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Les trois erreurs de parents que les enseignants n’en peuvent plus de voir selon des professeurs

Qui a dit que le métier de parent venait avec une notice d’utilisation et un SAV 24h/24 ? Sûrement pas les professeurs, eux qui en voient passer toute la journée dans leurs classes ! Entre adaptation, tâtonnements et bonne volonté, il est normal de chercher ses marques. Mais parfois, certains comportements parentaux, observés encore et encore, font grincer les dents des enseignants… Et cela nuit aussi à l’épanouissement des enfants. Voici donc, sans jugement mais avec franchise, les trois erreurs de parents que les professeurs n’en peuvent plus de voir, selon eux !

1. Se focaliser uniquement sur les notes et la performance

  • Échanger avec votre enfant uniquement sur ses résultats, en oubliant le processus d’apprentissage.
  • Placer la barre toujours plus haut, sans prendre en compte ses points forts, ses intérêts ou même sa santé mentale !

Pour le professeur Fitzgerald, « lorsqu’un parent ne pose de questions que sur les notes finales, il montre à son enfant que seul le résultat final compte ». Or, il est crucial de s’intéresser à l’apprentissage en lui-même, de valoriser les stratégies utilisées, d’être curieux du chemin parcouru. Cela encourage l’enfant à se voir comme un apprenant actif, pas juste un pourvoyeur de bonnes (ou mauvaises) notes.

Le professeur Godlin abonde dans ce sens et alerte sur les dangers d’attentes irréalistes : fixer la réussite comme un objectif isolé, sans s’intéresser à la personnalité et aux capacités propres de l’élève, c’est prendre le risque de l’épuiser, voire d’entamer sa confiance en lui : « Lorsqu’on pousse les enfants à se conformer à la vision de quelqu’un d’autre, ils s’épuisent souvent ou perdent confiance en eux. »

2. Encourager un état d’esprit figé (ou “tout ou rien”)

  • Faire croire à l’enfant qu’il est son bulletin… ou qu’il n’évoluera jamais.
  • Chercher à le protéger de toutes les difficultés, au lieu de l’accompagner pour les surmonter.

Un autre écueil, récurrent d’après les enseignants : transmettre à l’enfant une vision du monde trop rigide sur ses capacités. Pour le professeur Fitzgerald, « adopter un état d’esprit fixe peut être préjudiciable aux élèves. Ils se concentreront sur leur situation actuelle et tenteront de s’y intégrer plutôt que de privilégier un état d’esprit de développement, sachant que les connaissances s’accroîtront avec les efforts et les retours ».

Le professeur Macdonald, lui, invite à transformer l’approche : « Et si vous leur appreniez qu’ils peuvent surmonter les difficultés, quelles qu’elles soient ? Et si, au lieu de les protéger de ces difficultés, vous étiez là pour les aider à les comprendre et à les surmonter ? Et si l’objectif était davantage d’apprendre à votre enfant comment il apprend plutôt que la matière elle-même ? »

Un brin de philosophie (et de patience) s’impose donc : apprendre à apprendre, voilà ce qui forge la confiance et l’autonomie sur le long terme. Spoiler : personne n’a jamais trouvé la notice !

3. Sous-traiter l’éducation (et pas seulement la scolarité !) aux enseignants

  • Laisser le soin à l’école d’inculquer valeurs et compétences fondamentales.
  • Penser que l’enseignant doit tout faire : maths, orthographe et… persévérance, empathie, bienveillance !

La troisième erreur épinglée ? Considérer que les responsabilités parentales (notamment éducatives) peuvent être “déléguées” à l’école. Le professeur Nathaniel A. Turner est catégorique : « Ils souhaiteraient que les parents cessent de sous-traiter leurs responsabilités parentales, en particulier l’éducation de leurs enfants. »

Car s’il est vrai que les enseignants sont des experts en pédagogie, leur rôle n’est pas de remplacer les parents sur le terrain des valeurs morales et humaines. Comme le rappelle le professeur Roggeman : « En réalité, les enseignants sont des experts en pédagogie. C’est leur métier. Si les enseignants ont des attentes comportementales quant à la façon dont les élèves interagissent en classe, on ne peut pas s’attendre à ce qu’ils leur inculquent des valeurs fondamentales, telles que la persévérance, l’empathie, la responsabilité et la bienveillance. »

En conclusion : avancer main dans la main… et rester imparfait !

Alerte spoiler pour les perfectionnistes : être parent, c’est naviguer à vue, accepter ses tâtonnements, ajuster, échanger… et parfois se planter pour mieux recommencer. Si de petits dérapages sont inévitables, rester attentif aux signaux venus des enseignants peut transformer la vie scolaire et familiale. Et si, face à un doute, vous demandiez à l’enseignant : « Comment puis-je aider mon enfant à apprendre, à s’épanouir ? » Peut-être trouverez-vous ensemble les bons leviers pour accompagner non seulement des élèves… mais des humains en devenir.