelle pour toute la famille, y compris le chat). Plus vous agirez tôt, mieux ce sera.
- Préparez-vous à affronter des moments compliqués
- Soyez prêt à dire « non » régulièrement (pas toujours facile, on vous l’accorde)
- Apprenez à vos enfants à être attentifs aux autres et à apprécier les petites choses de la vie
- Accordez-leur du temps chaque jour pour jouer et communiquer. LeNaya Smith Crawford assure que c’est l’un des meilleurs remèdes contre la plupart des comportements difficiles
La solution miracle n’existe pas, mais l’investissement du quotidien fait des merveilles. Alors, la prochaine fois que votre enfant vous réclame la lune sans attendre… Rappelez-vous que lui apprendre à patienter, perdre ou attendre son tour, c’est aussi lui offrir le secret du bonheur quotidien (et à vous, un peu de calme).











